‹ Le général Auguste Colbert,Chapitre 63 sur 150 · CHAPITRE XXXI i<S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI i<S

gent, énergique, qui avait fait sortir pour un moment les Turcs de leur torpeur. Malgré son habileté, Sébastian! ne put éviter la catastrophe. Cette révolution soudaine, la chute d'un homme sur lequel on avait fondé des espérances, ce souverain déposé par son neveu et bientôt étranglé, sur l'anathème d'un vieux mufti, semblaient démontrer qu'il n'y avait aucun fonds à faire sur un pareil gouvernement ; du moins tels sont les motifs qu'on a mis en avant pour justifier ou du moins atténuer le changement si rapide de Napoléon à l'égard de l'empire ottoman, et voici la stipuhtion à laquelle il souscrivait : « Si par suite des changements qui viennent de se faire à Constantinople, la Porte n'acceptait pas la médiation de la France, ou si après l'avoir acceptée elle n'avait pas conduit à un résultat satisfaisant, la France ferait cause commune avec la Russie contre la Porle-Otlomane, et les hautes parties contractantes s'entendraient pour soustraire les provinces de l'empire ottoman en Europe, la ville de Constantinople et la province de Roumélie exceptées, au joug et aux vexations des Turcs. »

Oui, tout était abandonné, sauf Constantinople, cette reine des capitales, joyau tel qu'on n'ose pas y toucher, de peur d'avoir à se le disputer.

On a pensé que, par d'autres articles, les détails mêmes du partage étaient réglés. Il semble prouvé qu'il û'y a pas eu d'articles écrits, mais il y avait eu des en- Ireliens-dans lesquels les deux souverains avaient examiné bien des éventualités, sondé bien des horizons, discuté bien des hypothèses, et, dans la suite, il arriva à Wexandre et à Napoléon, en y faisant allusion, de lais-

i26 TRADITIONS ET SOUVENIRS

ser pénétrer quelques-uns des mystères de leurs conversations intimes. Toutefois il est certain que, pendant quelque temps, la pensée de Napoléon s'est arrêtée sur cette question du partage de Tempire ottoman.

Dans sa correspondance avec son ambassadeur Sebastiani, et avec Marmont qui commandait en Dalmatîe, il les charge de prendre des renseignements, d'examiner quelles seraient les meilleures combinaisons de partage, ce qui devrait échoir à la France et à la Russie. Mais rien de cela n'était dans le traité de Tilsitt.

D'autres articles enEn, dont je n'ai pas encore parlé, stipulaient la cession des bouches du Cattaro à l'empire français, la reconnaissance de Joseph comme roi de Sicile ; Ferdinand de Naples devait avoir en compensation rile de Candie et les lies Baléares.

Maintenant, si nous considérons le traité de Tilsitt et la situation dans leur ensemble, nous voyons Napoléon à l'apogée de sa force et de sa puissance. L'édifice est immense : à sa base, ce grand empire français, la France dans sa plénitude jusqu'au Rhin; puis s'y ajoutent ritalie, la Hollande, et au centre la confédération du Rhin. Du haut de ce trône qui domine l'Europe, il tend sa main au puissant empereur de Russie, et tous deux s'entendent pour fermer les ports du monde à l'Angleterre, le seul rival qui soit encore debout devant Napoléon. Tout cela est prodigieux de fortune et de génie. Mais lorsqu'on considère tout cet échafaudage de puissance, ne fait-il pas l'effet de ces fragiles monuments, dont le moindre dérangement d'équilibre causo la ruine ?

Sur quoi cet édifice était-il fondé? Sur le succès, sav

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