A BRUXELLES
Séjour. — Visites. — Le Prince Victor et le Général. — La vérité sur Ventrevue du bois de la Cambre. — Le comité national à Bruxelles, — Les Mouchards. — L'hôtel Mengelle. — Fête de famille. — Le gouvernement belge. — Le départ décidé. — De Bruxelles à Ostende. — D'Ostende à Douvres. — De Douvres à Londres.
Me voilà donc à Bruxelles que j'avais ga- • gné, avec une simple valise, comptant n'y séjourner que quelques jours et où je demeurais cependant jusqu'au départ pour Ostende.
Arrivé le 7 avril dans la nuit, je fis aussitôt prévenir le général que je me présen-
. A mon réveil je :e et de la comtesse ifdre du général, à •me jour, à midi, .ez le chef du parti llit avec uue expan-
l'être venu me voir ■d'Urville, déclaraïQsementles mains.
l,répondis-je, l'effet n'a pas été des plus roche ce subit effa- •ons.
it mon départ sont /ivement. J'ai bien de Naquet, de Laime conseillaient ce que j'ai d'ailleurs le l'avenir me don-
Nous causâmes longuement et, à latin de notre entretien, je lui demandai s'il désirait me garder près de lui pendant son exil.
« Vous savez, lui dis-je, que je sors des rangs impérialistes et garde un respectueux et affectueux souvenir de Napoléon III et du prince Impérial, mais aimant profondément mon pays je suis aujourd'hui un partisan résolu de la République telle que la comprend votre programme.
Je puis donc rester près de vous en toute loyauté.
— Je le sais, mon ami. Puis après un silence il reprit :
— Avez-vous une bonne santé?
— Mais je crois que oui, mon général.
— En ce cas restez avec moi. Vous me serez, en effet, d'une grande utilité pour différentes missions absolument confidentielles en France et à l'étranger. J'aurai besoin d'un ami sûr, discret, au désintéressement éprouvé. En ce cas je vous remercie
i temps el qui sail , Est-ce dit?
général. Quoi qu'il Lsqu'au bout de la ;taché à votre cause, lement.
été assez long. Beau< ndaienl dans l'antiai donc et serrai la ber( Mitchell et à de Lient leur tour, de nouveaux visi- ; des quatre coins de
recteur du Gaulois, Bruxelles. Interrogé ye, il répondit en ces
16 ans lié avec le illon, j'ai tenu à vedans les circonslan-
« L'attachement que j'ai pour le général m'a également engagé à faire ce voyage.
« Ma politique est bien simple : Je ne veux laisser confisquer le général ni par les républicains ni par les Bonapartistes et j'ai tenu à ce qu'il trouve aussi, dans ces moments difïîciles, des royalistes auprès de lui. »
Hélas ! c'est bien là ce qui a perdu l'ancien ministre de la guerre ! Il n'en eut que trop de royalistes auprès de lui pour son malheur et pour celui de la République que nous rêvions.
Le déjeuner du 7 avril nous avait réunis dans l'appartement n* 32 qui servait de salle à manger. Comme convives, le général, le comte et la comtesse Dillon, Robert Milchell, Arthur Meyer et Verly ; on causa beaucoup de Paris, cela va sans dire, et surtout de l'incident Thiébaud-Rochefort.
Rochefort vint nous voir au dessert. Il apportait sa note gaie et humoristique.
28 LE GÉXÉRAL BOULANGER
Après le déjeuner je rencontrai M. de Loqueyssie qui me déclara avoir décliné Finvitation du général au déjeuner du même jour et voici les raisons qu'il m'en donna :
Avant de quitter Paris, M. de Loqueyssie avait écrit au prince Victor pour lui annoncer sa visite. De son côté le général Boulanger lui avait dit, le matin, que du moment qu'il se rendait chez le prince Victor, il ne pourrait le recevoir à Fhôtel Mengelle, car la malveillance ne manquerait pas d'exploiter à sa façon la coïncidence de ces deux visites. L'ancien directeur du Pays ne revint donc pas chez Boulanger.
On eût dit que le général prévoyait les racontars de Y Indépendance belge relatifs à la prétendue entrevue des deux exilés, dans le bois de la Cambre.
Le soir même, le journal de M. Bérardi publiait, en eflFet, avec un grand luxe de détails, le récit d'une entrevue secrète qui aurait eu lieu dans le bois de la Cambre
entre le prince Victor Napoléon et le général Boulanger. Ce journal donnait la nouvelle avec une précision mathématique, citant la minute précise où les interlocuteurs s'étaient rencontrés.
