III ^V
a70 NOTES
sur Nackel. Leur nombre daDs ce moment est d'enviroa^ 1,200 hommes environ, dont une forte partie sans doute de convalescents. L'officier d'état-major qui commande le dépôt de Nackel adresse chaque jour à Votre Altesse un état de situation.
Net.
Nby a Bkrthier.
Guttstadt, 17 avril.
Il n'y a rien de nouveau à mes avant-postes. On croit avoir entendu avant-hier une assez forte fusillade et quelques coups de canon sur notre gauche.
Ney a Berthier.
Guttstadt, 17 avril.
Hier j'ai passé la revue du 25« régiment d'infanterie légère; j'ai vu deux officiers de ce corps qui reviennent de Memel. Voici le rapport qu'ils m'ont fait :
L'empereur Alexandre doit se rendre dans cette ville. Le palais a été préparé pour le recevoir : il partira aussitôt après pour Kœnigsberg, pour se mettre à la tête de son armée. Ce prince n'inspire aucune confiance aux troupes; on craint généralement qu'il ne fasse des sottises à la reprise des hostilités. On dit à Memel qu'il doit arriver un renfort de 20,000 Russes, indépendamment de la garde impériale ; mais quelques Français qui viennent de Russie assurent qu'il n'arrive à l'armée de Benningsen que des recrues mal exercées et que ce secours est encore bien éloigné. Les Russes font courir le bruit qu'ils ont fait la paix avec la Porte et la Perse.
Les Prussiens s'entretiennent beaucoup de paix. Le prince de Salm, beau-frère du roi, a dit à plusieurs reprises à nos officiers que la France ferait la paix quand elle le voudrait.
Les deux officiers du 25® ont vu plusieurs fois le roi et la reine de Prusse ; ils se louent des bons traitements que les Français éprouvent généralement, particulièrement les malades et les blessés.
Nry.
Ney a Berthibr.
Guttstadt, 21 avril.
Depuis le 12 de ce mois, j'ai passé successivement larevue de tous les régiments d'infanterie et de cavalerie du corps d'armée. J'ai été extrêmement satisfait de la santé du soldat et de sa bonne tenue dans toutes les parties de l'armement, habillement et équipement : la chaussure est également en bon élat.
Les 25e léger et 39® de ligne sont les seuls régiments qui laissent quelque chose à désirer.
Le 25® n'a point ou très peu de ressources à son dépôt et il est presque nu. Ce régiment a bien servi pendant toute la guerre ; c'est celui de mon corps d'armée qui a donné le plus souvent et qui a fait les plus grandes pertes. Je vous prie, Monseigneur, de supplier l'Empereur d'accorder à ce corps un secours extraordinaire qui lui devient indispensable et sans lequel il serait presque hors d'état de faire la campagne. Le 39" a de grandes réserves d'habillement à son dépôt, mais je ne sais par quelle fatalité il n'a rien été expédié aux bataillons de guerre depuis très longtemps, de manière que le soldat qui porte le même habit depuis trois ans, est à moitié nu, et n'a réellement pour vêtements que des capotes, des guêtres et des souliers. Je prie Votipe Altesse de donner des ordres pour que le dépôt de ce régi-
ment expédie aux bataillons de guerre Thabillement qu'il a en réserve. Cette disposition et les secours que S. M. a promis aux régiments d'infanterie, mettront ce corps au pair avec le reste de Tarmée.
Le 31® d'infanterie légère demande le rapprochement sur les bords du Rhin de son dépôt resté à Napoléon; sans cette mesure, ce régiment, aujourd'hui en très bon état, se trouverait bientôt dans le dénûment par Timpossibilité de remplacer successivement les objets qui viendraient à manquer.
Dans quelques jours, je mettrai sous les yeux de Votre Altesse un résumé de ma revue dans ce qui a rapport au personnel.
Ney a Berthier.
Guttstadt, 21 avril.
Les 200 fusils délivrés par le général Songis suffisent pour compléter l'armement des hommes présents au corps d'armée ; mais il est indispensable que Votre Altesse donne des ordres pour que 400 autres fusils soient envoyés au dépôt de Nackel, afin d'armer les hommes qui y arrivent, à leur sortie des hôpitaux. Les soldats, à leur arrivée dans ces établissements, sont désarmés de force, et à leur sortie la plupart ne peuvent reprendre leurs fusils dont on a déjà disposé ; cela est si vrai que plusieurs de nos hommes sont rentrés malades à leurs corps, parce qu'ils ne voulaient pas faire la remise de leurs armes. Il y a dans ce moment à Nackel un assez grand nombre de soldats qui ne peuvent rejoindre Tarmée parce qu'ils sont désarmés.
Ney.
Ney a Berthier.
Guttstadt, 22 avril.
Le défaut absolu de nourriture faisant périr chaque jour à mon corps d'armée un grand nombre de chevaux, mon artillerie à cheval se retire en arrière sur le Passarge; elle sera remplacée par les canonniers à pied ; les pièces resteront en position.
Il serait impossible dans ce moment de faire faire le plus petit mouvement à mon artillerie, et sans de prompts secours il deviendra indispensable de renouveler en totalité les attelages à la reprise des hostilités.
J'ai eu rhonneur de vous représenter plusieurs fois que nos chevaux ne vivaient que de chaume ; celui des villages voisins est épuisé, et il faut maintenant faire sept à huit lieues pour se procurer cette misérable ressource.
Il y a de Tavoine à Elbing et dans l'île de Nogat ; est-il donc impossible de nous en faire expédier un convoi ?
