‹ Le général Auguste Colbert,Chapitre 46 sur 150 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

pagnent, les deux lignes d*iufaQterie à 35 ou 40,000 hommes » (1).

Toutefois, la tenlative de Benningsen avait échoué ; il eût fallu que la droite des Russes, veuant de Wolfsdorf^ eût poussé rapidement dès le début de la journée sur Anckendorf et eût ainsi coupé la route de Gutlstadt à Deppen. La seule ressource alors pour le maréchal Ney eût été de se retirer sur Allenstein.

Mais il n'en était rien. Ney, au contraire, occupait Anckendorf et restait maître de la route de Deppen. Il n'était que quatre heures, et beaucoup d'autres que lui, en présence de forces aussi considérables, eussent mis à profit l'immobilité de l'ennemi, pour se mettre de suite à l'abri de l'autre côté de la Passarge. Ney n'était pas homme à abandonner le terrain sans combattre, et, tranquille, il s'établit sur les hauteurs d' Anckendorf, ayant sa droite couverte par le lac Queetz et des bois.

« Si la journée du 5 a été glorieuse pour le corps dont Votre Majesté m'a confié le commandement, la journée du 6 a été une vraie bataille rangée, engagée par neuf régiments et environ 600 hommes de cavalerie, contre

30,000 hommes d'infanterie et au moins 60 bouches

à feu » (2). C'est ainsi que Ney résumait dans son

rapport l'afiEaire du 6.

Dès cinq heures du matin, les tirailleurs de l'avant-

garde de Bagration parurent devant le front du 6® corps.

A. gauche se montraient les colonnes des généraux yA Alsufief, Uwarow et Galitzin, partis de Wolfsdorf. A

(i) Voir les Pièces justificatives.

[i) Voir les Pièces justificatives.

droite était Gortchakow venant de Queetz, puis en arrière marchait la garde impériale sous les ordres du grand-duc Constantin. La présence du prince donna lieu à des hourras qui firent croire aux Français que Tempereur Alexandre était là et commandait en personne. On voyait les colonnes russes se déployer, puis se reformer, s'avançant avec circonspection et une grande lenteur; on attendait la colonne de gauche, mais Gortchakow qui la commandait, au lieu de venir directement de Queetz sur Anckendorf, avait pris à gauche et contournait le lac de Queetz.

Le maréchal, voyant que sa droite n'était pas attaquée et ne pouvait l'être immédiatement, porta sa gauche audevant des Russes et les attaqua par un feu violent de mousqueterie et d artillerie. De cinq heures à dix heures, la lutte continua ainsi, nos troupes tenant au feu avec un acharnement incroyable contre un ennemi si grandement supérieur en nombre. A onze heures seulement, le maréchal, menacé d'être débordé à droite par Gortchakow qui arrivait enfin, tandis que de grosses colonnes d'infanterie et de cavalerie avaient déjà dépassé son flanc gauche, jugea, dit-il, qu'il était impossible de tenir plus longtemps sans courir le risque d'un désastre. Il ordonna donc la retraite par divisions, les divisions se dépassant successivement par échelons et protégées par le feu de l'artillerie. Les nombreux escadrons de l'ennemi tentèrent alors plusieurs charges ; mais, vigoureusement reçus, comme la veille, par notre infanterie et repris au retour par notre cavalerie, malgré le nombre, ils renoncèrent à attaquer nos échelons.

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