La vérité est qu'à Theure môme où, d'après V Indépendance belge, le prince Victor avait vu le général, je sortais d'un assez long entretien avec ce dernier; et, deux personnes de Marseille, MM. Fontaine et Champetier me succédaient auprès de lui avant MM. Mitchell et de Loqueyssie.
Mais V Indépendance n'en voulut pas démordre. Soit amour-propre d'auteur, soit question dé boutique, soit passion politique, ce journal maintint ses affirmations, malgré les protestations du prince Victor, et malgré la lettre ci-dessous que nous lui adressâmes :
■olester, dans votre re un récit absolude vos reporters, ■ormeiles et venant mdà vouloir accréirs.
,legénéralBoulane me recevoir de set demie; la coneue ensemble s'est heures et MM Fon- [arseifle étaient in- 1. au moment où je n a duré jusqu'au
I était assez difficile se Irouver au bois niérèt de la vérité, èlre l'unique souci erais reconnaissant
i-.^^. -^iUflf'
de vouloir bien publier cette lettre rectificative.
« Agréez, Monsieur le Directeur, l'assurance de ma considération la plus distinguée,
« Baron Verly. »
8 avril 4889.
Le général s'était, à diverses reprises, exprimé assez sévèrement sur l'attitude de ce journal et un propos dénaturé provoqua la susceptibilité de M. Bérardi, directeur de V Indépendance . Il y eut échange de témoins et, après explications, il fut reconnu que les paroles prêtées à Boulanger n'avaient pas été prononcées par lui.
Du re:îte, notre ami Bois Glavy nous donne un récit exact (qui n'a jamais été publié), sur celte entrevue du bois de la Cambre. Nous lui laissons ici la parole :
32 LE OÉNRRÀL BOCLANGER
« Dès votre arrivée à Bruxelles vous ave pu voir de quelle surveillance continue, pour ne pas employer un autre mot,les journalistes belges entouraient Thôtel Mengelle et le général; ils eussent voulu savoir à l'avance ce qu'allait faire Texilé, ce qu'il pouvait décider, pour un peu ils se seraient cachés sous son lit pour surprendre pendant son sommeil les rêves qu'il aurait pu concevoir.
Et c'est de quelques niesures prises pour échapper à celte surveillance qu'est née la fameuse légende de l'entrevue du prince Victor et du général Boulanger. Voici les faits :
Le vendredi un de nos amis politiques, chef du parti bonapartiste dans le Nord, M. Bottiaux, qui était venu saluer le proscrit à Bruxelles, s'était également rendu chez le prince Victor.
A son retour, il me parla de cette visite et me dit que le fils du prince Jérôme s'étoû-
nait que je ne fusse pas allé déposer ma carte, avenue Louise, dès mon arrivée dans la capitale du Brabant.
Le samedi matin un camarade de Paris, M. Falaize qui se trouvait à Bruxelles pour des affaires, vint me voir et me proposa une promenade au bois de la Cambre. J'acceptai avec d'autant plus de plaisir son aimable offre que je me proposai en passant par Tavenue Louise de déposer ma carte chez le prince.
Au 253 je remis le carton au valet de pied qui me pria d'attendre M. le marquis de Las Marismas de service auprès de Son Altesse.
J'entrai dans le fumoir où M. de Las Marismas ne tarda pas à venir me rejoindre.
Après avoir causé de la politique et de ce qui se passait à Thôtel Mengelle, le marquis me dit de revenir l'après-midi pour voir M. de Lavalette attendu ce jour-là et
RAL BOIXAHGER
lit avoir des comninnicaà me faire.
îdiatementau Général el ma démarche du malin, ait toute personnelle, de t M. de Las Marimas et je devais ou non aller I Lavalette estimant que fe sans leur autorisation.
isultés, ils furent d'avis in inconvénient, au conte M. de Lavalette qu'ils it à Paris pouvait être ,e différents amis de comncernant.
