‹ Le général Auguste Colbert,Chapitre 99 sur 150 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

et la gauche s^étendait jusqu'à Cascante; à droite étaient les Aragonais, au centre les Yalenciens et les Murciens, à gauche les Andalous.

Lannes fit immédiatement attaquer la droite et le centre par deux divisions d'infanterie soutenues par soixante pièces de canon. Après quelque résistance, une trouée s'étant faite au centre, Golbert avec ses chasseurs et ses hussards, Lefebvre-Desnouettes avec ses lanciers polonais s'y précipitent, puis se rabattant à gauche, prenant à revers Tinfanterie de la droite ennemie, bientôt toute cette partie du champ de bataille ne présente plus que le spectacle de la déroute complète des Espagnols poursuivis à outrance dans toutes les directions, à travers les bois d'oliviers, par la cavalerie soutenue par la division Maurice Mathieu. Une masse imposante d'infanterie se trouvait encore à Cascante ; c'était celte armée d'Andalousie qui se glorifiait d avoir vaincu les Français à Baylen.Castanos, leurgénéral,avait déjàétéentrainé parla déroute du centre. Ensonabsence, le général La Pena tenta de se porter en avant; il fit d'abord replier quelques troupes de cavalerie. Mais la division Lagrange arrivait formée en échelons à courte distance, son général en tète. Lagrange (1) est blessé; mais bientôt ses soldats, vieilles troupes éprouvées, abordent l'infanterie espagnole, la culbutent, et tout ce qui restait de cette armée, naguère encore si fière, fuit en désordre. Si le maréchal Ney, qui, ainsi que nous l'avons dit, était déjà le 21 à Soria, se fût trouvé à Catalayud ou à Agreda, il eût pu prendre au passage Casta-

(1) Lagrange (Joseph), comte, né en 1763, mort en I836.

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nos et la plus grande parlie de l'armée vaincue. Mais, une fois arrivé à Soria , le maréchal s'était arrêté. Le pays était montagneux, difficile; les populations fuyaient devantlui, ou ne montraient que des dispositionshostiles; on ne pouvait obtenir aucun renseignement certain »' des bruits exagérés par les Espagnols portaient Tarmée de Castanos à 00,000 hommes; la nouvelle se répandit même de la défaite des Français. La position était embarrassante. Si le maréchal, se conformant à ses instructions, se portait sur Agreda, il ne pouvait guère arrêter le mouvement de l'ennemi sur Tarragone ou Calalayud; il s'éloignait trop de Lannes, dans le cas où celui-ci aurait besoin de secours. Il s'arrêta donc. Ney ne se remit en marche que le 25, traversa le champ de bataille à Cascante, et arriva le 27 à Malien , où il fut rejoint par le général Colbert, qui lui ramenait sa cavalerie. Voilà comment la combinaison de l'Empereur n'amena pas tous les résultats qu'on pouvait en attendre.

Toutefois, la victoire de Tudela était importante: trente pièces de canon, 3,000 prisonniers, en étaient les trophées; la perte de l'ennemi pouvait s'évaluera 8 ou 10,000 hommes.

Si, dans l'Est comme dans l'Ouest, la destruction des armées espagnoles n'avait pas été complète, elles avaient été toutefois partout mises en déroute et dispersées, et désormais l'Empereur, sans inquiétude pour ses flancs, pouvait marcher sur Madrid. On sait quelle importance il mettait à s'emparer des capitales, calculant, en cela comme en tout, l'influence morale, qu'il considérait souvent, et avec raison, comme supérieure à la force

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