‹ Le général Auguste Colbert,Chapitre 15 sur 150 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

rassembla tout ce qu'il pouvait avoir de réserves. « C'est ici, disait l'intrépide maréchal en parcourant les rangs, c'est ici que les braves trouveront une mort glorieuse, les lâches iront périr en Sibérie. » L'ennemi ne put repasser la lisière du bois d'Anklappen ; la nuit survint^ le maréchal Davout conservait une place très avancée derrière la gauche de l'ennemi. A ce moment arrivait de l'autre côté le maréchal Ney qui occupait Schmoditten et Schloditten^ se trouvant ainsi placé derrière la droite des Russes et sur la route principale qui conduit à Kœnigsberg. L'ennemi comprit le danger, et, bien qu'il fût dix heures du soir, il fit attaquer Schloditten par une partie de la division Sacken, qui fut vigoureusement repoussée. Ce fut le dernier combat de la journée.

Voici ce qui était arrivé au maréchal Ney. Parti le 7 au matin de Wormditten, il avait bivouaqué dans les environs de Landsberg, d'où il était parti le 8, marchant à travers la forêt d'Eylau sur Kreutzbourg, ainsi qu'il en avait reçu l'ordre, dans le but de rencontrer le corps prussien et de le couper. Ce corps, composé de 10 bataillons, de 25 escadrons et de deux batteries et demie d'artillerie, était parti le matin à huit heures de Hussehnen et devait se diriger par le chemin le plus court sur Althof.

Il avait à peine atteint le village de Wackern, qu'on aperçut les Français débouchant de la forêt. Lestocq laissa 20 escadrons en avant de Schlautinen et fit occuper le bois de "Wackern par plusieurs compagnies d'infanterie, avec ordre de maintenir leur position aussi longtemps qu'elles le pourraient, tandis que lui, avec m 3.

le gros de son monde, tournant à gauche, gagnait Pompicken, puis se rabattait sur Althof.

Quant à son arrière-garde, pressée par les Français, elle ne put le rejoindre et se retira sur Kreuzbourg.

Le maréchal Ney ignorait complètement ce qui se passait à Eylau ; il n'entendait pas le canon, lorsqu'à deux heures de Taprès-midi arriva l'un de ses officiers d'ordonnance, Montesquiou-Fezensac, qu'il avait envoyé la veille de Landsberg au quartier impérial pour rendre compte de sa position. Pezensac avait été retenu à Eylau toute la nuit, et ce n'avait été que le matin, aux premiers coups de canon et lorsque l'Empereur était déjà à cheval, qu'on lui avait ordonné de retourner près du maréchal Ney, de lui rendre compte de la position des deux armées, de lui dire de quitter la route de Kreutzbourg et d'appuyer à droite pour former la gauche de la grande armée, en se liant au corps du maréchal Soult (1).

Le maréchal, laissant le général Colbert et une brigade d'infanterie pour contenir les Prussiens qui se trouvaient encore devant lui, se porta immédiatement sur Althof, où il n'arriva qu'aprèis les Prussiens et à la nuit. En arrivant, il adressait au majoi* la lettre suivante écrite au crayon :

« J'ai poussé cet après-midi le corps du général Lestocq jusqu'à Schmoditten où l'ennemi a pris position» et où il paraît avoir fait sa jonction avec les Russes.

« La ji^o brigade du général Marchand occupe Schjo^

(1) Mémoires du duc de Fezensac, p. 156 et suiv.

Page 1