‹ Le général Auguste Colbert,Chapitre 16 sur 150 · CHAPITRE XXVIl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIl

litten, mais n'y restera que jusqu'à dix heures du main, si l'ennemi reste en présence,

« La 2® brigade de cette division reste en avant i'Althof.

a La 2* brigade du général Gardanne est placée en arrière de ce village.

« La l'* brigade est restée à Pompicken, où l'ennemi avait laissé un corps de flanquement assez considérable d'infanterie, de cavalerie et du canon.

« La cavalerie légère du général Lasalle, ainsi que la brigade de dragons, est arrivée à Althof où je resterai également.

« Nous avons pris deux pièces de canon à l'ennemi et fait quelques prisonniers.

« J'attends les ordres de Votre Altesse sur la position que je devrais occuper demain en cas de bataille contre

les Russes (1).

« Lb Maréchal Ney. »

Cette lettre, écrite vers les huit heures du soir, téûioigne de l'incertitude où l'on était encore des événements. Le soir, le maréchal, faisant un mauvais souper dans une chaumière, engagea les officiers à se reposer pour la bataille du lendemain. « S'il le faut, disait-il,

je mettrai pied à terre, le sabre à la main, et j'espère 4^'on me suivra. » Le 9, à deux heures du matin, le général Dutaillis, chef d'état-major du 6® corps, mandait au maréchal Soult : « J'ai Thonneur de vous prévenir que la brigade du général Liger-Belair a occupé Scbloditten ce soir à sept heures, ainsi que j'ai déjà eu

(i) Voir les Pièces justificatives.

l'honneur de vous le dire. Vers dix heures du soir, il a été attaqué par les Russes ; Tennenii a été culhuté et a perdu cinq ou six cents hommes tués ; il s*est retiré.

« Le maréchal Ney, qui voulait faire évacuer ce village vers deux heures du matin, a jugé à propos de l'évacuer dès ce soir ; Tennemi n'y est pas rentré jusqu'à présent. »

Soult transmettait immédiatement ce billet au major général, le priant de le mettre de suite sous les yeui de l'Empereur ; puis il ajoutait : « L*ennemi a sans doute réoccupé le village de Schloditten, mais on remarque qu'il y a dans sa ligne une diminution considérable, car il n'y a presque pas de feux dans la position qu'il occupe. Tout est, du reste, fort tranquille. »

Cette évacuation de Schloditten, même après en avoir repoussé les Russes, révèle encore les doutes qui existaient dans l'esprit de Ney sur l'issue de la bataille. Il prit ime position un peu plus en arrière, mais occupant toujours la route de Kœnigsberg, dç telle façon que l'ennemi ne pouvait se retirer par là sans passer sous son canon.

Nous connaissons de la guerre et les enivrements de la victoire et les effroyables misères qu'elle entraine après elle. Les deux lettres que je viens de rapporter nous montrent, ce qui est moins connu, quelles sont les incertitudes, quelles anxiétés traversent souvent l'esprit des plus habiles et des plus braves.

J'en reviens à ce qui se passait au quartier général à huit heures du soir. L'Empereur avait ordonné qu^ les feux de bivouac fussent allumés sur toutes nos li-^ gnes. C'était prouver d'abord qu'il ne craignait pa^

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