Je prie Votre Altesse d'ordonner au général Songis d'envoyer ici un de ses officiers pour l'inspection des chevaux et s'assurer qu'ils sont en effet dans l'état le plus misérable.
Ney.
Ney a Berthier.
Guttstadt, 22 avril 1807.
Il existe par régiment un nombre assez considérable d'hommes qui ne sont pas assez malades pour être reçus dans les hôpitaux, et qui cependant ne pourraient suivre l'armée si elle se portait en avant. Je me détermine à les envoyer à Thorn que vous avezdésigné pour l'établissement du dépôt des convalescents de mon corps d'armée. Voici l'état des hommes qui se trouvent dans ce cas :
l"^» Division.
Q^ d'infanterie légère 80 hommes.
39e de ligne 91 —
76« — 3 officiers 25 -
3 officiers. 226 hommes.
2° Division.
25« légère 33 hommes.
27e de ligne 33 —
50« — 2 officiers 50 —
2 officiers. 143 hommes.
30 Division.
31® d'infanterie de ligne 70 hommes.
En tout : 5 officiers et 439 sous-officiers et soldats.
Les 3 officiers et 226 hommes de la 1 "^ division partiront le 24 pour arriver à Thorn le l®"* mai ; ceux des 2« et 3* se mettront en route le 25.
Ney.
Dams un rapport fait à TEmpereur par Tofficier d'ordonnance de Bongars, on lit ce qui suit :
« Les soldats du 6® corps qui viennent à Osterode disent qu'ils n'ont pas le quart de la ration, et cela se lit aisément sur leur figure ; ils ne peuvent remporter d'Osterode que peu de choses, n'ayant que de faibles moyens de transport. 11 y a à Osterode plus de 60,000 livres de riz appartenant à la grande armée, dont partie serait d'un plus facile transport si l'on voulait en disposer pour le 6® corps. »
ET PIKCES JUSTIFICATIVES 37S
Ney a Berthier.
Guttstadt, 29 avril.
Depuis quelques jours, les Russes viennent pendant la nuit donner des alertes et attaquer nos avant-postes, tantôt sur Tune, tantôt sur Tautre rive de l'Aile ; ils sont toujours repoussés et n'ont pas encore pu parvenir à nous enlever un seul homme.
Si l'ennemi continue ce manège encore deux jours, je m'en vengerai en enlevant ou écrasant le poste de Gronau ou celui de Peterswalde.
Il est arrivé hier soir un déserteur russe.
P.'S, — Ci -joint l'interrogatoire de trois déserteurs russes.
Jean Karles, du 21 « régiment de chasseurs à pied, déserté de Zechem le 27 avril ;
Déclare que la faim et le mauvais traitement des chefs l'ont porté à la désertion, que Zechem et les bois qui l'avoisinent sont occupés par plus de vingt régiments de toutes armes, dont deux d'infanterie nouvellement arrivés à l'armée, ayant conduit un nombre considérable de recrues pour les autres régiments. Ce déserteur ajoute que l'empereur Alexandre était près de Zechern il y a huit jours environ, où il passa en revue les troupes de l'avant-garde de Benningsen.
Depuis trois jours, les troupes russes reçoivent une demi-ration de pain par homme.
Timothée Yvanoff, du 23^ régiment de chasseurs (infanterie), déserté de Zechem le même jour 27 :
Confirme la déposition du déserteur Jean Karles.
Dorothée Schultz, de Guttstadt, arrivant de Mehlsach, déclare que cette petite ville est occupée par un régiment de hussards prussiens qui reçoivent des vivres journellement.
Ney.
Nby a Berthibr.
Guttstadt, 30 avril 1807.
Vous m'annoncez que Fintention de TEmpereur est de faire camper ses troupes : cette mesure présente de grandes difficultés pour le 6° corps.
1^ La disposition actuelle de mes troupes est indispensable pour la garde du terrain que je dois couvrir et la sûreté des communications de Liebstadt et Deppen.
2<* J'ai fait reconnnaître depuis longtemps les emplacements convenables pour rétablissement des camps qui déjà ont été tracés. D'après ce travail, mal''^ division serait établie sur les hauteurs à la gauche de Guttstadt, la 2® en avant de Lingnau, et la 3^ en arrière de Wolfsdorf ; mais, comme la 3« division n'est encore composée que d'un seul régiment, je serais obligé de faire replier mes avant-postes qui seraient fortement compromis par Téloignement où ils se trouveraient de tout secours; je perdrais aussi les avantages d'une position qui me permet d'apercevoir les moindres mouvements de l'ennemi.
3<* Les corps manquent de marmites, gamelles et outils de campement.
4° Il est impossible de se procurer de la paille de couchage; il n'existe même plus de chaume, les maisons avant été découvertes pour nourrir les chevaux. A la vérité, les baraques pourraient être construites en branchages, mais le soldat serait réduit à coucher sur la terre; il se trouverait aussi assez éloigné de l'eau.
Dans l'état actuel des choses, les troupes peuvent êlre réunies en moins de deux heures partout où il deviendrait nécessaire de porter partie ou la totalité de l'armée : le soldat est abrité ; il est à proximité des magasins et des eaux salubres.
Mon corps d'armée est disposé ainsi qu'il suit :
ïïll
6® légère.
Tx. . . ) 39« de ligne.
Division, i ^^^ °
Division.
2o« légère.
27^ de ligne.
Division., j 31® légère.
Un régiment occupe Amt - Guttstadt , fournissant une chaîne de postes en dehors de la forêt de Schmolainen depuis TAlle près de Zechem jusqu'à Peterswalde exclusive ment, ayant deux réserves en arrière des abatis au milieu de la forêt pour couvrir la retraite .
