CHAPITRE XXlX
luations qui semblent les plus certaines, 30,000 maraudeurs, traînards et gens absents de leurs corps par toute autre cause, ce qui donne un chiffre total de près de 60,000 hommes. La décomposition de ce chiffre, telle que nous venons de la faire, semble démontrer que^ pour les armées les plus fortement constituées et les pliis habilement commandées, la cause de Torganisation la plus puissante n^est pas dans la guerre proprement dite, dans les moyens de destruction qu'elle emploie, dans les maladies même qu'engendrent les fatigues, les privations et le climat, mais bien dans le désordre inévitable qu'entraîne nécessairement toute grande agglomération d'hommes.
Lorsque l'armée jouit de quelque repos et fut placée dans ses cantonnements, des mesures énergiques prises par l'Empereur firent rentrer sous les drapeaux une partie de cette foule; des malades, des blessés rejoignirent. Nous avons vu plus haut, non seulement quelle avait été la prévoyance de Napoléon pour s'assurer de toutes parts de nombreux renforts, mais encore pour les faire arriver aux corps qu'ils étaient destinés à renforcer, déjà rompus aux habitudes militaires par leur séjour à Mayence ou bien dans d'autres places, et par leurs marches en corps nombreux à travers l'Allemagne.
Ainsi, dans l'étendue de cet immense empire, des Abruzzes à la Poméranie, de l'Océan Atlantique à la
qui a été atteint, et lo plus souvent, les chefs de corps sont disposés à 60 grossir le nombre; dès le lendemain, il est diminué de tous ceux qui n'ont été touchés que légèrement, et même de ceux qui, bien que plus sérieusement atteints, n'entrent pas dans les hôpitaux.
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Vistule, sur un ordre parti d'Osterode, les routes se couvrirent de troupes.
Déjà TEmpereur avait tiré d'Italie la division de cuirassiers du général Espagne ; il en fit venir les divisions Boudet et Molitor, qui, placées sur l'Elbe, devaient former, avec les troupes espagnoles de la Romana et celles du roi Louis de Hollande, une armée de 50,000 hommes échelonnée derrière lui. Placée sous les ordres du maréchal Brune, elle avait pour mission de défendre les embouchures de l'Elbe et du Weser, de prévenir tout débarquement que pourraient tenter les Anglais et leurs alliés, et de couvrir Berlin, Magdebourg, Hameln et Stettin. Entre cette armée et la grande armée proprement dite, se trouvait encore le 8® corps, commandé par Mortier et composé de trois divisions. Il était chargé du siège de Colberg et de la défense des côtes depuis les bouches de l'Oder jusqu'à celles de la Vistule, tout prêt à se porter sur Dantzig, si besoin en était. Le maréchal Lefebvre était chargé avec le 10® corps, composé de Polonais, de Badois, de Saxons et de quelques bataillons français, de la prise de cette ville importante. Comme corps d'observation, il avait à côté de lui le maréchal Lannes avec les grenadiers d'Oudinot. Dantzig était défendue par le général Kalkreutb, avec 12,000 Prussiens et trois bataillons russes. Là encore, nous trouvons un de ces Français que les troubles de sa patrie avaient rejetés dans les rangs de l'ennemi : Boussemard, l'un des ingénieurs les plus distingués qu'ait produits la patrie de Vauban. Il sauta avec la 72® mine, qu'il faisait jouer contre le^ assaillants. Le siège, commencé le 1®"^ avril, fut long *