‹ Le général BourbakiChapitre 10 sur 69 · Aujourd'hui général de division en retraite à Bayonne · texte numérisé non relu

Aujourd'hui général de division en retraite à Bayonne

pages, y était lui-même un élève immatriculé sous le numéro 2207, pendant la période de i84i à i848. La base de tout le système reposait sur le respect profond dû par le melon ' à l'ancien. En vertu de ce principe, le melon était tenu de considérer tout ancien comme son supérieur hiérarchique ; il ne pouvait lui adresser la parole sans y être autorisé et, le cas échéant, devait prendre la position du soldat sans armes, lorsqu'un ancien daignait parler à un melon, ou désirait simplement l'écouter. Toute infraction aux obligations consacrées par la tradition motivait une punition de quatre pages d'allemand ou de quatre pages de logarithmes copiées par le récalcitrant. Au i'' bataillon — celui des hommes graves — les anciens, sous le prétexte de favoriser les belles-lettres, donnaient aux melons des dissertations comme celles-ci, à raconter verbalement ou par écrit : « Faire connaître l'influence des bretelles sur la littérature française au xix* siècle », ou : « Raconter les aventures de M. Anatole », ou encore : « Faire ressortir les impressions d'un chameau rencontrant un tuyau de poêle dans le désert », etc.

Et si le melon restait inerte, sans répondre, il se voyait infliger comme pensum trois pages de logarithmes ou de Schiller. C'était le tarif habituel.

Au 2* bataillon (division des moyens) et au 3* (division des petits), la principale brimade consistait à tourner toujours dans le même sens, au parc comme dans les cours; si le melon se promenait dans un sens contraire à celui indiqué, ou s'il tournait la tête: deux pages d'allemand; cela valait cela.

Un ancien s'ennuyait-il ? vite, il lui fallait un melon pour se distraire.

I. Nom générique donné aux élèves nouveaux dans l'établissement.

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