Deux régiments occupent Altkirch, ayant des postes depuis Peterswalde, Gronau et Beiswalde.
Le 4® régiment est à Guttstadt, relevant tous les 4 jours celui posté à Aml- Guttstadt.
Un régiment occupe Lingnau et Beiswalde, un, Wolfsdorf, se liant avec le 4® corps à Elditten.
Un, Queetz et Glottau.
Le 4®, Knopenet Schwaben, fournissant des postes sur l'Aile depuis Bergfried jusqu'à Guttstadt.
Occupe le faubourg de Guttstadt sur la rive droite de l'Aile, en gardant par des postes toutes les communications de la forêt de Guttstadt depuis Schmolainen jusqu'à Althof,
Je pense que Votre Altesse jugera que cette position de mes troupes doit être préférée dans ce moment au campement, puisque, avec la possibilité d'être réunies très promptement, elles sont à proximité de Teau, du bois et des noagasins de Guttstadt. Si cependant la 3® division était complète, je verrais alors avec plaisir rétablissement des camps, parce que cette augmentation ferait disparaître Pinconvénient le plus grave en me permettant de fournir des détachements sur la ligne de mes avant-postes et de considérer comme réserves le reste des divisions.
Nby.
Ney a Berthibr.
Guttstadt, 30 avril 1807.
Conformément à la lettre que vous m*avez fait Thomieur de m'écrire le 28 pour m'autoriser à ne garder que Tarlillerie strictement nécessaire, et qu'il est encore possible d'atteler, j'ai arrêté, après en avoir conféré avec le général Leroux, les dispositions suivantes :
Il ne sera conservé en ligne que deux pièces de 8, deux de 4, et 75,000 cartouches par division (environ 37 voitures et 700 chevaux).
Le reste de l'artillerie sera renvoyé sur les derrières.
L'infanterie recevra préalablement l'ordre de recompléter sur-le-champ les 50 cartouches par homme et 5 pierres à fusil.
Chaque division aura à Deppen une réserve, 100,000 cartouches et deux caissons de 8 (24 voitures et 144 chevaux).
Le parc sera distribué en deux parties ; celle non attelée sera renvoyée à Thorn où elle attendra les remontes : celle attelée sera stationnée à Deutsch-Eylau. Le directeur du parc réservera spécialement àEylaules cartouches d'infanterie et les munitions de 8.
L'artillerie à cheval suivra la partie non attelée du parc.
La situation du train ne pouvant plus être connue d'une manière positive, on ne saura qu'après le mouvement ce qui restera attelé, mais on présume pouvoir conserver à Eylau au moins 500,000 cartouches et quatre caissons de 8 (40 voitures et 240 chevaux).
Tous les chevaux du train et d'escadron à refaire seront
renvoyés sur les derrières à 20 ou 30 lieues au delà de la
Vistule.
Ney.
Guttstodt, 3 mai 1807.
Les rapports de mes avant-postes annoncent qu'il n'y a rien de nouveau aujourd'hui.
Je vous envoie l'interrogatoire de deux déserteurs arrivés hier.
L'un de ces déserteurs déclare avoir fui les mauvais traitements des officiers; il dit que les troupes reçoivent une ration de viande chaque jour et une ration de pain tous les cinq jours. Il est du régiment de Storovoshoyhy.
L'autre, du régiment de Kunstouskoy, infanterie, déclare que les troupes reçoivent chaque jour une livre de pain et un peu de viande.
L'arrivée de l'empereur de Russie et du roi de Prusse à Warlenburg a été précédée de celle d'un convoi de pain qui fut de suite distribué aux troupes.
Ney.
Ney a Berthier.
Guttstadl, 4 mai.
Depuis hier à dix heures du matin, on remarque un plus grand nombre de feux qu'à l'ordinaire dans la forêt de Lau-
nau près de Zechern. Uennemi paraît s'être renforcé dans cette position.
J'ai rhonneur de vous mettre sous les yeux le rapport de deux déserteurs russes qui, comme les premiers, s'accordent à dire que l'empereur Alexandre est à l'armée, qu'il a harangué les corps en les passant en revue et leur a dit de se tenir prêts à marcher en avant.
Ney.
Nby a Berthier.
Gultstadt, 5 mai.
Les Russes ont cherché à enlever la nuit dernière et ce matin de très bonne heure quelques-uns de nos postes sur le développement de la forêt depuis Zecher jusqu'à Gronau: ils ont été repoussés partout. L'ennemi a montré dans cette tentative, qui a donné lieu à une assez vive fusillade, environ 800 hommes d'infanterie et autant de Cosaques. On ne remarque d'ailleurs aucun mouvement de troupes. Nous sommes prêts à tout événement.
Ney.
Nby a Berthier.
Guttstadt, 8 mai.
Une reconnaissance ennemie, composée d'infanterie et de Cosaques, s'est rapprochée de Schmolainen; elle a fait le coup de fusil avec nos postes sur la rive gauche de l'Aile : un Cosaque ayant été tué, l'ennemi s'est replié dans la forêt, sur Sperlings.
La nuit était extrêmement obscure; les postes avancés redoublaient de surveillance ; quelques coups de fusil tirés
par rennemi ont donné lieu à une fusillade très prolongée de son côté, sans qu^on en ait pu connaître le motif.
Nby.
Ney a Bbrthibr.
Guttstadt, 8 mai.
Je fais tracer aujourd'hui les positions que les régiments du corps d'armée occuperont d'ici à quelques jours. Les corps baraqueront séparéipent et seront cependant assez rapprochés les uns des autres pour présenter des masses en cas d'attaque. Cette disposition convient mieux au terrain que j'ai à défendre : les divisions, formant ainsi des échelons entre elles, couvrent les principales communications de Liebstadt et de Deppen, et peuvent se réunir trèspromptement dans les positions défensives indiquées par chacune d'elles.
