‹ Le général BourbakiChapitre 40 sur 69 · APRES LA GUERRE D ITALIE. I · texte numérisé non relu

APRES LA GUERRE D ITALIE. I

une erreur, en ce qui concerne Tarmée ; les traditions glorieuses, en s'y maintenant, deviennent comme la religion pratique d'une nation ; comme un patrimoine à conserver et à agrandir ; comme un but d'émulation constant, un exemple resplendissant de lumière et de vitalité. La foi d'un peuple dans le passé lui donne confiance dans le présent, et devient la source de sa force dans l'avenir.

La croyance patriotique disparaissant, l'amour du pays s'en va à la dérive. N'oublions donc pas que l'humanité n'est que la confédération de toutes les patries, et que c'est l'amour de la patrie seule qui peut nous conduire à l'amour de l'humanité. Tous les devoirs s'enchaînent: les petits mènent aux grands. Aimons donc notre pays, et pour le mieux aimer, sachons estimer ceux qui, comme Mac-Mahon, Canrobert, Bourbaki, ont été l'honneur de la patrie française.

Nommé grand-officier de la Légion d'honneur, le 6 août rô6o, le commandant de la division de Grenoble exerce successivement les commandements suivants :

La 5* division militaire à Metz, du 19 février 1861 au i3 avril 1864.

La 2* division d'infanterie du camp de Châlons, du i5 avril 1864 au 7 septembre 1864.

La i" division d'infanterie du i*' corps d'armée, à Paris (maréchal Magnan), d'octobre i864 à décembre i865.

La i""' division d'infanterie de la garde impériale (voltigeurs et chasseurs à pied), du 16 décembre i865 au i5 juillet 1869.

Président du comité consultatif de l'infanterie, i5 octobre

Président de la commission des comités d'armes, 21 janvier 1870.

Pendant toute cette période, le capitaine Leperche, tour jours semblable à lui-même, est la cheviDe ouvrière del'étatmajor du général Bourbaki. On ne fait guère le bien qu'en préchant d'exemple; c'est là une leçon toujours bonne à rappeler. L'autorité dont a joui toute sa vie durant cet aide de camp à l'accueil glacial, mais au fond très sympathique à ses amis, venait de son intelligence autant que de sa vertu. Disons-le donc bien franchement, Leperche, homme du devoir avant tout, était l'un de ces hommes bien doués, auxquels Dieu a départi en proportion élevée l'intet ligence, l'imagination, le sentiment du devoir, la vertu, la bonté.

Élevé par une mère chrétienne, il avait conservé, au collège de la Flèche et plus tard dans l'armée, les principes droits et honnêtes qu'il avait reçus dans la famille. En Crimée, lorsque le soldat qui servait d'ordonnance à l'aumônier supérieur de l'armée expéditionnaire ' venait à manquer, soit pour une cause, soit pour une autre, Leperche, sous-lieutenant d'étatp-major attaché au 27' de ligne, servait la messe, alternant avec Paul de Molène, l'aide de camp de Canrobert, lorsque leur service, dans les tranchées ou ailleurs, leur en laissait le loisir. Ce devoir, ils l'accomplissaient l'un et l'autre sans forfanterie, par conviction. Qui oserait les en blâmer ?

En France, sous les ordres de Bourbaki, Leperche suit les mêmes traditions que celles de l'armée de Crimée. Suivons-le de près, dans son intérieur. Levé diligemment, hiver comme été, à cinq heures du matin, il était prêt pour la journée ; à Metz , il entendait la messe dans l'oratoire des pères de Saint-Clément ; à Paris, dans la chapelle de

u Le R. P. Parabère.

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