‹ Le général Boulanger et la conspiration monarchiqueChapitre 21 sur 24 · S8 LE GÉNÉRAL BOULANGER · texte numérisé non relu

S8 LE GÉNÉRAL BOULANGER

Dans la Drôme, un homme était tout indiqué par sa situation, son passé politique, son titre d'ancien député, c'était le marquis d'Aulan. Dès le premier moment le corps électoral se groupait autour de son nom et son triomphe était certain. Mais sous prétexte que M. d'Aulan s'était depuis quelque temps retiré de la vie politique, les royalistes, sans même le pressentir, lui décochèrent un remplaçant (!), unM.Verdet qui fut d'ailleurs, par la force des choses, obligé de retirer sa candidature le jour où le marquis d'Aulan posa officiellement la sienne.

Mais MM. les Orléanistes, envisageant la retraite de leur candidat, M. Verdet, comme une grâce qu'ils faisaient aux impérialistes, se targuèrent de cette grandeur d*âme pour obtenir une candidature unique de leur choix dans un autre département.

Sur les instances du Comité des douze, le comte Dillon rédigea la note autographe

suivante qui fut mise sous les yeux du prince Victor; elle est du 3 juillet 1889.

Note du comte Dillon

« Le marquis d'Aulan s'était retiré de la vie politique et M. Verdet fils, royaliste, avait cru pouvoir se substituer à sa place dans l'arrondissement de Nyons (Drôme).

« Un ordre de son altesse impériale a déterminé le marquis d'Aulan à rentrer en ligne et l'Union conservatrice, d'accord avec le parti du Général, à soutenir M. d'Aulan, malgré les récriminations de M. Verdet fils.

« Dans l'intérêt de l'union conservatrice dont dépend plus que jamais le salut de la France, son altesse impériale ferait bonne œuvre si elle consentait à déterminer M. Henri Chevreau à ne pas combattre' , M. Blacbère à Largentière (Ardècbe).

H M. Blacbère areadu d'émineats services à l'Union conservatrice pendant et après la campagnedu Général en Ardècbe.

LE GÊXÊRAL BOULUIGER

^râce à sa ferme et patriotique l'Union conservatrice a été prat loyalement respectée lors et pie élection du Général, par le itequi s'est séparé des Ferdi- Lambert Sainte-Croix, Pasquier

Dhevreau a, da reste, moins de succès que M. Blachère, qui a upé le premier rang de la liste iteurs alors que M. Chevreau n'a ' que le dernier, e a été trois fois préfet (!) à Lar-

lu une fois ! »

an vient de le voir, c'est chez es un éternel marché. Ils repremain gauche ce qu'ils avaient ' de la main droite. M. Verdet »nnu impossible, ils ont eu l'air sa retraite, de la mettre sur le eur esprit de conciliation, et de

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solliciter une compensation par ailleurs; M. le marquis d'Aulan a été dépossédé de son siège réellement gagné par M. Boissyd'Anglas, opportuniste et choyé par la majorité de la Chambre. M. Blachère a été élu.

L'ancien préfet (!) de Largentière, comme rappelle le comte Dillon, par erreur assurément, avait été sous-préfet de Tarrondissement trois fois, parait-il, ce qui laisse au moins à supposer qu'il a été trois fois déboulonné.

Toujours est-il que le prince Victor a donné son assentiment à ces tripotages dont son parti était victime et il a continué avec sérénité à jouer son rôle de dupe.

Voici une autre note de M. Dillon, toujours destinée à passer sous les yeux du prince Victor, elle est datée du 16 juillet.

« Pour Bruxelles »

« Gard. — Dans le Gard, Taffaire est en

bonne voie d'arrangement.

« M. Joseph Gardies, que vous désiriez pour la 2* circonscription d'Alais, a accepté l'arbitrage du Comité des Douze et se portera définitivement dans la 1" d'Alais.

« Trois circonscriptions seulement du Gard sont occupées par des royalistes.

« Calvados. — M. Desloges, député sortant, reste seul candidat à Caen. Ceci a été décidé par le Comité à Paris. M. Engerand doit donc se retirer.

« Arras. — On fera pour M. Sens ce que vous demandez. Le prier de venir ici pour s'entendre avec qui de droit à ce sujet.

« Pithiviers. — On fera pour M. Brière ce que vous demandez. Le prier également de venir ici le plus vite possible. »

A ces notes le secrétaire du prince Victor, M. Edmond- Amédée Blanc répondit par la lettre suivante :

ET LA CONSPIRAI

a Cher Mons

a Merci des renseij donnez, j'écris immé Pilhiviers.

« Quant au Gard, I quez ne pourrait abo détestable à notre p réussir il faudrait un je dirai même ridicul

« Dans ta deuxièn avons des forces tri mines où nos amis st nisés.LàM.ûardiesr< candidature teintée oi lisme échouerait inf donc de nouveau ; il tous les points de vue trois sièges qui peut

a Pour la deuxième grès local doit se réui

J^-Tfv

M. Meilhodon accepte par avance sa décision.

On ne peut que renvoyer M. de Loqueyssie et M. Gay devant cette assemblée.

« Croyez, cher Monsieur, à mes sentiments les plus distingués.

« Signe : A. Edmond Blanc. »

Voilà qui est réglé.

On colle M. Gardies dans une circonscription où son échec est assuré,après Tavoir ex* trait d'une circonscription où son triomphe était certain. Bast ! c'est toujours un impérialiste de moins ! et comme les orléanistes préfèrent la réussite d'un républicain à celle d'un de leurs alliés ils facilitent le succès de M. Desmons opportuniste dans la première d'Alais, y laissent lutter M. Gardies et délèguent un des leurs, M. de Ramel, dans la bonne deuxième circonscription et... le tour est joué, on a deux royalistes au lieu de trois conservateurs, c'est là le principal.

Quant à la deuxième de Périgueux, ce bon M. Meilhodon qui Ta emporté sur ses deux

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compétiteurs au Congrès conservateur de Périgueux, est resté sur le carreau pourvoir triompher M. Chavoix, républicain.

Et partout c'était la même chose. Le parti victorien a toujours été la bonne dupe naïve et le prince lui-môme n'a jamais jbùé en ces matières que le rôle du « Bertrand » de la fable au profit des « Ratons » de M. le comte de Paris.

Nous aurions encore de nombreux exemples à citer,mais cela nous entraînerait hors du cadre que nous nous sommes tracé ; ce qui est certain, c'est que la candeur en politique est plus qu'une faute, c'est un crime.

Le parti de TEmpire doit à cette posture émasculée la perte de son ancienne splendeur. L'effacement n'est pas de mise pour qui vise à gravir les sommets du pouvoir et l'attitude du prince et de son entourage, son humilité dans les concessions, ont, plus encore que les événements, contribué à la déchéance morale de ce parti.

intenant quelques lignes encore sur victoriens. Nous étions alors rue Chaque jour nous voyions défiler Ire cabinet les candidats de la « derlure », ceux qui « se sacrifiaient »

icherdes trous dans descîrconscripjuises d'avance aux opportunistes, -là, c'étaient des besogneux, des paubles,peuintéressantspour la plupart, erchant avant tout la manne mon- Ils devaient toucher de certaines pour les frais pressants de leur can-

atin ils avaient touché 50 ou 100 a caisse houlangiste, rue Galilée, l'après-midi ils allaient solliciter reniions à la caisse orléaniste, avenue

u'ils affrontaient les chances du ils faisaient une dépense de 50 ou ;s d'affiches-placards, faisaient pane profession de foi dans un journal.

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