‹ Le général Auguste Colbert,Chapitre 31 sur 150 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

S efforcer de pénélrer le mystère dont également s'entoure son adversaire.

La tactique, une cavalerie manœuvrière habilement conduite, peuvent seules lui assurer ces résultats. Tantôt par une retraite soudaine il engage Tennemi à se porter en avant, tantôt c^est ime attaque inopinée et à force ouverte.

Parfois, pénétrant à plusieurs lieues à travers les corps ennemis, il va semer au loin Tinquiétude, dérober sur les derrières mêmes de Tarmée ennemie le secret de ses forces et de ses projets (1).

Courses hardies qui réclament à la fois une singulière audace et beaucoup de prudence de la part du chef, comme des troupes une grande habitude de la guerre. Les plus jeunes soldats savent marcher en avant, mais une fois le coup porté, le résultat obtenu, savoir se dérober à l'ennemi, se retirer, fuir av^-c sang-froid, réclament une fermeté, une présence d'esprit bien autrement difficile à rencontrer.

A ces qualités essentiellement guerrières, le commandant des avant-postes doit en réunir d'autres : il doit s'efforcer de ménager le pays qu'il occupe : c'est d'abord un moyen de se procurer plus facilement et plus longtemps des subsistances, et celui d'obtenir des renseignements, de se créer des relations, des intelligences. Partout on peut trouver des mécontents , des gens bavards et avides.

(1) Voir au â« Yolume, p. 265. Le général Colbert pénètre jusqu*à Trente, à vingt lieues de Tarmée, sur les derrières du corps de Rohan, qui tenait encore devant le maréchal Ney. Il prévient Tarmée d'Italie, qui prend ce corps à revers et complète sa destruction.

G*est Tensemble de toutes ces qualités qui constitue rhabile général commandant les avant-postes. Par lui, le général en chef est mis à même de juger des desseins de l'ennemi. Certain de la vigilance qui met ses troupes à Tabri d'une attaque inattendue, il peut avec calme combiner ses plans et faire jouir son armée d'un repos et d'une sécurité qu'il partage lui-même.

Le maréchal Ney disait : « Je ne dors tranquille que lorsque Golbert commande mes avant-postes. »

Je n'ai rien à ajouter à ces paroles.

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