‹ Le général Auguste Colbert,Chapitre 62 sur 150 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

îrontière à Bayalitch, que se fit accorder Alexandre aux dépens de son allié. Pour Napoléon, ce qu'il voulait, c était un allié contre l'Angleterre, un allié pour son blocus continental, et c'est ce que lui avait offert Alexandre dès les premiers mots.

L'empereur de Russie reconnaissait Joseph comme Toi de Naples, Louis comme roi de Hollande, et Jérôme comme roi de Westphalie, royaume que Napoléon créait aux dépens des provinces enlevées à la Prusse et d'une partie de la Hesse. Plus tard il devait y joindre le Hanovre, mais il le réservait encore pour se ménager des rapprochements avec l'Angleterre. Son but, en créant ce royaume pour le plus jeune de ses frères auquel il fit bientôt épouser la princesse Catherine de Wurtemberg, fille du roi, était de fortifier la confédération du Rhin que reconnaissait également Tempereur x^lexandre.

Des provinces polonaises annexées à la Prusse, lors du partage de 1792, fut formé le grand-duché de Varsovie ; il fut donné au roi de Saxe, qui resta l'allié fidèle de Napoléon jusqu'à la fin.

Jusqu'ici, il n'y avait que la reconnaissance de faits accomplis ou qui allaient l'être^ mais par des articles plus ou moins secrets, les deux souverains qui, la veille encore, combattaient avec acharnement, épris tout d'un coup d'une confiance mutuelle, enivrés de leur puissance, et se voyant pour ainsi dire les seuls maîtres du monde, essayèrent d'en disposer, poursuivant l'un et l'autre le but principal de leurs désirs.

C'était d'abord un traité d'alliance offensive et défen» sive, ayant pour objet l'Angleterre et la Turquie. L'em? p^reur de Russie devait d'abord offrir sa médiation à

i24 TRADITIONS ET SOUVENIRS

TAngleterre pour traiter avec la France. Si l'Angleterre n'acceptait pas, ou si ayant accepté elle n*avait pas, au l®"^ novembre, consenti à conclure la paix, en reconnaissant que les pavillons de toutes les puissances devaient jouir d'une égale et parfaite indépendance sur les mers, et en restituant toutes les conquêtes faites sur la France et sur ses alliés depuis 1805, ou tout au moins fait une réponse satisfaisante, la France et la Russie sommeraient en commun les cours de.Copenhague, de Stockholm et de Lisbonne de fermer leurs ports aux Anglais, et de déclarer la guerre à l'Angleterre (1).

C'était la paix, ou le blocus continental s'étendantà toute l'Europe : tel était le dilemme. Ces clauses contenaient d'ailleurs la juste revendication d'un droit au profit de tous, contre l'abus de la force ; enfin les conditions offertes à l'Angleterre n'étaient pas exorbitantes, le Hanovre devant entrer en compensation des cessions qu'elle ferait.

Il serait difficile de parler en termes semblables de la partie du traité relatif à la Turquie, Napoléon, entraîné par son nouvel allié, abandonnant la politique traditionnelle de la France, celle que lui-même avait jusqu'alors poursuivie, consentait au démembrement de l'empire turc. Pendant les négociations de Tilsit, était arrivée la nouvelle d'une révolution qui venait de renverser le sultan Sélim.

Napoléon avait été séduit par les qualités de Sélim et avait voulu s'en faire un appui. Ainsi que nous l'avons vu, il lui avait envoyé un ambassadeur inlelli-

(1) Voir Garden, Histoire générale des traitée depaiofj t. X,p.86-

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