‹ Le général Auguste Colbert,Chapitre 22 sur 150 · CHAPITRE XXVIll · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIll

lever quelques chasseurs. Ce fait, grossi, arriva àrEmpereur, qui de suite fit écrire à Ney qu'il était étonné qu'on eût laissé ainsi quelques Cosaques prendre l'initiative, et qu'il fallait s'arranger pour les repousser vigoureusement. La vérité était que les chevaux de notre cavalerie, épuisés par la marche et surtout par le manque de vivres, tombaient d'inanition.

Pendant que le 6® corps occupait Freymarkt et les environs, les autres corps qui le devançaient atteignaient les cantonnements qui leur étaient assignés. Dès que le maréchal Davout eut quitté Heilsberg, le maréchal Ney y envoya de Zechern le général Colbert avec de la cavalerie et un régiment d'infanterie, le 39® de ligne, pour relever la division Gudin, veiller à l'enlèvement de 50,000 sacs de farine et se maintenir dans cette position, sans toutefois se compromettre.

Pendant ce temps, le maréchal gagnait Guttstadt avec le gros de son corps d'armée, et se disposait à prendre ses cantonnements, lorsqu'il apprit que les Prussiens, repassant l'Aile, avaient attaqué le général Colbert. En effet, le 22 vers 2 heures, les Prussiens, infanterie et cavalerie, s'étaient montrés devant le poste avancé de Markheim ; ce poste s'étant replié, le général Colbert avait fait prendre les armes à sa cavalerie et à im bataillon du 39®, et, s'étant porté en avant, avait reconnu que Tennemi se renforçait. Il avait alors pris ses dispositions, et défendait le défilé qui conduit à la ville, lorsqu'il apprit que l'ennemi, avec les deux régiments de grenadiers de Fabrizzi et de Scheffer, de la cavalerie et du canon, s'avançait par la rive gauche de l'Aile. Le général Colbert, n'occupant Heilsberg que w S.

provisoirement, ordonna la retraite qui se fit en bon ordre, et en se retirant fit brûler le pont d'Heilsberg.

Un des aides de camp du marécbal, qui avait assisté à ce petit engagement, en allant rendre compte de ce qui s'était passé, rencontra sur sa route à Liebenberg le 7® de hussards commandé par le colonel Edouard Colbert ; il le fit monter à cheval pour soutenir le général Auguste Colbert, s'il était besoin. Il prévint en môme temps les généraux Lasalle et Marcognet, et le maréchal contremanda la prise de possession des cantonnements. Il écrivait de Guttstadt au major général: « Je vais attendre jusqu'à demain pour connaître les desseins de l'ennemi ; s'il arrive sur Guttstadt probablement, comme il Ta fait aujourd'hui sur Heilsberg, par les deux rives de l'Aile, j'empêcherai de contrarier ses vues jusqu'à ce qu'il soit à bonne portée de mes troupes et de mon artillerie ; alors j'ordonnerai l'attaque générale et l'enfoncerai sur tous les points. J'espère que la leçon qu'il recevra le fera tenir tranquille » (1).

Le lendemain, tout était disposé pour recevoir l'ennemi, mais il se borna à établir ses postes sur les hauteurs de Bevernicken et de Langwiese sur la rive gauche de l'Aile, et à Wosseden, Reichenberg et Sussenberg. Le général Colbert eut Tordre de le chasser de ces trois endroits et de ne pas lui permettre de passer sur la rive gauche de la Sensée, Ayant laissé l'ennemi s'approcher de Liebenberg, Kolm et Stoltzhagen, tout à coup il reprit l'offensive et le poussa très vigoureu— sèment, lui tuant, lui blessant et lui prenant du monde,

(1) Guttstadt, 22 février, 6 l^eures du soir.

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