LE COLLÈGE MILITAIRE DE LA FLECHE. Q
par le maréchal de camp Bam'ot', autre excellent homme, vieux soldat amputé de la jambe droite par suite de blessures reçues à la bataille de Toulouse, où il était aide de camp du maréchal Soult, duc de Dalmatie.
A cette époque, il y avait au collège royal militaire de La Flèche des universitaires dévoués ; professeurs et répétiteurs marchant d'un pas ferme dans la voie de l'enseignement des humanités et des sciences physiques et mathématiques, sous la haute impulsion d'un homme aussi distingué par son éducation que par son savoir : l'abbé d'Harcouil. Mais j'en appelle à tous les camarades de ce temps, ceux de 1826 à 1834? qui comptent encore trois représentants dans l'armée, d'Exéa (M^* 8i8)% Deligny (W^ i345)3, et Bourbaki* : hors de l'enseignement officiel, aucun bon sentiment n'était excité par les maîtres, et si les jeunes élèves avaient, au bahut préparatoire, le sentiment de l'honneur, l'amour de la patrie, le respect des traditions glorieuses, c'est que ce bagage d'idées leur venait de la famille, et c'est surtout cela qui, accumulé, réuni, fusionné, formait alors cet esprit de corps, résultat d'une même origine. Jamais un professeur ne parlait de l'empoignement du régiment qui passe, du drapeau qui claque au vent, des baïonnettes qui scintillent au soleil.
En i83o et i83i, les brimades battaient leur plein au collège royal militaire de La Flèche. Elles étaient assez anodines cependant, si nous en jugeons par le spécimen de celles que nous ont léguées la tradition et qui étaient encore en honneur dans l'établissement lorsque celui qui écrit ces