‹ Le général Auguste Colbert,Chapitre 33 sur 150 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

Soit que Frédéric-Guillaume voulût, par point d'honneur, rester fidèle à son allié Tempereur Alexandre, et racheter par sa fermeté une faiblesse politique qui lui avait attiré tant de reproches; soit qu'enfin il entrevit des espérances, un avenir plus prospère, il ne répondit que d'une manière évasive aux propositions qui lui étaient faites, et, peu de temps après, la convention de Bartenslein, entre l'empereur de Russie et lui, vint resserrer leurs liens.

De ce côté donc, vis-à-vis de la Russie et de la Prusse, c'était la guerre, mais la guerre telle qu'on l'avait prévue, telle qu'on l'attendait.

Â. Constantinople, le général Sébastiani, trouvant un appui dans les sentiments du sultan Sélim, avait, par son énergie, son habileté, relevé le courage des Turcs. Les tentatives des Anglais dans les Dardanelles avaient complètement échoué, et la Porte, fidèle à notre alliance, continuait à faire la guerre à la Russie.

A l'autre extrémité de l'Europe, le favori Godoy, qui gouvernait TËspagne, avait, au commencement de la guerre de Prusse, tenté de se soustraire à la suprématie de la France. La victoire d'Iéna avait suffi pour l'arrêter, et Napoléon lui imposa de fournir un contingent de 20,000 hommes qui devait nous servir d'auxiliaire dans le nord de l'Allemagne.

Napoléon avait sur ses derrières un adversaire plus gênant que véritablement redoutable, mais enfin qui pouvait donner un point d'appui aux Anglais : c'était le roi de Suède Gustave IV. Le maréchal Mortier, chargé de le contenir, après quelques combats, pénétra en fomépanie ^t culbuta tes Suédois é^ Anlçlam. ïl eût pi;

tirer un plus grand parti de ses succès, mais il conclut un armistice dont Napoléon fit porter la durée à un mois, de façon à lui assurer le temps d'achever la réduction de Dantzig sans être inquiété.

Le grand, le véritable danger pour Napoléon pouvait venir du côté de TAngleterre et de rAutriche. L'empereur Alexandre avait demandé des subsides au cabinet britannique et sa coopération active pour créer une diversion dans le nord, par l'envoi d'un corps de troupes qui se réunirait aux Suédois. Lord Howlck, chef du ministère, refusa l'un et Fautre. « On ne saurait supposer, écrivait-il, qu'un empire aussi vaste et aussi puissant que la Russie ne puisse trouver en lui-même des moyens suffisants pour sa défense. Si l'on avouait qu'on n'en a pas les forces, il resterait peu d'espoir de succès dans une guerre dont tout le fardeau retomberait alors sur l'Angleterre. La Russie étant attaquée dans ses propres frontières, et étant devenue partie principale dans la guerre, Sa Majesté sera prête à faire tout ce que, dans cette situation, on est en droit d'attendre d'elle et tout ce qu'exige l'intérêt commun. Comme l'Angleterre doit prévoir qu'à cause des succès et surtout à cause de la haine invétérée du gouvernement français, la lutte peut devenir fort longue, il est du devoir de Sa Majesté de ménager autant que possible les ressources que lui offre l'attachement éprouvé de son peuple » (1 ). Plus tard, un ministère tory ayant succédé à lord Howick, il adhéra à la convention de

(1) Gtrden, Histoire des traités de paiiv, t. X, p. 217 et smI—

Yftntes.

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