‹ Le général Auguste Colbert,Chapitre 23 sur 150 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

jusqu'au delà de la petite rivière de la Sensée qui se jette un peu plus loin dans TAlle. Le général Colbert rentra alors dans sa position.

A la chute du jour, un parlementaire se présenta porteur d'une lettre du colonel de Eleist, aide de camp du roi de Prusse, qui, envoyé par son souverain pour remettre une lettre à Tempereur Napoléon, demandait la permission de traverser nos avant-postes. Le général Colbert, d'après les ordres du maréchal, répondit à M. deEIeist que s'il affirmait sur l'honneur avoir des

communications verbales à faire à l'Empereur on le laisserait passer, sans quoi sa lettre seule serait reçue et envoyée; sur son affirmation^ il fut admis à passer et des chevaux furent commandés sur la route pour le conduire au quartier général.

La mission de M. de Kleist était relative à des ouvertures de paix que Napoléon avait fait faire au roi de Prasse par le général Bertrand, et dont j'aurai occasion de parler plus tard.

Cependant le maréchal Ney, dans sa position de Guttstadt, ne voyait pas sans inquiétude l'ennemi gagner sur sa gauche par la rive gauche de l'Aile, arriver jusqu'à Scharnick, Wolfsdorf, et se montrer déjà en forces sur ces points ; sur la rive droite de TAlle, il était arrivé à Seebourg : les avant-postes du général Colbert avaient saisi uae correspondance qui annonçait l'approche de nombreuses colonnes russes,

L'Empereur insistait toutefois pour que le maréchal n'abandonnât pas Guttstadt. « 11 est tout simple, lui faisait-il écrire par Berthier, que l'ennemi avance sur tous les points de la ligne des ay^pt-gardes d'in-

fanterie et de cavalerie, sans que cela puisse prouver qu'il soit décidé à continuer la campagne, et, quand il aurait ce projet, le dégel en ralentirait Texécution et le lui ferait ajourner. L'Empereur demande donc que vous ne quittiez pas Guttstadt de la journée de demain, car l'ennemi, dans votre position, ne peut vous forcer qu'avec un corps de troupes considérable, et avec des mouvements préparatoires qui vous donneront toujours le temps d'éviter un engagement et de vous porter sur la route d^Allenstein. L'ennemi, en se rendant maître de Guttstadt, se trouverait maître d'un point important, utile à nos troupes en hiver : Guttstadt évacué, nos cantonnements seraient à découvert.

c( L'ennemi a cherché à savoir si nous voulions oui ou non tenir en position ; rien ne prouve qu'il soit résolu à nous déposler de nos positions. Au surplus, Monsieur le Maréchal, l'intention de l'Empereur est de livrer bataille à l'ennemi, en concentrant toutes ses forces sur le plateau d'Osterode où il doit réunir 90,000 hommes.

« Après vous avoir fait connaître. Monsieur le Maréchal, les intentions de l'Empereur, Sa Majesté s'en rapporte à votre expérience et à votre zèle pour son service. En tout cas, vous devez garder le point de Guttstadt » (1).

Quelque temps avant, le maréchal, pour acquérir quelque certitude sur les forces et les desseins de l'ennemi, avait fait attaquer Peterswalde par le 6® d'infan-

(1) Lettre du major général à Ney, 26 février 1807. (Cette lettre n*arriva que lorsque Guttstadt était évacué.)

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