idi je retournai avenue mmédiatement reçu par î avec lequel j'étais en reieurs années, longue conversaliou. il ention d'aller déposer sa gelle sans s'y arrêter, ne
voulant pas s'exposer à la curiosité des reporters belges. Mais, désirant voir Dillon, M. de Lavaletle me pria de lui ménager une entrevue avec ce demie r^ soit dans un restaurant, soit au bois de la Cambre, pour causer un peu longuement avec lui et lui donner certains renseignements qu'il jugeait urgents au point de vue de la conduite à tenir vis-à-vis du gouvernement belge pour ne pas se Taliéner. « Nous sommes depuis assez longtemps en exil, ajouta- 1- il, pour avoir fait une école sérieuse et faire profiter nos amis de quelques bons et utiles conseils. »> Dès mon retour à Thôlel je communiquai cette conversation au Général et à Dillon ; ils furent d'avis qu'une entrevue entre Dillon et Lavalelte pouvait être d'un intérêt supérieur. Le comte me pria de prévenir M. de Lavalette qu'on se réunirait le lendemain matin, à dix heures, à la laiterie du bois do la Cambre et me chargea de prendre les mesures nécessaires.
recleur de l'hôtel, est ■li de l'Ecole centrale; ,près avoir longtemps i Bruxelles au milieu riger l'important éla- ' ses parenis. Il était rai qui le traitait en dait-on souvent cona mission dont j'étais retenir une voiture lel.
t-il, mais, pour dépisi entrer la voiture par la la cour et vous sornême façon.
it cause de tout ; le ! sais quoi et la suite L jusqu'où peut aller
ame convenu, je préavalette, je reconnus et revins à l'hôtel.
A peine de retour Mengelle vint dans ma chambre et me dit : « Depuis votre départ, j'ai réfléchi à une chose, la laiterie de la Cambre tout en étant dirigée par Artus est commanditée par Roland, président de la Chambre de commerce française, un opportuniste enragé, qui pourrait s'y trouver demain matin, il est préférable que vous ne le rencontriez pas, allez donc au pré , Catelan qui est un peu plus avant dans le bois et tenue par une brave femme toute dévouée au prince Victor ». J'informai Dillon de ce changement et ne pus rencontrer M. de Lavalette pour lui donner cet avis ; dans la soirée il, fut convenu avec le comte que nous partirions plus tôt de façon à être arrivés les premiers à l'entrée du bois pour prévenir le marquis du nouveau rendezvous.
Dillon qui professait une sainte horreur
pour tout ce qui s'accomplissait simplement
et semblait prendre un malin plaisir à com-
38 i^ BiNiRAL
pliquer toute chose, me donna ses dernières instructions.
Je devais quitter l'hôtel à neuf heures du matin, dans le coupé du loueur, par la porte de derrière, et attendre le comte dans la rue du Marche-aux-Herbes devant les galeries de la Reine. Lui, sortait dis minutes après par la grande porte, prenait un fiacre, se faisait conduireaux galeries Saint-Hubert par la ruederEcuyer,yentrait, traversait la galerie du Roi, sortait par la galerie de la Reine et venait me rejoindre dans le fameux coupé.
Ces ordres furent ponctuellement exécutés et de la rue du Marché-aux-Herbes nous partîmes pour le bois de la Cambre.
En passant devant l'habitation du prince Victor nous aperçûmes un coupé de louage qui stationnait attendant sans doute M. de Lavalette.
Arrivés au bois, nous fîmes arrêter la voiture à l'entrée et arpentâmes l'allée centrale guettant le coupé aperçu.
Ti^— r --■ TT-i--- . (
Ce dernier apparut bientôt, stoppa, Dillon s'y précipita aux côtés du marquis et moi je repris notre voiture pour aller rejoindre ces messieurs au pré Catelan.
Je les retrouvai quelques minutes ajfrès, assis dans le jardin de rétablissement, sous une vérandab ouverte à tous les vents. Je voulus, par discrétion, me retirer, mais ils insistèrent pour que j'assistasse à leur entretien et me firent servir ainsi qu'à eux un verre de madère.
La conversation dura une demi-heure . Tout près de nous stationnaient les deux cochers et à chaque instant de nombreux promeneurs s'attablaient sous la vérandah, heureux de venir respirer les premières effluves du printemps. Ces braves gens s'occupaient peu de nous, le contraire eût eu lieu s'il se fût agi du Général, déjà très populaire à Bruxelles et du prince Victor dont la physionomie était connue de tous.
L'entretien, qui roula tout le temps sur la
conduite à tenir vis-à-vis du gouvernement belge, se termina à dix heures et demie. — Le marquis regagna l'avenue Louise dans son coupé; Dillon et moi reprîmes notre mênle voiture. Toujours pour simplifier les choses, le comte descendit en route, boulevard du Régent, voulant regagner Thôtel à pied, moi je rentrai par la porte de derrière et réglai le cocher.
