CHAPITRE XXX
laisser Tinitiative du mouvement au maréchal Ney, qui attendra mes ordres pour commencer.
« Du moment que la droite se portera sur Fennemi, tous les canons de la ligne devront doubler leur feu dans la direction utile, pour protéger l'attaque de cette aile » (1). Il faut ajouter à ces dispositions, que la cavalerie légère des généraux Beaumont et Golbert fut placée à la gauche sous les ordres du général Grouchy, pour Faider à se débarrasser des Cosaques qui menaçaient ses derrières et sa gauche (2).
Cependant, à travers les grands bois qui entourent la position de Friedland, arrivaient les corps d'armée venant de Domnau. Le 8® corps d'abord vint occuper l'espace compris entre Henrichsdorf et P'oslhenen. En faisant entrer en ligne la division Dupas, le maréchal Mortier eut son cheval emporté par un boulet. Le maréchal Ney se plaça ensuite près du bois de Posthenen ; VW8 les trois ou quatre heures, Victor se liait à sa gauche; ea&n Tinfanterie et Tarlillerie de la garde arrivaient à Posthenen. On sait que le maréchal Lannes occupait le centre. L'armée française formait donc un cercle concentrique à l'armée russe acculée dans le coude de la rivière.
Comme dans les pays du Nord les jours sont extrêmement longs au mois de juillet, l'Empereur pensa qu'il pouvait donner quelque repos aux troupes avant de commencer. On en profita pour visiter les armes et s'assurer des munitions.
\ (1) Correspondance de Napoléon, t. XV, n» 12,7S6. l (2) Mémoires du maréchal Qrouchy, t. II, p. 329.
i08 ÎRADittONS Et SOUVENIRS
Rangés autour de Napoléon, Launes, Ney, Mortier, Victor, Oudinot, recevaient ses derniers ordres et parlaient pour rejoindre leurs corps d'armée. Ney, comme on l'a dit, devait conduire la droite et commencer l'attaque. Fier de cet honneur, avide de périls, insatiable de gloire, son air respirait une telle ardeur, qu'en le voyant partir l'Empereur s'écria : « Cet homme est un lion. » Vers cinq heures, trois salves d'une batterie de vingt pièces de canon donnèrent le signal de la bataille. Le 6® corps, précédé d'une nuée de tirailleurs, s'avance en échelons par la droite. La division Marchand était en tète, suivie de la division Bisson. La cavalerie russe, ayant débordé notre droite, allait se précipiter sur nos divisions en marche, lorsque le général La Tour-Maubourg, se formant rapidement en bataille à droite, charge avec ses dragons et culbute les escadrons russes dans l'Aile et les escarpements qui la bordent. Au centre, le général Sénarmont, avec une batterie de 30 pièces, se porte audacieusement à 40O pas environ dans la plaine, en avant, et ouvre sur les Russes un feu terrible. Les feux de l'artillerie du l**" Corps se concentrent également sur la gauche des Russes, qui bientôt sont attaqués par la mousqueterie de Ney, qui déjà atteignait la tète de l'étang et touchait à la ville de Friedland, lorsqu'une partie de la garde impériale russe, massée en arrière, se précipite avec intré- j pidité sur la division Bisson, y met le désordre, et force la division Marchand à s'arrêter. Mais le général Du- 1 pont qui était à leur gauche a vu d'un coup d'œil l<î / danger qne couraient ses anciens camarades du camp 1 de Mon treuil ; il change de direction à droite, fond sur i*