‹ Le général Boulanger et la conspiration monarchiqueChapitre 12 sur 24 · TI · texte numérisé non relu

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1^ CtX^iU. BOCLAXGEB

ST OFFICE TELEGRAPHS.

« Cowes, 10,50 a. il,li a.

« Baron Verly,

« 7, Crown-Hill, Paddn.

ns ce soir 8 heures 43. Victoria.

iToyer voiture et faire préparer iés.

« DiLLON. »

adîs aussitôt à Âlexandra^Holel iniquai à la duchesse. M. Arthur lait d'arriver à Loadres; il se moi ainsi que sou secrétaire.

[, et nous fûmes à la gare de Vicj attendre le train ramenant en ailles Dillon el Roche, lames tous ensemble à Cravenjue je fus allé prévenir M"' d'Uzès Qte' irait lui rendre visite dans lU cours du dîner, Arthur Meyer sment sur la nécessité pour le

général de rentrer à Paris, mais Dillon ne goûta pas cette manière de voir, qui contrariait trop ses projets.

Le lendemain, le Général déclarait qu'il ne rentrerait j)as. Ce changement de front provoqua de la part de la duchesse une répartie énergique que nous ne reproduirons pas et. .. l'incident fut clos.

Jo me demandais toujours où était allé Dillon, pendant que sa famille et ses amis laltendaient à Cowes?

Nous l'avons su :

Dillon, sur des renseignements venus de je ne sais où, avait appris qu'à Jersey vivait, retiréjunhommed'unetrèsgrandeinfluence, doué d'un génie transcendant, tenant d'un chef de carbonari et d'un Général des Jésuites. Cet homme avait en mains des documents effrayants contre M. Q. de Beaurepaire.

Cet inconnu, ce demi-Dieu serait le sauveur, le salut !

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Le comte, suivi de son ombre, Georges Roche, s'était donc embarqué pour Jersey.

Il y avait trouvé YBomme en question, lui avait arraché la promesse de venir à Londres avec ses précieux documents voir le Général et Rochefort.

Puis il avait repris le bateau suivant pour rentrer à Gowes, La mer était démontée ; Dillon et Roche durent se faire attacher sur le pont tellement la tempête battait son plein.

C'était sans doute les représailles de cette vieille Manche sur T Empereur d'Allemagne et sa suite qu'il lui fallait porter et voir acclamer !

Le Comte assista à son arrivée à Cowes, à la grande revue navale organisée en l'honneur de Guillaume II, après quoi il retourna à Londres ainsi que nous l'avons dit plus haut.

Le jour suivant, il me fit de très bonne heure prier de passer chez lui. Je m'ha-

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billai à la hâte et le trouvai dans son salon tout botté, éperonné, prêt à partir pour la promenade quotidienne.

Il me dit à brûle-pourpoint : « Mon cher ami, j'ai une mission des plus délicates et de la plus haute importance à vous confier.

Il faut partir incontinent pour Jersey ; vous y trouverez, d'après les indications que je vous donne dans la lettre ci-jointe, un certain M. Savary d'Odiardi, que vous me ramènerez ici, qu'il le veuille ou non. Je compte sur votre diplomatie pour mener cette mission à bonne fin. Prenez les voies les plus rapides, vous voyagerez ensemble, le défrayant de tout, mais sans le quitter d'une seconde, il est maladif et boiteux.

Faites vite, je vous attends au plus tôt. »

Le temps de boucler ma valise toujours prête à tout événement, et je pris le train pour Douvres, m'embarquai pour Calais; de Calais à Paris et de Paris à Granville où j arrivai à minuit. Le tout d'une traite.

Adieu! mon rfivo de visit heure et demie après mon nous reprenions, mon compj et moi, le paquebot de Soi Gaemesey et faisions voile terre.

Tout cela, on vient de le i avec une telle rapidité que j'a le temps de « faire le tour »

gnon de roule. Ce n'est qm steamer que nous fîmes plus sance. Je restai continuellei lui, il marchait difïîcilemeni besoin du secours de mon 1 temps nous surveillions la p qui devait contenir les non :

documents.

Venant de qui je sais, pour ce <

Nous devons tous les deux

....Etrefo

C'est cette scène de Ruy-

bon. Alors, deTamonrdéçu, passant subitement au chantage, il la quitta et lui écrivit des lettres où il Tavertissait qu'il était décidé à révéler à M. de R..., son fiancé, tous les secrets de leur liaison, si elle ne versait pas, en manière de dédit, quelque chose comme une centaine de mille francs, moyen-* nant lesquels Q. ... de Jatte s'engageait à garder, vis-à-vis de M. de R. .., un silence complet.