Voici l'emplacement des campements par régiment :
Ire Division.
jre Brigade, [ 6° d'infanterie légère : sur les haule général Maucune \ teurs en arrière d'Amt-Guttstadt. à I 69^ de ligne : dans la position de
Amt-Guttstadt. I Kossen.
Cette brigade fournira alternativement les postes avancés yers Zechern, et jusqu'à Peterswalde inclusivement.
2® Brigade, ( Que ( à la droite et à la gauche
le général Marcognet | „^^ J sur les hauteurs en ar-
à Altkirch. ( ( rière d'Altkirch.
Cette brigade fournira les postes nécessaires pour couronner la forêt depuis Peterswalde exclusivement jusqu'à Beiswalde.
\^^ Brigade,
le général Roguet
Scharuick.
2** Division.
20*^ légère : sur les hauteurs en avant
de Lingnau, occupant Beiswalde,
et se liant avec le IQ^, 27*^ de ligne : l^r bataillon sur la
hauteur à droite de Scharnick.
2« bataillon sur les hauteurs en
arrière de Wolfsdorf.
Ce régiment lie ses postes avec ceux du 4® corps à Elditten.
' 50° : sur les hauteurs à gauche de Glottau.
59° : sur les hauteurs à gauche de Knopen, fournissant les postes sur TAlle depuis Bergfried, où il se lie avec les troupes du 3° corps d'armée, jusqu'à Gutlstadt exclusivement.
2° Brigade,
le général Labassée,
Gloltau.
Le général de brigade Brun.
3° Division.
/ 1er bon s^J. les hauteurs
en avant du faubourg
de Guttstadt, rive droite
) 31 « légère. ( de l'Aile. 2*' bataillon
au-dessous de Guttstadt, faubourg de Kossen, rive gauche.
Nby.
Ney a Berthier.
Guttstadt, 9 mai.
Hier, l'ennemi a cherché à passer l'Aile avec des radeaux au-dessus et au-dessous de Bergfried ; une compagnie du
59^ a d'abord suffi pour le repousser; mais ensuite rennemi étant revenu avec plus de monde, il est parvenu à passer sur la rive gauche, où, après être resté un quart d'heure pour retirer ses radeaux, il s'en est allé.
D'après les dispositions de campement que j'ai arrêtées pour mon corps d'armée, tout le cours de l'Aile depuis Bergfried jusqu'à Knopen ne sera gardé que par des postes : cependant Bergfried est un débouché important, et il serait essentiel qu'un régiment du 3^ corps d'armée y fût établi à poste fixe ; sans doute l'ennemi n'entreprendra rien d'important sur cette direction ; mais néanmoins, il pourrait nous inquiéter beaucoup en jetant sur la rive gauche quelques milliers de fantassins et de Cosaques qui, au moyen des forêts, pourraient pénétrer facilement jusqu'à Schlitt et Deppen, et piller nos magasins de farine.
J'envoie ce matin un de mes aides de camp à Bergfried pour s'informer de tout ce qui s'est passé sur ce point. J'écris au maréchal Davout pour lui donner avis de cette tentative de l'ennemi, et le prier de faire placer à Bergfried un régiment d'infanterie de son corps d'armée.
Quelques coups de fusil ont été tirés cette nuit sur des patrouilles qui se sont trop rapprochées de nos postes de Peterswalde.
J'envoie à Votre Altesse la déposition de deux dragons
russes déserteurs, arrivés hier (1).
Nby.
Nby a Berthibr.
Guttstadt, 10 mai 1807.
Hier à midi, environ 200 hommes d'infanterie russe, secondés par des paysans, sont venus, au-dessus de la maison de chasse de Sperlings, jeter quelques grands
(1) Ces déserteurs ont abandonné leurs drapeaux à cause de mauvais traitements de la part des officiers.
arbres sur l'Allé dans rintention de passer cette rivière. Le poste ayant été sommé par eux de se replier, feignit de le faire, et, après avoir rendu compte des tentatives de Fennemi, il s'embusqua : au moment où Tennemi jetait les arbres sur la rivière, le poste fit sur lui un feu continuel et lui tua deux hommes ; pendant ce temps, un piquet de réserve est arrivé et a jeté les matériaux dans l'eau. L'ennemi s'est alors borné à établir des postes vis-à-vis des nôtres. On présume que c'est un bataillon du camp de Sperlings qui a été détaché pour ce service.
Mon aide de camp, que j'avais envoyé hier à Bergfried, m'a rapporté que les Cosaques ont passé l'Aile au gué audessus de Bergfried, et qu'ils ont enlevé un poste de 9 ou 10 hommes du 51® de ligne du 3° corps d'armée; ils avaient Tintention d'en faire autant de celui du 59^ ; mais ils ont été repoussés par lui avec une grande vivacité.
Le maréchal Davout, par sa lettre d'hier, me donne avis qu'il va camper son corps d'armée par divisions, savoir : la l''c à Hohenstein, la 2° à Allenstein et la 3« à Osterode.Par ces dispositions, et ainsi que j'ai eu l'honneur de l'écrire hier à Votre Altesse, le débouché de Bergfried ne restera gardé que par de simples postes, et il existera réellement une trouée de ce point jusqu'à Osterode. Quoique je ne pense pas que l'ennemi fasse de grandes démonstrations sur Bergfried, cependant il lui suffirait d'un seul bataillon et de quelques Cosaques pour forcer ce point et faire un coup de main sur mes derrières, et c'est peut-être d'autant plus à craindre que les roules de Bergfried à Deppen et Schlitt sont très bonnes.
