‹ Le général BourbakiChapitre 44 sur 69 · I. Nomination du a5 décembre · texte numérisé non relu

I. Nomination du a5 décembre

l36 LE GÉNÉRAL BOURBAKI.

Le capitaine de Sancy de Parabère, des guides de la garde ; Le lieutenant Sedillot, des zouaves de la garde.

Porte-fanion :

Le maréchal des logis Frémy, des chasseurs k cheval de la garde.

Quant au corps de la garde, les commandements en étaient ainsi répartis :

Chef d^état-major : général d'Auvergne.

S ous-^hef (T état-major : colonel de Gaujal.

Officiers attachés à V état-major général ;

Chefs d'escadrons : De Stanor; Ghennevières ; Gapitaines : Pages; Guillet.

Aumônier : l'abbé Maréchal.

1" division d'infanterie :

Général commandant : général Delignt.

Aide de camp : capitaine Hulin.

Chef d'état-major : colonel Ferret.

Officiers attachés à V état-major de la division : Chef d'escadron : Fabre ; Capitaines : Multzer; Blanchet.

/" brigade : général Bringourt.

Aide de camp : capitaine Tordeux.

Bataillon de chasseurs à pied : commandant Dufaure du

Bessol ; i«' voltigeurs : colonel Dumont ; 2* voltigeurs : colonel Peychaud.

2^ brigade : général Garnier.

Aide de camp : capitaine Godard.

3* voltigeurs : colonel Lian ; 4' voltigeurs : colonel Colin.

2* division d'infamterie :

Général commandant : Picard.

Aide de camp : Capitaine Sonnois.

Chef d'état-major : colonel Balland.

Officiers attachés à Vétat-major de la division :

Chef d*escadron : Maguin ; Capitaines ; Kienlin; Guioth.

/" brigade: général Janingros.

Aide de camp : capitaine Noiret.

I" régiment de grenadiers : colonel Théologue;

Régiment de zouaves : colonel Giraud.

2^ brigade : général de Poitevin de la Croix.

Aide de camp : capitaine Delanoix.

2* régiment de grenadiers : colonel Lecointe ;

3" — — : colonel Pradîer.

Division de cavalerie :

Général Desvaux.

Aide de camp : chef d'escadron d'état-major Robert. Chef d'état-major de la division : colonel Galinier.

Officiers attachés à rétat-major de la division :

Chef d'escadron : de Villermont ; Capitaines : Delphin; Dubreton.

/" brigade : général Halna de Fretay '.

Aide de camp : capitaine Darras.

Régiment de chasseurs à cheval : colonel de Montarby ;

Régiment des guides : colonel Percin de Northumberlan.

I. Remplaçant le général du Barail, nommé divisionnaire le 23 mars 1870, et commandera, à l'armée du Rhin, la division de cavalerie du VI® corps (Canrobert).

l38 LE GÉNÉRAL BOURBAKI.

2* brigade : général de France.

Aide de camp : capitaine de Grandmaison.

Dragons de l'impératrice ; colonel Dupart; Régiment de lanciers : colonel de Latheulade.

3* brigade : général du Preuil.

Aide de carnp : capitaine Furst; Régiment de carabiniers : colonel Petit; Régiment de cuirassiers : colonel Dupressoir.

Brigade d^ artillerie :

Général PÉ de Aros.

Aide de camp : capitaine Saillanî.

Régiment d'artillerie monté : colonel de Vassoignes ;

Régiment d'artillerie k cheval ; colonel Clapier;

Escadron du train d'artillerie (2 compagnies) : chef d'escadron Guillemard;

Esicadron du train des équipages militaires (3 compagnies) : chef d'escadron Auglada,

Linulilité de la rjendarmerie à pied, comme corps de combatj est incontestable- A Paris, ce régiment ne faisait pas le service prescrit par les règlements qui régissaient cette arme^ et n'était employé que comme régiment de grenadiers. Sa mobilisation en cas de guerre était difficile, en raison du grand nombre d'hommes mariés, dont quelquesuns atteignaient Tâge de cinquante ans.