« Inquiète, mais indignée, M"^® de L....

alla trouver un de ses amis qui joue un rôle

important dans le roman, et que nous appellerons par exemple, M. Savary . Elle lui montra la correspondance comminatoire de son Alphonse et le supplia d'arranger cette honteuse affaire.

« Q... de Jatte se montra intraitable, discutant pied à pied et sou par sou la note à payer. Alors M. Savary, comme le colonel Morden de Clarisse Harlowe, lui dit en pleine figure :

qui le tient dans ses mains, et à qui il suffirait de publier une seule des lettres enfermées dans son tiroir, pour mettre à nu le magistrat dont la robe doublée d'hermine devrait être tout au plus doublée de putois.

a Voilà mon roman. Vojrons, Glouvet, quand nous y mettons-nous ?

« Henri Roghefort. »

A cette lecture M. d*Odiardi donna des signes de la plus vive inquiétude. Il était désolé, navré qu'on eût parlé de lui ; il voyait déjà sa vie en danger, sa sûreté compromise, sa liberté même entravée. Je ne pouvais guère le rassurer, ne sachant trop ce qu'il avait à redouter.

Enfin Dillon parut. Il fit assez froid accueil à M. d'Odiardi, coupa court à quelques explications que celui-ci désirait avoir et me pria de le conduire chez le général. Allons!

en route!

Nous arrivons à Portland-Place, mon « pri-

■ » est introduit chez le général. Revint même assistera l'entrevue, qui rs ne fut pas longue. On me remit une fois M. d'Odiardi, mais le général a J'ai besoin de vous; il faut que .rtiez pour Paris à onze heures. Allez •éparer, et revenez ici avant, j'aurai 3s instruclions à vous donner. »

it neufheuresun quart. Jen'eus que le sans rien savoir déplus de l'aventure ey) de confier M. d'Odiardi à Dufour, secrétaires de Dillon, et de faire mes itifs.

Lssai chez le général et partis pour

stour je trouvai à mon adressela lettre ;e:

« 8 août, Upper Philimore-Place Kensington.

Monsieur le Baron, '. à vous remercier de votre excessive de pour l'hôte du général Boulanger

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que VOUS avez bien voulu piloter contre vent et marée. Mais je ne veux pas tarder jusqu'à ce moment à vous en exprimer ma reconnaissance.

« Ma conférence s'est terminée ce matin « ex abrupto », je ne sais pourquoi. Il m*a donc été impossible de dire ma pensée entière dans une aussi courte entrevue. J'ai formulé un regret — que vous devinerez — plus qu'un regret, de la surprise qui m'était réservée en arrivant chez M. le comte Dillon et dont vous avez été témoin.

<c Je me crois un lutteur énergique et fort, personne ne m'a encore terrassé.

« Jamais je n'ai cru nécessaire ou permis d'aller au delà de Texpression de faits positifs. Il y a tant de choses à dire et à faire qu'en demeurant dans le cercle des faits on peut assurer le succès final de l'homme que nous aimons et désirons.

« Il est vrai que le Général et le Comte ignorent ce que j'ai fait et puis faire. De mon

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Je fus alors chargé par le Comte de voir M. d'Odiardi, de lui proposer un avocat pour défendre ses intérêts (les voilà encore ces fameux « intérêts publics et privés») ... de Ruy Blas ! ) et de lui remettre 750 francs dont reçu à la date du 18 août 1889.

Je ne revis plus M. d'Odiardi. Une fois à Paris, rue Galilée, je reçus de lui une deuxième et dernière lettre dont voici la teneur :

« 29 August 89 « 3, Upper, Philimore-place.

« LondoQ W.

« Monsieur le Baron,

c< J'ai envoyé à M. le comte Dillon, sur sa demande, une note que je lui ai confiée sur son honneur et sur sa loyauté, avec condition de retour de la note au cas où il déciderait de ne pas agir dans le sens de cette note. Il devait la conserver en gage de ma bonne foi, sll se décidait à agir.

« Vous m'avez fait sa voir, je veux dire vous m'avez personnellement communiqué Tin-

130 LE céNÉRAL BOULANGER

tention du Comte de m^envoyer un avocat.

Je vous informai que j'attendais son arrivée à Philimore-Place et qu'une conférence avec M. le comte Dillon serait nécessaire après que l'avocat aurait pris connaissance des documents que j'ai apportés. En eflFet l'affaire est de telle nature qu'une correspondance à ce sujet eût pu déplaire au général Boulanger et au Comte lui-même.

