‹ Le général Auguste Colbert,Chapitre 26 sur 150 · CHAPITRE XXVIIl S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIIl S

donc le reprendre, mais ne l'occupant que comme avantgarde, en choisissant, s'il est possible, une bonne position sur la rive gauche de l'Aile dominant la ville et empêchant de s'en approcher ; c'est là où doit être appuyée votre droite; votre gauche doit l'être à la Passarge , du côté d'Ëlditten ; vous devez occuper par des postes d'infanterie toute la rive gauche de l'Aile jusqu'à Allenstein; vous devez placer votre quartier général entre Deppen et Guttstadt.

« Tous les débouchés depuis Ëlditten jusqu'à Guttstadt doivent être occupés par de l'infanterie et de la cavalerie; vous devez reconnsdtre les points les plus importants en arrière, pour y placer du canon et des réserves ; le point de ralliement de votre corps doit être à Deppen ; par ces moyens vous abandonnerez toute la rive droite de PAlle, en vous contentant de la faire reconnaître tous les jours par de fortes reconnaissances; vos avant-postes seront couverts par l'Aile et vos troupes se trouveront plus serrées.

« L'ennemi cherchera- t-il à pénétrer en force entre Guttstadt et Liebstadt, il se trouvera entre votre corps et celui du maréchal Soult.

« Attaquera-t-il votre position de Guttstadt , vous la soutiendrez avec tout votre corps; et si l'ennemi, au lieu d'attaquer Guttstadt avec 12 à 15,000 hommes, l'attaquait avec un corps d'armée, vous auriez le temps de le voir se déployer, se former, et celui de vous replier sur la Passarge et sur l'armée.

« Vous voyez, Monsieur le Maréchal , que vous formez l'extrême droite de l'armée, et si l'ennemi manœuvre sur la droite de l'Aile avec de fortes colonnes d'in-

fânterie, il se disséminera quand nous nous concentreroDs; mais tout porte à penser qu*il désire ainsi que nous du repos.

« Il serait à souhaiter que Tennemi jetât beaucoup de forces sur sa gauche où il ne peut nous faire aucun mal. Le système de Varsovie n'étant nullement lié à celui-ci qui en fait un à part, TEmpereur ne manquerait pas de saisir celte occasion pour marcher sur Tennemi.

« Guttstadt nous est donc nécessaire, car il ne faut pas que Tennemi se serve de TAlle comme d*un rideau pour nous masquer ses mouvements » (1).

Déjà, par suite de la première lettre que j*ai citée, le maréchal Ney avait pris des dispositions analogues à celles indiquées ici. L'Empereur enûn, voulant assurer la reprise de Guttstadt, effrayer Tennemi et le forcer désormais à se tenir sur la réserve , ordonna pour le 3 mars une prise d'armes générale.

Bernadette et Soult, débouchant par le pont de Spanden, devaient envelopper les avant-postes ennemis, puis se porter, le premier sur Mehlsac, le second sur Wormditten, tandis que Ney, après avoir culbuté tout ce qu'il trouverait devant lui, marcherait sur Guttstadt et s'en emparerait.

Cette expédition devait être considérée sous le même rapport que le serait la sortie d'une place forte ; puis les maréchaux devaient rentrer dans leurs cantonnements. Les choses se passèrent comme l'Empereur l'avait ordonné.

(1) Mathieu Dumas, Précis des événements militaires^ t. XVIif, p. 489.

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