EXPÉDITION DE LA KABYLIE ORIENTALE. II
tières. Elle traverse tout le pays des Ithourag, laissant derrière elle un long sillage de flammes, et vient s'établir à l'extrémité de leurs montagnes, sur le pic de Tamesguida, où elle bivouaque toute la nuit, sans être inquiétée par les Kabyles.
Le 10 juillet, les trois divisions se groupent pour l'assaut des tribus formant le territoire des Iloula, des Illiten et des Idjer. La division Mac-Mahon quitte Tamesguida, descend dans la vallée d'un des affluents supérieurs du Sebaou et va bivouaquer au pied de la montagne des Iloula-ou-Malou, dont elle menace le pays par l'est.
Le II, le corps expéditionnaire se remet en marche. A quatre heures du matin, la division Mac-Mahon descend dans la vallée. Généraux et officiers sont à pied, comme les soldats. Les hommes n'emportent que leurs tentes-abris et deux jours de vivres dans leurs musettes; point de sacs. Les canons de montagne, les afifûts de fusée et leurs munitions cheminent sur des brancards portés à dos d'homme. Chevaux, mulets et bagages sont restés dans les camps, à la garde de quelques compagnies. Les longues files mouvantes de nos fantassins s'enfoncent rapidement dans la vallée ; quelques coups de canon , des coups de feu isolés ; des accents de clairon passent dans l'air et presque aussitôt trois colonnes de fumée s'élèvent droites et épaisses au-dessus de la vallée ; c'est là tout ce qui s'aperçoit de la première lutte contre les villages des Beni-Ithourag.
A travers l'éloignement et le pays tourmenté qui la cache au regard, on distingue à peine les mouvements de la division Mac-Mahon. Mais le soir, la brigade Bourbaki, tête d'avant-garde, s'avançait victorieuse à travers les premiers villages des lUoula.
Enfin, le i4 juillet, le lendemain de la soumission des
Il6 LE GÉNÉRAL BOURBAKI.
Beni-Idjer, le corps expéditionnaire était dissous et chacun de ses éléments retilrait dans ses garnisons respectives.
La division Mac-Mahon traversa le territoire des Beni- Idjer, afin de sceller l'acte de soumission à la France par une occupation armée, puis elle se dispersa sur Oran (brigade Bourbaki) et sur Alger (brigade Périgot), ses deux centres.
Le 2* zouaves rallia Oran; le bataillon du 2® étranger Sidi-bel-Abbès, et le 54* de ligne. Mascara.
La campagne était close.
Aujourd'hui, la région du Djurjura n'existe plus à l'état de nation indépendante. Toutes les tribus berbères sont domptées ; toutes reconnaissent sans réserve la domination de la France'.
C'est à la suite de cette campagne dans la Kabylie du Djuijura que Bourbaki est nommé général de division, le 12 août 1857, et mis en disponibilité. Appelé au commandement de la 2* division du camp de Châlons, le 1 1 juin i858, il en exerce le commandement jusqu'au 1 1 octobre, date de la levée du camp. De là il est placé, le 3o octobre suivant, à la tête de la 7* division militaire, à Besançon.
C'est dans cette position que le trouve la guerre d'Italie.
Nommé le 16 avril 1869 au commandement de la 3* division du IIP corps d'armée (Canrobert), il prend pour aide de camp le capitaine Leperche qui, dorénavant, va associer son existence militaire à celle d'un chef qui a été son parrain dans les circonstances que nous avons relatées dans le cha-
I. Les données de ce chapitre ont été puisées en partie dans les Récits de Kabylie d*Émile Carrey. Paris. i858. Michel Lévy, éditeurs.