Je remis à ce digne automédon cinq francs de gratification, sur Tordre de Dillon. Je ne reçus pas de remerciement chaleureux, ^e collignon Bruxellois était vexé. De quoi, mon Dieu ? Et tout simplement de ce qu'on avait négligé de lui faire donner un verre au bois de la Cambre.
Pour une fois, les cochers belges sont portés sur la boisson, savez-vous !
De là vint tout le mal.
Tel est dans toute sa vérité le récit de la fameuse entrevue. Bois-Glavy paria môme cinq cents francs à remettre aux pauvres de
'rt:
Bruxelles avec le secrétaire de la rédaction du journal de M. Bérardi, qui déclina honteusement ce pari.
Le cocher qui avait conduit le comte Dillôn et notre confrère était d'habitude employé par rhôtel ; les reporters belges le connaissaient, ils allèrent chez son patron, lui payèrent le fameux verre si désiré et cet imbécile, trompé par les mesures de précaution prises, raconta de bonne foi le roman qui fit le tour de la presse bruxelloise et dont nous parlons plus haut.
Dernier et typique détail: le reporter de V Indépendance belge y qui fabriqua Thistoire de ce mystérieux rendez-vous, était le même qui, le 3 avril, dans la gare du Midi, adressait au général Boulanger, au nom de tous ses confrères, une allocution dans laquelle il l'assurait de leur entier dévouement.
Sur la plainte de Mengelle, le loueur avait chassé le cocher, auteur inconscient de toute cette histoire ; sur la demande expresse du
42 I^E GéNÉRAL BOULANGER
général, dont on n'a plus à louer la bonté, Mengelle dut pri^r le loueur de reprendre cet employé, qui était père de famille.
Ici se termine le récit écrit par notre ami Bois-Glavy.
Durant le séjour à Bruxelles,les sympathies publiques furent acquises à FExilé. Les Belges étaient fort respectueux ; mais, chaque jour, les nombreux Français accourus pour visiter le chef du mouvement révisionniste ne laissaient pas que d'inquiéter vivement le gouvernement opportuniste qui, de son côté, pesait le plus possible sur les ministres du roi Léopold pour provoquer une expulsion.
L'arrivée du comité national au grand com- ♦ plet mit le feu aux poudres. La plupart des membres du comité débarquaient à Bruxelles le mardi 15 avril par le rapide de minuit.
Le général envoya à la gare MM. Mouton et BoisGlavy pour les attendre. Ils descendirent à rhôlel central, déposèrent leurs bagages, et, le voyage ayant excité leur appé-
^•ïw^ - - - " ■ " ~, ^T" J"^FJ»rj
44 LE oéNéRAL BOULANGER
exagératioa dans les idées s'écria : ce sont des mouchards ! Bois-Glavy manifestant quelques doutes, il prit à témoin Laporte et Laur que ces nouveaux venus avaient voyagé par le même train qu'eux et qu,'à chaque arrêt ils avaient plongé leurs regards dans le compartiment ayant l'air d'exercer une sorte de surveillance.
Le lendemain matin eut lieu la réunion du comité, suivie du déjeuner offert par le général.
Le repas fut donAé dans une salle spéciale au rez-de-chaussée de l'hôtel Mengelle,
En sortant de table, Boulanger rencontra, dans le hall de l'hôtel, plusieurs personnes venues de Paris attendant leur réception.
Parmi ces personnes se trouvaient les trois soi-disant mouchards ; le Général s'avança directement vers eux et, au moment où M. de Susini se précipitait pour prévenir le président du comité national de la qualité qu'il supposait inhérente à ces individus, il vit
ET LA CONSPIRATION MONARCHIQrE 45
avec la plus grande stupéfaction Boulanger leur serrer à tous trois les mains et dire à Tun d'eux : « Eh ! mon cher comte, comme vous êtes aimable d'être venu me voir, vous et vos amis ! » Le cher comte était M. le comte d'Elva, qui fut à Saint-Cyr dans la compagnie commandée par le général avant la guerre, et quitta l'armée avec le grade de capitaine instructeur à Saint^Cyr un peu avant son élection comme député de la Mayenne.
Les deux autres étaient M. le vicomte Lebret et M. Bâtard, de Nantes, camarades de d'Elva, un peu plus tard candidats boulangistes, qui n'eurent pas la chance du représentant de la première circonscription de Laval.