Le mouvement du maréchal Davout me laisse pour ainsi dire investi par l'ennemi, parce que le maréchal Soult, de son côté, se borne absolument à garder Elditten, et qu'il existe un vide de ce village jusqu'à la forêt qui le sépare de Wolfsdorf. Cependant mes troupes sont trop surchargées de service pour qu'on puisse songer à l'augmenter encore; je renouvelle donc à Votre Altesse la demande que je lui ai faite de faire garder le débouché de Bergfried par un régi-
ment du corps d'armée du maréchal Davout, qui a beaucoup plus de troupes que moi, sans avoir aucun service fatigant à faire.
Des renseignements qui me sont parvenus annoncent que Tennemi se renforce beaucoup en infanterie et en artillerie à Langwiese et à Launau.
. Je viens de donner Tordre au général Leroux de faire diriger sur Gutlstadt six bouches à feu, qui, avec huit autres qui y sont déjà, me mettront à même de pouvoir répartir aux divers camps des divisions ce qui leur est nécessaire en artillerie, et de conserver en outre une réserve de six pièces sur les hauteurs en arrière de Guttstadt.
J'ai fait faire im fourrage ce matin sur la rive droite de TAlle à Nosberg, Klingerswalde et Unter et Ober Kaplein: il a produit environ 50 bêtes à cornes et un peu de paille. L'ennemi est accouru avec 400 hommes d'infanterie et le double de Cosaques pour attaquer le piquet qui couvrait nos fourrageurs : il a été contenu partoutjusqu'à dix heures du matin, heure à laquelle les colonnes avaient repassé l'Aile avec le fourrage. Nous avons eu huit hommes de blessés : il y en a eu beaucoup plus du côté de Tennemi, et même plusieurs tués, entre autres des Cosaques dont on a pris et emmené les chevaux.
F, 'S. — J'adresse à Votre Altesse la déposition d^un déserteur russe arrivé hier.
Le nommé Perche-Varseille Neckefferof, hussard au régiment de Irumsky, déserté de Bartenstein le 2 mai, donne les renseignements qui suivent :
Bartenstein est occupé par quatre régiments de cavalerie, dont un de cuirassiers, un de dragons et deux de hussards; cette cavalerie, aux ordres du prince de Galitzin, devrait avoir 8,000 chevaux, elle n'en a plus que 2,000 ; elle feit partie du corps d'armée du général Benningsen.
50 pièces de canon sont parquées sur la route de Bartenstein, à deux lieues de cette ville.
L'empereur Alexandre , le roi de Prusse , le prince Constantin et le général Benningsen sont dans une petite
ville sur la droite et à environ quatre lieues de Barlen-
stein.
On fait régulièrement des distributions aux troupes; chaque soldat reçoit par jour une livre et demie de pain ou de biscuit et la viande accordée par les règlements. La solde de trois mois est due à Tannée, l'empereur Alexandre vient d'en ordonner le paiement et de prévenir les troupes d'un prochain mouvement sur l'armée française.
Le général Tolstoy commande à Heilsberg.
Nby.
Ney a Berthier.
Guttstadt, il mai.
Les rapports des avant-postes annoncent quMl n'y arien de nouveau.
Je ne puis, ainsi que je me l'étais proposé, fadre venir à Guttstadt, faute de chevaux, les six pièces d'artillerie d'augmentation que je voulais répartir aux camps des divers corps : à peine me reste-t-il les attelages nécessaires aux huit bouches à feu et aux caissons d'infanterie employés ici.
Il est instant que le général Songis prenne des mesures pour nous envoyer des remontes et pour remplacer les chevaux morts de misère; le peu d'attelage qui reste pourra se remettre, maintenant que le vert est" abondant; mais, je le répète, un remplacement considérable de chevaux est indispensable, dans le cas où on devrait faire un mouvement.
L'artillerie de mon corps d'armée se trouve aujourd'hui répartie en quatre parties, ainsi qu'il suit: le parc et quelques bouches à feu à Deutsch-Eylau, six pièces à Deppen, huit à Guttstadt. L'artillerie venue de la Silésie et destinée à ma 30 division est restée à Thorn.
Net.
12 mai, à 5 heures du soir.
J'ai rhonneur d'adresser à Votre Altesse des renseignements provenant d'un soldat polonais fait prisonnier par les Russes et qui s'est évadé d'Heilsberg hier à 5 heures du soir. Si, comme c'est probable, cette déposition est exacte, il paraît que l'armée russe ne tardera pas à m'attaquer dans ma position de Guttstadt.
Les troupes de mon corps d'armée ont presque achevé leurs baraques : elles camperont le 14.
Quoique rien n'annonce, aux avanirpostes de l'ennemi près de Launau, qu'il y ait de changement ni d'augmentation de troupes, je prie Votre Altesse de me donner des instructions dans le cas où je serais attaqué par des forces semblables à celles dont on me menace.
L'officier d'état-major, porteur de cette lettre, se fait accompagner par le Polonais qui a fait la déclaration dont il est question.
Ney.
A la même date le maréchal envoie au major général deux déserteurs russes arrivés de la veille. Ils rapportent que Peterswalde est occupé par un bataillon du 10® régiment d'infanterie légère russe, ayant un détachement de 20 à 25 Cosaques; que les deux premiers bataillons du régiment commandé par le major (le commandant général ayant été tué à Eylau) sont à Zechern où il y a force troupes russes aux ordres du général Marcow qui a son quartier général en arrière du village.