Vous me faites remarquer que ma recherche de l'avocat demanderait quelque temps et me dites de faire savoir au comte Dillon si je changeais d'adresse et que Tavocat me serait envoyé aussitôt trouvé. — Je vous le promis, je n'ai qu'une parole. Etant venu ici sur la foi du Général et du comte, et vous, m'ayant dit que l'avocat serait envoyé, et ma note ne m'ayant pas été retournée par M. le comte Dillon, aucun avis contraire ne m'étant parvenu.

« J'ai attendu jusqu'à ce jour. Mais il y a quinze jours que j'attends — et rien ne

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vient — toutes mes aflfaires sont en suspens, mon académie fermée et je suis obligé de vous demander de vouloir bien me faire parvenir une explication.

« Je ne puis supposer que ce que vous m'avez dit ne soit pas exact et ait pu être oublié.

tt On ne peut admettre qu'une personne que Ton a fait venir à Londres pour lui demander un service et qui quitte tout pour le rendre soit oubliée pendant quinze jours à Londres. Si un changement avait eu lieu dans les intentions du comte, il me Teût certainement fait connaître en m'envoyant la note qu'il n'eût pas eu le droit de conserver.

« Veuillez, monsieur le baron, croire à mon meilleur souvenir et à mes sentiments les plus distingués.

« Signé : E. Sa^vary d'ODiARpi. »

A cette lettre je ne pus que répondre que je n'étais au courant de rien et que je ne

que je puisse charger de celte mission. Partez pour la France, allez m'organiser ce service, je compte absolument sur vous, ne me refusez pas.

— En ce cas, mon général, je prends vos adjurations comme des ordres, j'accepte et j'obéis, mais, je vous en prie, parlez au Comte, dites vos désirs, donnez des ordres formels, sans quoi .... je ne suis pas encore parti !

Ceci se passait aux environs du 15 août.

Mes craintes étaient fondées,mes prévisions se vérifiaient. Dillon, à la nouvelle de ce que j'allais entreprendre, se mit d'abord à railler mes projets et à se rire de ma mission. Il fit tout son possible pour détourner le Général de la décision qu'il prenait, et voyant qu'il n'y réussissait pas, il tenta de me mettre en sous-ordre sous le contrôle et la direction d'un homme à lui, retarda chaque jour, sous un prétexte ou un autre, mon départ, cela malgré les ordres réitérés et pressants

solliciteurs qui, trouvant visage de bois, cognaient à la porte, croyant que le caissier élait mort subitement ou qu'il avait déjà fui en Belgique avec les fonds !

Le personnel occupé par nos services était très nombreux.

Au 1®^ étage, il était presque exclusivement recruté parmi les révoqués ;

Sous mes ordres, trois secrétaires et des agents électoraux pour la province.

Mais il fallait se meubler. C'est alors que reparut le mobilier de la défunte rue de Sèze, le mobilier de la rue Perronnet, et les fameux cartonniers verts soit disant très précieux, mais qui, à Tinstar de leurs frères de Londres dont j'ai déjà parlé, étaient absolument vierges de toute indication.

Deux voitures étaient à notre disposition :

un coupé pour le baron Dupérier et un pour moi, plus, un omnibus à deux chevaux qui nous servait pour aller à Neuilly cher-

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visionnistes de France, les priant de se mettre en rapport avec moi, dans le plus bref délai pour que je pusse leur prêter aide et assistance. Je reçus beaucoup de réponses, toutes me demandaient de Targent, pas une ne me donnait un renseignement utile !

Néanmoins je pris sur moi d'inonder les départements de toute la propagande dont je pouvais disposer en prévenant nos fidèles amis de recevoir nos imprimés, brochures, etc., etc., et de les distribuer.

Tous nos ballots expédiés furent saisis au cours de la route, ou bien restèrent en gare, le destinataire ne les ayant pas retirés; ils nous furent renvoyés après les élections!

Les mêmes fidèles amis garantis bon teint parle comité national ne se remuèrenten aucune façon, ne distribuèrent rien mais... me réclamèrent de Targent pour rappui(??) qu'ils donnaient à la cause.

Dès lors, j'étais sûr de l'insuccès et me décidai à faire mon possible pour assurer par

a Le général a trouvé cette idée excellente et vous charge de faire faire immédiatement deua^ cent mille brochures.

« Avant de commander ce travail il faut vous en tendre avec Laguerre pour obtenir un exposé net, précis, facile à lire. Le verdict, c'est-à-dire la condamnation du Sénat et de Q. doit évidemment être la partie la plus importante de ce travail.

« Je n'entre pas dans de plus amples détails, vous savez comme moi les points essentiels qui doivent ressortir pour frapper les lecteurs.

« Dites-nous ce que vous faites et recevez, mon cher ami, une bien cordiale poignée de main.

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