Lorsque Boulanger sut à quelle méprise ces messieurs avaient donné lieu, il ne put s'empêcher de décocher à son ami de Susini quelques traits joyeux.
Informé des menées du gouvernement
français,* des intrigues auprès des ministres
lAL BOULA NOER
.près avoir pris conseil de quitter Bpuielles et de se Lngleterre, quoique dans amicaux avec la France, que les pressions exté- [nider, et Boulanger était arrection de son attitude idres une sécurité plus lue.
.c décidé et fixé au merise de Bruxelles et grand patriotes venus de Paris faire pour le 29 avril, ûssance du Général, une m de sympathie. Cette Lut donné le départ pour ieu le lundi 22. Ce fut imée un défilé ininteras et inconnus une avade télégrammes et des lets.
Nous nous rendîmes auprès du Général et, en lui offrant une gerbe d'œillets rouges, un de nous lui adressa quelques paroles l'assurant de notre concours dévoué et souhai-
tant sa prompte rentrée en France.
Il répondit en ces termes :
« Merci, messieurs, des paroles que vous venez de m'adresser, merci aussi de votre dévouement sur lequel je compte absolument.
« Que nous soyons ici, à Londres ou ailleurs, nous travaillerons toujours pour la France, pour la grandeur de la patrie, pour sa tranquillité à l'intérieur, pour sa dignité à Textérieur.
« Vous parlez de rentrer à Paris, soyez assurés que nous y rentrerons bientôt et la tète haute,
« Je ne veux pas et n'ai jamais voulu sortir de la légalité ; nous attendrons le triomphe de nos idées légalement, de par les élections
['ici là, VOUS comme moi, nous our assurer le succès de notre maie.
essieuTs, de vos vœux ; votre touche profondément. »
était réellement ému de ces îction que ressent plus viven proscrit.
rée, on fit les préparatifs de & de l'hôtel Meugelle fut récette note il nous semble inr nos lecteurs de répondre à n de l'auteur ou mieux, des meuses Coulisses du Boulanette élucubration scandaleuse, ic indignation de la facture de lie s'élevant à 22.000 francs, vril 1889.
ï des Coulisses sont-ils bien 1 pas avoir participé pour leur ses frais?
ZT LA CONSPIRATION MONAHGHIQU
En tous les cas, sur cette note avons vue se trouvaient toutes les des membres du Comité national, tés, les frais d'appartements du Gi M°" de Bonnemain, du comte et d tasse Dillon, de leurs gens, du Guiraud et de sa belle-sœur (î), d( Dufour,etc., de tous les visiteurs ^ Paris appelés par le Général, et d individus remplissant des foncli( liaires et dont l'indélicatesse allai se faire payer des chemises et des , sur la note commune. Ajoutez à cel de voitures, de dépêches, de limbre phone et le chiflfre ne paraîtra p bitant.
Il faut dire aussi que l'aimable gelle, dont la courtoisie pour nous ; été au-dessus de tout éloge, tenaii assez élevés; j'en sais quelque cho été le seul à Bruxelles à régler n personnellement, ne voulant pas (
\X OÉHÉHAL BOULANGER
bande des sous-ordres faméliait la caisse révisionniste en
dèle à la vérité, nous devons 9sta de la note de M. Mengelle ï le comte Dïllon négligea tou- . Pareil oubli avait été commis îstaurant Durand, et ce n'est Dstances et par mon inlermélois de juillet suivant MM. Sylâglés.
ii 24 avril, un train spécial il sur Ostende !
vâmes à neuf heures du matin ; tait sous vapeur. Sur le quai ent une foule nombreuse et attendait l'élu du 27 janvier, chef, prirent place à bord:
Dillon, Turquet, Naquet, Ver- ^y, Mouton, Vervoort, Mer- , et plusieurs de nos amis, t où le paquebot s'ébranla, la
foule se découvrit respectueusement et le général, debout sur la passerelle, répondit, en proie à la plus vive émotion, en saluant, à son tour, ces courtisans du malheur et la Belgique où bientôt il devait dormir son dernier sommeil.