Le bataillon occupant Peterswalde eut dans la matinée du 10, vis-à-vis de Zechern, une affaire qui lui coûta 20 honmies tués et beaucoup de blessés.
L'armée russe n'attend plus que son artillerie pour faire une tentative sur Guttstadt. Les troupes servant aux avantpostes ont Tordre d'enlever le plus de sentinelles possible et de tourner les gardes qui manqueraient de surveillance, pour ensuite tomber à Fimproviste sur Schmolainen et Guttstadt.
L'empereur Alexandre, le roi de Prusse et le prince Constantin sont à l'armée, mais les déserteurs ignorent où ils se trouvent présentement, où se trouve le général Benningsen. Ils ajoutent qu'il est de leur connaissance qu'un chasseur établi dans la forêt et dont ils savent la demeure, a plusieurs fois conduit des déserteurs français au major du 10® régiment à Peterswalde, qui l'emploie comme espion. Un des déserteurs offre d'accompagner chez ce particulier les personnes chargées de l'arrêter.
L'armée ennemie reçoit de la viande chaque jour et un peu de pain de quatre en quatre jours. Les troupes viennent d'être payées de quatre mois de solde qui leur élaient dus.
La cavalerie russe est extrêmement affaiblie par suite des fatigues de la campagne : un régiment de hussards récemment arrivé à Tarmée y a relevé divers régiments employés sur la ligne et renvoyés sur les derrières pour refaire leurs chevaux.
En général, les régiments d'infanterie sont réduits à moitié de leur force ordinaire.
Ney.
Ney a Berthier.
Guttstadt, i3 mai.
On a entendu hier deux coups de canon et quelques coups de fusil sur Allenstein.
Les officiers d'état-raajor de service aux avant-postes annoncent qu'il n'y a pas le moindre changement dans
les camps et postes ennemis, et qu'on ne voit ni augmentation ni mouvement de troupes.
Tous les autres rapports s'accordent à dire qu'il n'y a rien de nouveau : il y a eu seulement quelques coups de fusil tirés sur les patrouilles de part et d'autre, ce qui arrive tous les jours et presque toutes les nuits.
P.'-S. — J'adresse à Votre Altesse un imprimé qui a été jelé hier à mes avant-postes par les Russes.
Nev.
Nby a Bbrthibr.
Guttstadt, l'4 mai 1807.
Depuis deux jours l'ennemi semble vouloir tracasser les divers corps d'armée par de nombreux Cosaques qu'il dirige sur chacun d'eux. Il a fait plusieurs tentatives sur mes avant-postes, elles ont toutes été repoussées avec perte. Hier une colonne d'environ 2,000 chevaux s'est dirigée sur la Passarge : j'en ai prévenu le maréchal Soult. Il paraît, d'après Tavis que je reçois du maréchal Davout, que Tennemi a également fait quelques attaques sur le général Zayoncheck à Neidenburg, et en môme temps sur Allenslein. Ces détachements paraissent venir d'Heilsberg, de Bartenstein et de Bischofslein.
L'ennemi a encore répandu des averlissemenls imprimés, pareils à celui que j'ai adressé à Votre Altesse par ma lettre d'hier : le soldat les a reçus avec indignation et mépris. Une démarche aussi pitoyable semble bien prouver l'impuissance de l'ennemi pour agir offensivement.
Ney.
ni "ti.
Guttstodt, 14 mai 1807.
J'ai reçu les lettres que Votre Altesse m'a fait rhonneur de m'écrire en date d'hier.
Je joins ici l'état de situation des présents sous les armes, montant à 16,596 hommes et 1,681 chevaux y compris l'artillerie et î'état-major.
Je vous adresse également le croquis de l'emplacement que mes troupes occupent depuis ce matin qu'elles sont baraquées, avec les ouvrages de campagne qui ont été faits pendant l'hiver pour rétrécir ma ligne de défense et mettre les avant-postes à l'abri de toute surprise.
Par la position de mes troupes je puis en moins de deux heures me porter partout où les circonstances l'exigeront. Si l'ennemi marchait à moi en forces et s'il m'obligeait à évacuer la forêt d'Amt-Guttstadt, je rassemblerais ma première division sur les hauteurs de Kossen et la deuxième à Glottau; mais si l'ennemi se dirigeait en forces sur Wolfsdorf et Lingnau, je serais forcé de concentrer mes troupes sur Qaeetz et Ankendorf, dans la supposition cependant que le maréchal Soult ne pourrait pas marcher à mon secours. Quant au maréchal Davout, il est trop éloigné de moi pour que je puisse compter sur son appui.
Si l'ennemi prend roffensive^ la position de mes troupes, éloignées comme elles le sont de tout appui, n'est nullement rassurante. J'ai à peine 14,000 hommes d'infanterie et au plus 600 chevaux : le terrain que j'occupe est accessible partout ; cependant, si l'intention de Sa Majesté est que je tienne contre des forces même supérieures, je le ferai sans doute avec toute la vigueur dont mes troupes sont animées : elles ne demandent qu'à bien faire leur devoir.
Votre Altesse renvoie à mes anciennes instructions; mais ma position est bien différente aujourd'hui, puisque
je n'occupe plus Allenstein; d'ailleurs ma retraite^ dans le cas qu'elle fût forcée, ne pourrait s'effectuer que sur Deppen ou sur Guttstadt.
Je n'ai absolument avec moi à Guttstadt que les hommes en état de combattre ; le reste est évacué depuis trois jours sur Deppen ; j'ai fait placer dans ce dernier endroit les bouches à feu qui ne sont pas bien attelées.
