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LE 18 MARS

jamais trouvé un qui ait osé se vanter d'avoir voté pour Boulanger. (En voilà, une preuve !) Il faut espérer qu'aux élections d'octobre , Montmartre prendra sa revanche. »

Après des paroles à peu près aussi remarquables du citoyen Lavy, conseiller municipal, et des cris de « Vive la Commune », la soirée se termine par des chansons de Jules Jouy, Marcel Legay, etc.

Quatre cents autres jotrrinistes s'étaient donné rendez-vous à la salle Guisart, rue des Ecuries-Saint-Germain.

Là encore, M, Faillet, non moins conseiller municipal que M. Lavy, a passé le temps, sous prétexte de 18 mars, à attaquer le boulangisme. Faut-il que celuici soit déjà fort pour résister à de tels ennemis?

— Nous sommes, prétend-il, en présence de deux, partis qui n'ont qu'un même but : écraser la petite bourgeoisie, l'un pour nous ramener au principe monarchique, l'autre pour continuer à se remplir le ventre comme il l'a fait depuis 1870.

Allons maintenant au lac Saint-Fargeau.

Il y a un mois, on y donnait un banquet boulangiste. La place manquait. Le 18 mars, on y célébrait, en mangeant, le sinistre mardi-gras. Il y avait à peine 400 personnes.

M. Vaillant pourtant présidait.

Là où se trouve Vaillant, il faut qu'il parle. Selon lui :

« Les vrais révolutionnaires doivent profiter de la situation faite par la lutte des bourgeois entre eux pour passer au travers. Il y a à mettre dans le même sac boulangistes, royalistes, opportunistes, etc.

Les députés Planteau, Gamélinat, etc., ont développé le même thème.

Pour tous, le général Boulanger est ouvertement l'ennemi, mais il est bien évident qu'ils délestent encore plus que lui MM. Clemenceau, Gonstans, etc.

Entre le gouvernement actuel et celui que promet le général , les blanquistes n'hésiteraient pas longtemps.

A la même heure, se réunissent au restaurant Bonvalet, les autonomistes-radicaux-socialistes du deuxième arrondissement.

M. Naquet explique qu'il a failli ne pas venir par suite d'une erreur.

« Je ne me le serais point pardonné, dit-il, car, parle temps qui court, on ne sait jamais ce que demain apportera et puisque aujourd'hui je suis encore libre, il faut au moins en profiter. »

Il blâme les poursuites qu'a subies le petit clergé. Au lieu d'attaquer franchement le clergé; on s'est borné à de mesquines tracasseries : on a supprimé les traitements de pauvres diables de curés qui n'en pouvaient mais, pendant que nos gouvernants s'engraissaient avec d'innombrables pots-de-vins.

Mais la France ne sera plus longtemps la proie de ceux qui, aujourd'hui, la dévorent. Avant six mois, le parlementarisme aura vécu et nous pourrons élever sur ses ruines une République vraiment honnête, vraiment démocratique.

M. Laisant prend ensuite la parole. « On voit présentement en France, dit-il, cette chose étrange : les honnêtes gens poursuivis par les voleurs. »

Puis, successivement, MM. Vergol.i, de Susini, de

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