‹ Le général BourbakiChapitre 30 sur 69 · I. Le soii.4-licutenant Pierre Rotlc · texte numérisé non relu

I. Le soii.4-licutenant Pierre Rotlc

de Gamas s'en aperçut; Tépée haute, il se précipita en avant, en criant : « Au drapeau, mes enfants ! »

Un coup de feu reçu en pleine poitrine, Tarrêta en chemin. Le lieutenant-colonel Goze ' et le commandant Beaumier qui le suivait de près, arrivèrent jusqu'au drapeau ; tous les deux, tombèrent percés de coups de baïonnettes. Mais enfin, on le vit reparaître dans la main d'un autre officier français qui l'agita triomphalement.

La colonne Bourbaki se reforma autour de cet emblème et se reporta en avant. Le général, après cet acte d'audace, se replia lentement, suivi par l'ennemi, mais non serré de près, se couvrant par son feu et protégé par les deux batteries à cheval de la réserve.

Visitant plus tard ces lieux témoins de tant d'héroïsme, le général Bosquet ne put s'empêcher de dire, en voyant le sol rougi de sang, cet entassement de cadavres abandonnés tour à tour par le flux et le reflux du combat : « Quel abattoir! » Ce cri fut entendu ; il resta. Dès lors, on ne parla plus de la bat^ terie des Sacs à terre; on la nomma la batterie de F Abattoir,

A onze heures du matin, la bataille était gagnée ; mais les Anglais combattaient depuis le lever du jour.

La même gloire couronne Aima et Inkermann; ce sont cependant deux journées bien différentes. Autant la première est gracieuse et sereine , autant la seconde est sombre et violente. Il semble que ce soit sous ce double aspect, que la guerre se présente sans cesse.

Neuf jours après la bataille d'Inkermann, l'hiver inaugurait en Crimée son cruel appareil de neige et de frimas. Le

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