‹ Le général Auguste Colbert,Chapitre 5 sur 150 · CHAPITRE XXVIl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIl

le général Colbert de déterminer les conditions de Tarmistice et les endroits qui, pendant la durée, seraient considérés comme neutres par les patrouilles.

Sur ces entrefaites, le maréchal Ney reçut une nouvelle lettre du major général Berthier, lui rappelant les décisions prises, le 5 et le 7 septembre, par l'Empereur, pour l'établissement définitif des troupes dans leurs cantonnements.

D'après ces dispositions, le 6« corps devait occuper Mlawa, Soldau et leurs environs ; le général Colbert : Neidenburg et Willenberg ; la division Marchand : depuis Ghorzel jusqu'à Mlawa; la division Gardanne : Neidenburg (1) et Mlawa ; les dragons du général Grouchy : Szrenick et Radzanow.

De retour à son quartier général d'Allenstein, le maréchal Ney répondit le 18, insistant pour que des modifications fussent apportées à cette répartition des cantonnements. « Le pays que nous allons occuper, disait-il, est totalement épuisé ; votre Altesse peut être cerlaine que j'ai devant les yeux la perspective de voir périr de misère et de maladies un grand nombre de braises gens dont le sort est digne de pitié. Le pays que lous allons occuper est un vrai cimetière. Je vous sup- )lie, Monseigneur, de faire quelques changements aux iautonnements qui me sont assignés. Il est inutile de lire que ni moi ni les généraux sous mes ordres, ne ommes effrayés des privations, et que nous saurons onner l'exemple au soldat en vivant comme lui ; mais ) trahirais tous mes devoirs, si je ne cherchais à amé-

^1) Nidborg sur les cartes russes.

liorer le sort des braves régiments qui vont être entassés dans un pays désert » (1).

Pendant ce temps, et le môme jour, le 18, le maréchal Soult, que le maréchal Ney avait engagé à se rapprocher de Willenberg, mandait au major général : « J'observerai que le maréchal Ney, en se portant sur Kœnigsberg, a laissé à découvert 25 lieues de pays, et, s'il retire la division Grouchy de Willenberg, il n'y aura personne pour garder le débouché et il sera fort aisé d'intercepter les communications entre le corps du maréchal Ney et le mien. » Il termine en demandant les ordres de l'Empereur. Ce fut alors que Berthier écrivit la lettre suivante :

« Varsovie, 19 janvier.

« L'Empereur, Monsieur le Maréchal, a été extrêmement étonné de voir par une dépêche qu'il reçoit de M. le maréchal Soult et par la vôtre môme, que non seulement vous ne vous êtes point conformé aux ordres de Sa Majesté, relativement à vos quartiers d'hiver, mais encore que vous conseillez au maréchal Soult d'en faire autant. Je vous réitère l'ordre, Monsieur 1» Maréchal, de rentrer dans les positions qui vous ont été indiquées pour vos quartiers d'hiver. L'Empereur, Monsieur le Maréchal, est immuable dans ses plans, et, sans des considérations politiques, il aurait fait mention à l'ordre du jour de la non-exécution de ses ordres par votre corps d'armée. Vous n'êtes point détaché comme à Magdebourg, vous êtes en ligne, et vous n'êtes point autorisé à conclure

(1 ) Archives du dépôt de la guerre. Pièces justificatives.

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