‹ Le général BourbakiChapitre 11 sur 69 · LE COLLÈGE MILITAIRE DE LA FLECHE. II · texte numérisé non relu

LE COLLÈGE MILITAIRE DE LA FLECHE. II

— Monsieur, lui disait-il, je m'ennuie... Ma bande' est au clou (ou au peloton, ou à rinfirmerie) ; vous allez me raconter une histoire... Celle que vous voudrez.

— Parfaitement, mon officier, répondait le melon, et il entamait des récits plus fantastiques les uns que les autres, jusqu'à ce que le tambour ait donné le signal de la rentrée dans les classes ou dans les études.

La première brimade infligée à l'élève Bourbaki fut celle-ci :

Tous les jeudis on servait du petit salé au repas de midi. Ce mets était assez goûté des élèves, qui y voyaient un changement à leur nourriture habituelle. Les anciens prirent un jour ce prétexte pour décider de faire bondir, au commandement et en signe de réjouissance, tous les melons rencontrés par eux dans les cours.

Un de ces jours-là, Bourbaki fut rencontré par l'élève Ducasse (M^* 1102)*.

— Monsieur, lui dit ce dernier, bondissez trois fois en l'honneur du petit salé.

L'élève interpellé ne se le fit pas répéter deux fois et exécuta immédiatement trois sauts magnifiques que n'aurait pas désavoué Auriol, le célèbre gymnasiarque de l'époque.

Tout cela, comme on le voit, n'était pas très méchant. Les brimades donnaient une idée de la discipline, formaient les caractères.

Lorsque le jeune Bourbaki entra à La Flèche, les élèves n'y étaient pas admis, comme en 181 4, dès Tâge de huit ans révolus, pour en sortir à quinze ans et passer de là à

Page 1