‹ Le Général BoulangerChapitre 35 sur 52 · L'ÉLECTION DE LA SEINE · texte numérisé non relu

L'ÉLECTION DE LA SEINE

Le général Boulanger a vu naître la présente année au milieu de ses amis, chez M. Laguerre qui avait donné en son honneur, le 31 décembre, un dîner suivi d'une soirée.

Tous les boulangistes connus étaient là, tous moins un, Paul Déroulède, qui, aussi bon fils que bon citoyen, ne manque jamais d'être auprès de sa mère entre le 31 décembre et le l'^'" janvier.

Il est minuit moins cinq. La charmante M""^ Laguerre prend le général par le bras et l'amène au milieu du grand salon. On fait cercle. M. Laguerre vient se mettre devant son hôte et, de sa voix si déhcieusement chaude :

— Mon général, dit-il pendant que minuit sonne, l'année qui s'ouvre à cet instant précis est grosse d'événements. Au nom de tous ceux qui sont ici, je fais des vœux pour l'élection du prochain candidat de Paris, pour le triomphe du chef du parti national.

Puis il excuse Déroulède, il offre au général, de la part de la Ligue des Patriotes, une canne de ligueur.

Et chacun individuellement de présenter ses vœux.

Et les mains se serrent. Et les verres se choquent. Et on n'entend parler que du succès prochain.

Trois jours après, le Journal officiel publiait le décret convoquant, pour le 27 janvier, les électeurs de la Seine. Nous voici donc en période électorale.

A vrai dire, elle s'ouvre assez paisiblement. On ne connaît encore de façon certaine qu'un seul candidat, le plus en vue, celui contre lequel seront ligués les autres, le général Boulanger, qui a fait afficher dans la nuit la profession de foi qui suit :

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