CHAPITRE XXVII
m armistice. S'il vous arrive des parlementaires, vous les adresserez au quartier général. A lavenir, Monsieur le Maréchal, TEmpereur ordonne que votre corps d'armée marche en masse et jamais décousu, ainsi que vous lavez fait dans ce dernier mouvement. Si vous avez conclu un armistice, vous n'en ferez pas moins marcher votre infanterie, pour prendre ses cantonnements d'hiver dans les positions qui lui ont été ordonnées, mais vous en profiterez pour laisser votre cavalerie, et cou- 'vrir la faute que vous avez faite. »
Aussitôt cette lettre reçue, le maréchal donna immédiatement l'ordre au général Golbert de replier ses postes établis le long de l'Aile, mais de ne le faire que lentement, ainsi que le prescrivait TEmpereur. Par une coïncidence singulière, le jour où arrivait cet ordre, des troupes légères ennemies firent une reconnaissance de tous les postes qui entouraient Schippenbeil. Suivant le cours de deux petites rivières, la Zain et la Barthen, ils attaquèrent Landtkeim et Leunenbourg ; partout ils furent vigoureusement repoussés. A Leunenbourg, il y eut un engagement assez vif ; on tua et Uessa pas mal de monde à Tennemi, qui laissa entre iios mains des prisonniers ; parmi les blessés était le colonel de Stutterheim.
Les troupes qui venaient de nous attaquer ainsi û'étaient autres que l'extrême avant-garde de l'armée russe, formée d'une nuée de Cosaques mêlés à de la cavalerie régulière que suivait le prince Galitzin avec 40 escadrons ; par derrière s'avançait l'infanterie et toute l'armée.
Voici ce qui s'était passé : peu de jours après leur
retraite de Pultusk et de Golymin, les généraux Benningsea et Buxhowden se réunirent à Nowogrod, au confluent de la Narew et de la Pinck. Kamenski étant parti, le commandement était échu à Buxhowden, comme le plus ancien. Dans un conseil de guerre, t«nu le 2 à Nowogrod, le plan d'opérations suivant avait été adopté : « L'armée sera réunie, elle se portera en avant par les défilés que forment les lacs Spirding et Lowenthin ; deux divisions seulement, celle du lieutenant général Anrepp et celle du lieutenant général Mtiller, nouvellement arrivées, se réuniront au corps du lieutenant général Essen et resteront en observation sous ses ordres entre le Bug et la Narew.
a Les sept autres divisions devront être réunies lo 5 janvier entre la ville de Biala et la Narew, et le même jour le quartier général des deux généraux d'armée sera établi à Kolno. »
L'exécution de ce plan nécessitait un accord dans les vues qui ne pouvait exister entre les deux principaux généraux de Tarmée. Buxhowden ayant été rappelé et Benningsen nommé général en chef, Tunité indispensable dans le commandement fut rétablie. Ainsi qu'il avait été convenu, Benningsen établit son quartier général à Biala et réunit autour de lui sept divisions formant un effectif de 78,000 hommes. Ces troijçes, que les Français croyaient disséminées au loin dans des cantonnements, se trouvèrent bientôt concentrées à Arys, près des frontières russes, complètement mas^ quées par les lacs et la grande forêt de Johanr^isburg.
Benningsen laissa les divisions de Sedmaratski et d'Essen pour couvrir ses derrières, son flanc gauche,