J'ai donné avis à M. le maréchal Soult que l'ennemi a dirigé hier soir une colonne de 5 à 6,000 hommes d'infanterie, de cavalerie et d'artillerie sur Dietrischdorf et Schwendt.
Il n'a été remarqué pendant toute la journée aucun mouvement de la part de l'ennemi.
Les déserteurs à l'ennemi que j'ai eus dans mon corps d'armée n'étaient pas du 59^ de ligne, mais bien du 27^. Ce sont des conscrits allemands du Bas-Rhin qui étaient arrivés aux bataillons de guerre depuis peu de jours.
Ney.
Le général Lestocq a M. le général Dupont.
Au quartier général de Tarmée prussienne, le 11 mai 18()7.
Monsieur le Général,
Des pêcheurs du village de Passariendorf sur la rive droite de la Passarge, auxquels les bateaux ont été retenus par vos troupes, et qui par cette mesure sont mis hors d'état d'exercer leur métier qui uniquement les nourrissait, m'ont prié d'intercéder auprès de vous, Monsieur le Général, pour que vous vouliez bien leur faire rendre les bateaux et leur accorder comme auparavant la liberté de la pêche sur le Haff.
Ces gens se trouveraient réduits à la plus dure misère, si vous ne daigniez pas leur accorder la faveur qu'ils vous
demandent, et qu'ils sollicitent à d^autant plus juste titre qu'ils n'ont jamais rien entrepris qui tentât à porter un désavantage quelconque à vos troupes. J'espère de votre générosité que vous ne les refuserez pas : je dois vous en prier instamment, l'humanité m'en fait un devoir, et pour plus forte raison, j'ai l'honneur de vous observer, Monsieur le Général, que, de mon côté, je n'ai jamais porté aucun obstacle au libre exercice de la pêche des habitants de la rive gauche de la Passarge.
J'ai l'honneur de vous adresser ci-joint quatre lettres que je vous prie. Monsieur le Général, de vouloir bien faire passer à M. Ostreich; une d'entre elles a pour sujet les marchandises en ambre jaune que vous avez fait fabriquer à Kœnigsberg.
Agréez, Monsieur le Général, les assurances de ma considéfôtion et de mon estime.
Signé : Lestocq.
A Son Altesse Sérénissime le prince de N'eufchâtel,
Ministre de la Guerre,
Guttstadt, 16 mai 1807.
Monseigneur,
La garde impériale russe campe dans les environs d'Heilsberg; elle est composée de carabiniers, grenadiers et chasseurs à pied, et de grenadiers, dragons, hussards et Cosaques à cheval. En outre de la garde impériale, quatre régiments d'infanterie, dont un de grenadiers et trois de mousquetaires, sont également aux environs d'Heilsberg. 30 pièces de canon sont sur la rive gauche de l'Aile audessus d'Heilsberg.
L'avant-garde, commandée par le priiice Bagration, est toujours à Launau et Langwiese.
Il n'y a d'ailleurs rien de nouveau aux avant-postes, à quelques coups de fusil près, tirés de part et d'autre.
Ne Y.
Ney a Berthibr.
Guttstadt, 17 mai.
Une reconnaissance d'infanterie prussienne s'est présentée ce matin à cinq heures devant un des postes avancés du 31® léger sur la rive droite de l'Aile, direction de Stolzhagen. On a tiré de part et d'autre quelques coups de fusil. L'ennemi s'est replié en désordre lorsque le piquet de réserve s'est avancé pour soutenir le petit poste. Il y a eu plusieurs blessés.
Dans toutes les petites affaires qui ont eu lieu la nuit ou le jour, le 31® régiment a toujours montré beaucoup de vigueur et de fermeté, et, quoiqu'il y ait dans ce corps beaucoup de jeunes Piémontais, je suis persuadé que dans une bataille il rivalisera avec les vieux régiments français.
On est encore venu jeter à nos avant-postes des avertissements pour inviter à la désertion ; ces tentatives méprisables de l'ennemi n'ont d'autres résultats que d'exciter l'indignation des troupes.
Les agents secrets annoncent de nouveau que l'empereur de Russie et le roi de Prusse sont à Heilsberg et que le grand-duc Constantin est établi à Seeburg, où se sont aussi rendus plusieurs corps d'infanterie et de cavalerie.
On ne remarque aucun changement dans les dispositions de l'ennemi à Launau et dans ses avant-postes.
Un assez grand nombre de soldats vétérans prussiens se présentent sous prétexte de chercher des vivres, et sans doute avec la mission secrète d'espionner nos mouvements ; j'en ai déjà fait arrêter trois. Toutes ces démarches de l'ennemi font présumer qu'il a pris, pour des dispositions d'attaque, le campement des troupes.
Net a Bbsthibb.
Hier à neuf heures du soii le poste de gaaclie en avant de Schaniick a été attaqué par 50 Cosaques qui, après ktmi essuyé une âécbwge à portée de pistolet, se sont retitti en toute hâte, lEÛBsant sur la place un dicval tué.
tFn des postes du 31* léger a égalemem, éié attaqué hier soir par une patrouille d'enTiron 60 hcmmos d'infanterie prussienne qui a foit retraite après quelqu(!s coups de tu»I. Des traces de sang ont prouvé qu'elle avait eu des blessés.
Aitjourd'hui, à une heure du matin, les Cosaques ont oherdié & surprendre le poste d'infanteiie placé entre Ali- Idrch et Beiswalde; cette tentative a également été inbDctueuse.
