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APRÈS LA GUERRE D^IT.VLIE. I

l'École militaire. Son temps était pris ensuite pai' les travaux professionnels, les causeries entre camarades, les promenades à cheval au ban Saint-Martin ou au bois de Boulogne.

Lorsque c'était le temps, il jeûnait, cet officier qu'on voyait journellement à l'attache; Bourbaki avait en lui un collaborateur aussi dévoué que désintéressé, et avec quelle rigueur ! A le voir mener une vie aussi unie que la sienne, du même pas et du même air, nul n'aurait pu croire à son austérité.

Que de fois nous l'avons vu à Passy, en i865, écouter, le soir, les sermons d'un prédicateur en renom venant se faire entendre à l'église Notre-Dame de Passy! Il descendait de cheval dans la cour d'une des villas qui bordent la ligne de ceinture, près le château de la Muette, et se rendait à pied et en tenue à l'égUse. Il ne connaissait pas la tenue civile, ce vaillant qui, grièvement blessé en Grimée, marchait tout d'une pièce, la tête haute en refusant l'épaule gauche.

« L'uniforme militaire, me disait-il un jour, est une livrée ; soit. Mais c'est la livrée aux couleurs de la France ; elle honore celui qui la porte. Si je me mettais autrement qu'en tenue, on croirait que j'ai peur et que je fuis les responsabilités. »

Et cet officier, qui aimait sa religion au point d'en faire sa ligne de conduite habituelle, faisait dans le monde une très belle figure. Il était d'agréable compagnie, ce qui le rendait le bienvenu parmi les meilleurs, distingué aussi parce qu'il avait un état d'âme d'une hauteur soutenue, dont le secret désir était de bien faire et de monter toujours. Sa politesse pouvait se comparer à celle que demandait Fénelon à son neveu. Nul air hautain, nulle affectation, nul empressement:

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il déférait à tout le monde avec la même dignité. Il saluait et traitait bien qui que ce fût, mais en conversation courante, il se livrait à peu de gens.

Le maréchal de Mac-Mahon commandait le camp de Châlons en i864 ; il avait, sous ses ordres, trois divisions d'infanterie et une de cavalerie. Bourbaki était à la tête de la 2® division d'infanterie.

On a beaucoup écrit sur l'inutilité des camps permanents. Il faudrait pourtant s'entendre. Sous la Restauration, ils n'avaient qu'un but : mettre les princes de la dynastie régnante en contact avec les troupes. 11 n'en était pas de même sous le second Empire. Les troupes, munies de tous les accessoires de campement et sur le pied de guerre, venaient s'y exercer à tour de rôle et vivre pendant trois mois de la vie militaire en campagne. Certes les moralistes, — et il y en a dans l'armée comme ailleurs, — peuvent blâmer les fantaisies du Petit et du Grand-Mourmelon. Jusqu'à preuve du contraire, on n'a cependant rien fait de mieux depuis. Les grandes manœuvres d'automne actuelles, nécessitées par l'appel momentané des réservistes et des territoriaux, ne donneront jamais aux troupes cette instruction solide qui découle d'une vie passée en commun pendant plusieurs mois et dans un contact permanent avec les différentes armes.

La fatigue, les exercices continuels, les manœuvres d'ensemble presque quotidiennes, dans les plaines immenses de cette partie de la Champagne, sous un soleil ardent, dont l'intensité se trouve doublée par la réverbération d'un terrain blanc et crayeux, imprime au soldat ce je ne sais quoi, que possèdent seuls les corps et les hommes en expédition.

APRÈS LA GUERRE d'iTALIE.

Les distractions ne manquent pas dans cette Palestine qui pourrait s'appeler Mourmelon-le-ZrO/igr^ tout aussi bien que Mourmelon-le-Gra/irf, puisque le village n'a qu'une rue, ou chaque habitant tient un commerce essentiellement militaire.

A partir de six heures du soir, tout appartient aux troupes : fantassins, cavaliers, artilleurs s'y croisent. Il y a là toute une macédoine d'uniformes, d'épaulettes, de galons, d'aiguilettes ; depuis les épaulettes de laine, jusqu'aux épaulettes d'or à graines d'épinards étoilées. Le maréchal de Mac- Mahon et Bourbaki ne dédaignaient pas, eux-mêmes, de s'y promener, quand la soirée était belle, pour voir ce qui s'y passait, et ce qui vaut mieux, pour entamer la conversation avec les sous-officiers et soldats décorés ou médaillés, rencontrés au passage.

En i865, lorsque Bourbaki prend le commandement de la division des voltigeurs de la garde impériale, en remplacement du général de Ladmirault, nommé sous-gouverneur de l'Algérie et chef d'état-major du VII* corps d'armée, la garde impériale est en pleine réorganisation.

Pour rentrer dans les prévisions budgétaires et diminuer les dépenses de l'armée, un décret du i5 novembre i865 apporta certaines réductions dans l'armée, et entre autres, celles-ci, en ce qui concerne la garde impériale :

1° Les grenadiers et les voltigeurs furent ramenés à trois bataillons de sept compagnies, au lieu de huit ;

2° Les deux régiments de cuirassiers furent fondus en un seul de cinq escadrons ;

3** Les autres régiments de cavalerie de la garde furent réduits à cinq escadrons ;

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4* La division d'artillerie à pied de la garde fut supprimée, ainsi que deux batteries du régiment monté, la division du génie, une compagnie du train des équipages et deux compagnies du régiment de gendarmerie à pied de la garde.

Mais en compensation et pour ne pas réduire le nombre des régiments de cavalerie qui faisaient partie de la garde, les carabiniers, réduits en un seul régiment par décret du 20 décembre i865, firent partie de la garde impériale, à partir du i" janvier 1866.

Nous donnons ces renseignements à titre de documents, car c'est ainsi constituée que la garde prendra part, quatre ans plus tard, à la guerre de 1870, sous les ordres directs de Bourbaki.

Arrivé au terme de son commandement dans la garde, le général fut nommé aide de camp de l'empereur, le 7 juillet 1869. L'ordre du jour que lui consacra le maréchal Regnaud de Saint-Jean-d'Angely, au moment de son départ de la garde, est des plus élogieux.

Le voici in extenso :

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