Le 26 octobre 1868, on avait supprimé deux compagnies et on discuta, à cette époque, si on ne devait pas licencier le régiment pour en verser les éléments dans la garde de Paris* Ce dernier avis finit enfin par prévaloir, et le 29 septembre 1869, le régiment de gendarmerie à pied

BOURBAKI AU DÉBUT DE LA CAMPAGNE DE FRANCE. iSg

de la garde impériale avait vécu. Son dernier chef fut le colonel Arnaud de Saint-Sauveur.

Déjà antérieurement, le i6 avril i864, V escadron des chasses de U empereur avait cessé de faire partie de la garde impériale pour être placé sous l'autorité du grand maréchal du palais, avec le titre à^ escadron de gendarmerie délite. Cet escadron a été licencié le 6 octobre 1870.

Les unités qui vont prendre part à la guerre franco-allemande sont dès lors les suivantes :

BATAII/- ESGA- COMPA- BATTE- LONS. DRONS GHIES. AIES.

Infanterie 24 » » »

Cavalerie » 3o » ))

Artillerie 5> » ^ 12

Train d'artillerie et des équipages » » 5 »

En réalité, nous allions à la dérive, car pendant que notre cavalerie d'Afrique guerroyait au Mexique, avec plus de gloire que de résultat obtenu, le gouvernement impérial avait supprimé, en i865, l\i escadrons de ligne sur 386, et dans la garde 10 escadrons sur 4o; c'était en quelque sorte le septième de l'effectif agissant de notre cavalerie qui disparaissait.

Arrêtons-nous un instant sur les têtes de colonnes.

Bourbaki est le héros légendaire que notre armée lègue à la postérité. Son existence, nous l'avons vu par ce qui précède, est une sorte de feu d'artifices d'où jaillissent des combats, des victoires, des assauts, des triomphes, des croix, des grades, des citations à l'ordre de l'armée. Ce militaire exquis, pour nous servir d'un des mots de la chanson qui lui est consacrée, fait songer à Bayard, à Dunois, à Murât ; c'est le type de la vaillance et de la crânerie.

l4o LE GÉNÉRAL BOURBAKI.

Les généraux qui commandent sous ses ordres sont dignes du chef.

Voici le beau et spirituel Deligny, — un ancien fléchoîs aussi celui-là, — que ses soldats arrachent un jour aux Arabes au milieu desquels il s'était jeté, entraîné par son bouillant courage.

Voici Picard, Tancien colonel du 91* qui, le 18 juin i855, criblé de blessures, ne voulut pas se laisser emporter, sans avoir embrassé les plis déchirés et noircis de poudre du drapeau de son régiment.

Voici Garnier, ex-commandant du 5* bataillon de chasseurs qui, bien qu'atteint de trois coups de feu, à l'assaut du 18 juin i855, avait escaladé trois fois le parapet de la batterie Gervais.

Voici encore :

Brincourt, un des héros de Puebla ;

Dumont le brave commandant du 11* bataillon de chasseurs à pied à Magenta et à Solférino.

Lecointe, qui a pris part à toutes nos victoires depuis vingt ans.

Janingros, qui a fait toutes les campagnes, a été blessé sept fois en Crimée, en Italie et au Mexique.

Il faudrait nommer presque tous les officiers de la garde et la plupart des sous-officiers et soldats, pour répartir à chacun le rôle de vaillance qui lui est dû, dans toutes les guerres soutenues par la France depuis vingt ans. Nous n*en nommerons qu'un : Melchior, sorti de l'École de Metz avec le n® I et qui, capitaine d'artillerie en Crimée, chargé de porter un ordre aux tranchées, monte à cheval, quand il pouvait y aller à pied, reçoit un obus de plein fouet qui lui emporte l'avant-bras gauche. Lui, sans s'émouvoir, continue sa route sans ralentir l'allure de son cheval, remet sa dépêche au

BOURBAKI AU DÉBUT DE LA CAMPAGNE DE FRANCE. ll^l

major de tranchée et ne se fait panser qu'en rentrant au bivouac d'où il est parti.