Nht. ■
A. la date du 22 nuû 1807 (de Guttatadt) le nkaréchal Ne; adresse à Berthier l'état sommaire des malades du corps d'armée qui se trouvaient aux hôpitaux à l'époque du IS mars précédent, en réponse à la demande de Berthier en date du S du même mois.
Le total de ces malades est de 3,08 j, dans lesquels le 3' de hussards est compté pour 40, et le 10° de chasseurs pour 33.
Nky a Bbhthieh.
GuUalddt, 28 mai 1807.
Deux officiera du 7° et du 13^ régiments d'inlhnterie léf^ère, estropiés tous les doux par suite de leurs blessures, ont été conduits à nos avant^postcs par les Ruesea hier au soir; voici les renseignements que j'en ai reçus:
Le général Benningsen est à Bartenstein. L'empereur Alexandre est parti le 21 de ce mois pour Heilsberg; il était accompagné du roi de Prusse et du grand-duc Constantin. En partant de Bartenstein et d'Heilsberg, LL. MM. ont fait des cadeaux que Ton a regardés comme la preuve qu'ils ne reviendraient plus. Les Russes assurent n'attacher aucune importance à la prise de Dantzig ; ils disent qu'ils regardent les 9,000 Prussiens et les 6,000 des leurs, qui forment la garnison, comme déjà prisonniers de guerre.
Le prince Bagration a donné hier à déjeuner à ces deux officiers à leur passage à Launau ; pendant la conversation, il n'a cessé d'exprimer son admiration sur la valeur des troupes françaises, et son désir de voir la bonne intelligence rétablie entre les deux nations dont les empereurs pourraient se partager l'Europe.
Les Russes paraissent croire que les hostilités ne pourront être reprises que vers la fin du mois d'août ; ils craignent de faire une campagne d'hiver. Les Russes méprisent les Prussiens; ils regardent cette puissance comme perdue; il y a des rixes continuelles entre les troupes de ces deux nations.
Les Russes ne parlent point de la Turquie. Ils ont reçu des renforts assez considérables, surtout en Kalmouks et cavalerie tartare. La garde impériale est toujours à Bartenstein.
Tout est parfaitement tranquille à mes avant-postes aujourd'hui.
Ces deux officiers se rendent au quartier général impérial.
Ney.
Ney a Berthier.
Guttstadt, 26 mai 1807.
Hier, à 6 heures du soir, 150 Cosaques et hussards, sortis de Gronau et de Rosenbeck, sont venus attaquer nos
vedettes sur la ligne d'Altkirch à Beiswalde ; deux escadrons du 10^ régiment de chasseurs les ont repoussés; mais une réserve de Cosaques étant arrivée à leur secours, il s'en est suivi une forte escarmouche qui a duré jusqu'à la nuit. Plusieurs Cosaques ont été tués et blessés, et nous avons pris quelques chevaux; de notre côté, un homme et deux chevaux ont été blessés.
Le chef de bataillon Delonne, aide de camp du général Marcognet, a montré dans cette circonstance une grande intrépidité : ce brave officier s'est jeté au milieu des Cosaques; après en avoir tué un, il a été lui-môme blessé d'un coup de lance qui après avoir traversé le bras lui a pénétré dans le flanc, ce qui ne l'a pas empêché de blesser à son tour l'homme qui l'avait frappé; l'un et l'autre ont été en même temps renversés de leurs chevaux. M. Delorme. arrachant alors la lance de sa blessure, s'en est servi pour tuer le Cosaque, et, remontant ensuite à cheval, il est revenu rapportant la lance. Ce beau trait a eu lieu au milieu des Cosaques et des chasseurs du 10^ régiment qui se battaient avec vigueur.
Aujourd'hui, à sept heures du matin, environ 200 Cosaques et hussards sont encore venus faire replier nos vedettes jusque sur les postes retranchés de l'infanterie ; on remarquait parmi eux les officiers qui cherchaient à observer. Dans ce même moment je faisais ma tournée, et je suis accouru aux coups de fusil. J'ai aussitôt ordonné à trois postes d'infanterie, de 25 hommes chacun, d'attaquer l'ennemi sur les deux flancs, tandis qu'un escadron du 10^ régiment de chasseurs les contenait dans la plaine. Un de ces postes, venu de la hauteur vis-à-vis de Gronau, a sur-lechamp forcé l'ennemi à se replier avec perte, et l'a poursuivi jusqu'à moitié chemin de Beiswalde, en côtoyant toujours la petite rivière qui vient de Sommerfeld et passe par Altkirch. Tout à coup un gros d'ennemis, caché dans la forêt à gauche de Rep^erteln, en est sorti, et une nuée de Cosaques est venue fondre sur le peloton de 2o hommes du 39^' régiment, commandé par le sergent Villefranche.
Ce brave homme, sans se laisser intimider par les hurlements des Cosaques, a encouragé sa troupe, et après en avoir formé un petit carré a exécuté ses feux si à propos que l'ennemi, qui s'était acharné sur lui et qui a chargé huit fois de suite avec fureur, n'a pu Tentamer et a laissé beaucoup d'hommes et de chevaux sur le terrain. L'arrivée d'un piquet de réserve d'infanterie et de quelques centaines de chasseurs à cheval a mis fin à ce combat.
A midi, l'ennemi a repris ses postes. Nous n'avons eu ni tués ni blessés. La perte d'hommes et de chevaux que les Russes ont éprouvée les dégoûtera vraisemblablement de renouveler de pareilles tentatives.
Je prie Votre Altesse de faire obtenir le grade de sous^ lieutenant au sergent Yillefranche. Ce sous-officier a plusieurs traits de courage et de fermeté qui lui font autant d'honneur que la belle conduite qu'il a tenue aujourd'hui.
Nky.