‹ Le général Boulanger et la conspiration monarchiqueChapitre 5 sur 24 · A LONDRES · texte numérisé non relu

A LONDRES

Royal hoteL — Craven-Hill. — Le ministère de l'intérieur, — Les fameitx cartons de Dillon. ' — Le travail, — Laisant, — Naquet, — : Auffray. — L'organisation du Midi, — Les sous-officiers de M. Roche. — Fouille-toi ! — La correspon-dance. — Voyages à Paris et à Bruxelles.

Dès le lendemain, à notre arrivée à Londres, je m^occupai des détails de notre installation. Le comte Dillon aurait souhaité de m'àccaparer, trouvant que j'étais trop rhomme du général ; il me demanda à ce dernier, qui avait à cette époque une absolue confiance en son ami.

LANGKR

adres, je fus obligé 6 pour Bruxelles, ircher la comtesse ;erre et devait me econduire à Paris, je ne fis que tounemain accomparaud avait quitté m peu après le défit part à Boulanarendre auprès de is un court séjour à rtier de Hyde-Park il demeurait lui-

3 pas souvent d'acque. Il savait comis compromissions os relations furent Je n'ai jamais eu 3isîe et deson affa-

bilité ; nous étions sur un réel pied d'inti-

mité.

Mes rapports avec sa famille furent excellents, enfin, sauf cette maudite politique et quelques autres menus détails, je n'ai pas à me plaindre de mes relations avec lui.

Sans tarder, dès que Dillon eut quitté le Royal-Hotel et se fut installé à Craven-Hill, je me mis à Toeuvre, comme un chef de cabinet de ministre. Lorsque arrivèrent à Londres les caisses contenant les « fameux »

registres^ cahiers électoraux, fiches de renseignements, etc., etc., je ne me sentis pas de joie. « Enfin ! me disais-je, je vais donc connaître cette merveilleuse organisation, ce ministère de V intérieur dont parlait ChinchoUe dans le FiyarOj ces mirobolants cartonniers verts qu'il décrivait si bien. Nous allons donc travailler ! »

Je fis déballer avec une impatience et une activité fébriles, et quand tout fut rangé, épousseté, casé, je cherchai d'abord à satis-

,B GBNBBAt, Bi

itépourmo rendre bien compte

prêt.

e trouvai rien ! ! Il n'y avait

iers verts tant vantés ne conlu papierblanc ; vierges étaient ctoraux ; vierges les fiches de ts ; vierges les carnets d'adres- [upe!...

irtement do Rhône, ily avait. . .

3 mon adresse inexacte.

}artement de Saône-et-Loire lom et mon adresse inexacte.

, toujours mon nom et mon î cette fois, ut!!

ORGANISATION sc résumait en

Néant.

it dansle parti, tout le monde,

par le général, était persuadé

prêt, que chaque chose était ! je fis part de mon élonuement,

pw^ — ^^y^'^Ty"v-z

le comte m'assura que « nous allions commencer le travail. »

Alors, pendant des jours entiers, des semainesy les secrétaires du comte Dillon, MM. d'Attanoux, Lamouroux, Dufour, passèrent leur temps à regarder parla fenêtre les musiciens ambulants et les rares passants.

On ne fit rien^ on ne prépara rien !

Les semaines s'écoulaient fort rapidement, du reste, en conciliabules, en promenades matinales à cheval ; quelquefois Laisant, Auffray et Dillon s'enfermaient sous triple verrou et élaboraient le « fameux »

caîiier électoral dont nous donnons plus loin le fac-similé authentique annoté de la main du comte.

Les visiteurs se succédaient, plus nombreux et plus étranges que jamais. Tous demandaient, peu recevaient. On m'avait donné l'ennuyeuse corvée d'accueillir chacun et de promettre à tous I

62 LE G^NliRÀL BOULAI^GER

Parfois Laîsant était remplacé par Naquet dans les conseils de Craven-Hill ; œs messieurs passaient des heures entières à discuter, Dillon les écoutait distraitement, mais ne marquait au crayon bleu que les candidats imposés par M. Auffray.

Quelquefois venait un envoyé mystérieux du Petit Journal, puis aussi M. Georges Roche, député conservateur de la Charente- Inférieure. Cet excellent homme, accompagné de sa charmante femme, habitait chez Dillon et donnait sans cesse à chacun Tassurance que « Tout allait pour le mieux ! »

Il avait, prétendait-il, organisé toute la France^ sauf le Sud ! Et comme Dillon ûe jurait que par Roche, il lui avait confié Torganisation de cette région. Roche partit donc pour le pays du soleil accompagné d'un des secrétaires de Dillon, M. Lamouroux ; à eux deux ils devaient remuer ce Midi qui n'avait pas Vair de « se lever »

tout seul. Ce voyage dura bien une quinzaine

de jours. Les deux explorateurs rentrèrent à Londres avec une France complète divisée « en régions de corps d* Armée ! » Roche avait embrigadé tout ce qu'il avait trouvé de sousofficiers retraités... C'était superbe, et d'une conceptfl)n géniale, au point de vue administratif surtout.

On passa un longtemps à recopier les noms el les adresses de tous les immatriculés ; la liste en serait fastidieuse pour le lecteur et nous la conservâmes par devers nous pour Tutiliser en cas de besoin.

Quand, plus tard, je pris le service de la rue Galilée, à la permanence de province, je pensai tout naturellement à cette liste qui me serait d'un grand secours pour établir partout des correspondants actifs et disciplinés et je fis écrire à chacun d'eux une lettre pour le confirmer dans sa fonction. J'attendais un accusé de réception.

Aucune réponse ne me parvint ; et la moitié de mes lettres me fut retournée par la

ette mention : Domicile in-

ande organîsatîoa dont DllLon lur.

les rapports adressés par Veritres députés républicains ; au ttres écrites au général contelus renseignements et annotées rec indication de la suite à leur e recevait môme plus de jour- , le Gaulois et l'Autorité qui grandes entrées à Graven-Hill ils aussi le... Petit Caporal!!

présente à la mémoire la.terri- Dillon, un soir que je rentrais illes parisiennes et tout émolails que j'y avais trouvés sur ) la Haute-Cour. Ditlon me les is et... les brûla, ne voulant que sa femme lût de pareilles

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