Le Victoria avait à peine donné quelques tours de roue que nous nous trouva^ mes en face d'une barque de pêche à la corne de laquelle flottait, glorieusement déployé, le drapeau tricolore. Les marins placés à Tavantleur bonnet à la main, criaient : « Vive la France, vive le général Boulanger ! » C'était la Sainte-Marie des Anges de Dieppe qui se trouvait en rade d'Ostende et dont le patron et les hommes avaient tenu à honneur de saluer de leurs vivats patriotiques Tancien ministre de la guerre qui avait un moment incarné en lui l'espoir de la revanche et que les haines politiques forçaient à chercher un refuge chez V Anglais.
Le Victoria est un des meilleurs marcheurs
Le ; parti à neuf heures et déléguai de Douvres cinq heu-
remière moitié de la traver- Naquet, dès le départ s'était ne cabine pour éviter les général avait été fort gai; 'une heure, le mal de mer énormément avait eu raison
ois-Glavy me raconte une tient du général lui-môme :
orsque, lieutenant aux tiens, et à peine remis de la i avait traversé la poitrine il quitta l'Algérie pour se nchine, où à Thuan-Moï, il au deux fois son sang pour t tellement éprouvé par la 16 son tour de relève arriva ins sa patrie, il hésita et se r éviter les souffrances qu'il
■ fl!' •■-■■. .Tl«p.,i. .-- - /;.
avait endurées à Taller, il ne solliciterait pas d'entrer dans le corps des officiers détachés aux affaires indigènes. — Il faut dire qu'à cette époque le canal de Suez n'étant pas percé, la traversée de Cochinchine en France était fort longue. — Mais, son amour familial le guidait, il avait hâte de revoir la terre natale et les siens et affronta courageusement une nouvelle traversée. »
Lorsque nous arrivâmes à hauteur de Dunkerque, le capitaine vint nous prévenir que nous étions en vue des côtes de France.
Le général oublia son mal et tous, fortement émus, tête découverte, nous poussâmes le cri de a Vive la France » , saluant la mère patrie que lui seul de nous tous ne devait plus revoir !
Il semblait que la secousse qu'il venait d'éprouver eût augmenté son malaise ; aussi à l'arrivée à Douvres, Bois-Glavy dut-il le prévenir d'avoir à réagir parce que de
LE GÉNÉRAL BOULANGBR
breux Anglais apparaissaient sur le
1 même temps, du Victoria partait un I de canon; c'était le salut au drapeau sais, hissé en ce moment au grand mât avire, cérémonie qui n'ajamais lieu que ' les souverains.
)tte apparition inattendue de nos couî nationales, à l'arrivée en exil, dans un ; si différent du nôtre et comme langue ■mme mœurs.ne nous laissa pas indiffé- 3. Mais le bateau rangeait le quai et les de ; " Vive Boulanger, « en montrant ympalhies qu'on ressentait pour notre , nous firent oublier l'émoi passé.
ne demi-beure après, les voyageurs taient dans le train et, à trois beures Lze, nous entrions en gare de Charings par un brouillard des plus épais !
1 cour de la gare était encombrée de de; les Londoniens acclamèrent legénémalgré une contre-manifestation orga-
|(ilW«",ai,>iVr.^i
nîsée par un agent du gouvernement français, un ancien communard, nommé Pilotel.
Des voitures nous déposèrent à V Hôtel Bristol y dans Pîccadilly . Le générai, brisé de fatigue, gagna les appartements qui lui étaient réservés au rez-de-chaussée et se mil aussitôt au travail après avoir fait rigoureusement consigner sa porte.
Les trois semaines passées à Bruxelles avaient été une halte plutôt qu'une période active. C'était un continuel échange de lettres, de démarches, d'adresses, vraie navette entre Paris et THôtel Mengelle. On se tâtait, on cherchait une ligne à prendre.
Le parti royaliste commençait à dresser ses batteries et à accaparer complètement le comte Dillon,tout en préparant ses candidatures.
Aux yeux des orléanistes, le général n'était déjà plus que le nom encore populaire, la « planche savonnée » en un mot, sur laquelle ils pensaient lancer leurs amis ; ils le
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flattaient, le bernaient, espérant bien se débarrasser de lui une fois leurs rêves réalisés, et le rejeter au loin, comme un jouet qui aurait cessé de plaire.
Mon rôle personnel fut assez restreint durant cette première période. C'était une continuelle pérégrination entre Bruxelles et Paris. En quinze jours je fis dix voyages, consacrés à des missions toutes confidentielles et personnelles du général dont je ne puis et ne veux parler.
A Londres allait commencer la véritable période de lutte ; c'est là que devait aussi avoir lieu l'agonie suprême du parti.
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