Bien que manchot, cet officier, qui était un écuyer hors ligne, se servait d'un bras articulé avec lequel il faisait manœuvrer le cheval le plus difficile.

La garde impériale est destinée à former la réserve générale des sept corps d'armée qui vont être dirigés sur la frontière. Presque toute l'infanterie française, — quatre-vingtseize régiments de ligne et les vingt bataillons de chasseurs à pied, — entre dans la composition de ces derniers. Depuis i8i3, la France n'avait pas mis sur pied une armée aussi formidable d'hommes, de régiments et de chevaux. Du pied de paix parlementaire, elle était passée instantanément, sans préparatifs, sans transition, au pied de guerre à outrance. Nous étions vaincus d'avance. C'était l'avis des clairvoyants : ce ne fut pas l'opinion de ceux qui nous administraient.

Cette vaste organisation comprenait les neuf dixièmes de nos bataillons actifs. Nous n'avions plus en réserve que les 35* et 42*, en garnison à Rome ; la légion, les trois bataillons d'Afrique, les 16®, 38®, 39® et 92* employés en Algérie, et les 22*, 34^, 58* et 79*, en garnison dans le Midi.

Dans la cavalerie, cette vaste organisation ne laissait libre que les spahis et cinq régiments de cavalerie légère : trois en Afrique, les i" et 9* chasseurs à cheval, et le 8* hussards; deux en France, le 7* chasseurs à cheval, dont deux escadrons étaient détachés dans les États pontificaux et le 8* de la même arme, adjoint à la division d'infanterie de Toulouse, chargée d'observer la frontière des Pyrénées.

l42 LE GÉNÉRAL BOURBAKI.

Dès le i6 juillet, le général Bourbaki donna Tordre au commandant Leperche de lui acheter deux bons chevaux, en sus de ceux qui lui étaient alloués par le règlement en temps de paix, de se munir de cartes et se pourvoir de tout le matériel nécessaire à une entrée en campagne immédiate.

Le 1 7 juillet, les régiments de cavalerie de la garde reçurent Tordre de former cinq escadrons de guerre à i3o hommes et io5 chevaux chacun. Le 6* escadron de chaque régiment et le dépôt furent transférés à Paris (École militaire).

Le 20, les deux divisions d'infanterie de la garde s'embarquèrent à la gare de Strasbourg (La Villette), à destination de Nancy, où leur campement était préparé dans la plaine de Tomblaine, entre la Meurthe et le canal de la Marne au Rhin. Elles y arrivèrent le lendemain, 21 juillet. Ce même jour, Bourbaki et son état-major particulier quittaient Paris par la gare de l'Est, pour se diriger sur Nancy et y recevoir les premières troupes.

Les deux régiments d'artillerie de la garde, forts chacun de six batteries, ainsi que l'escadron du train des équipages, s'embarquèrent à la gare de Pantin dans les journées des 21 et 22 juillet; ils arrivèrent à Nancy les 28 et 24 et campèrent, le régiment monté dans la plaine de Malzéville, sur la rive droite de la Meurthe, au nord de la ville ; le régiment à cheval, dans une prairie voisine du pont d'Essey.

Ce fut alors seulement que se fît la répartition des batteries entre les divisions d'infanterie et de cavalerie de la garde.

Le colonel Pé de Aros, nommé général de brigade, devient alors le commandant de toute l'artillerie de la garde ; il a pour chef d'état-major le colonel Melchior.

BOURBAKI AU DÉBUT DE LA CAMPAGNE DE FRANCE, l43

Sont affectés à la division des voltigeurs :

Deux batteries de 4 rayées: r* et 2* (capitaines Lyon et Belin) ;

Une batterie de mitrailleuses : la 6* (capitaine Robert).

Sont affectés à la division des grenadiers :

Deux batteries de 4 rayées : 3® et 4* (capitaines Brunel et Malcor) ;

Une batterie de mitrailleuses : la 5* (capitaine Pihan).

Ces six batteries allèrent rejoindre leur division respective au camp de Tomblaine, le 24 juillet.

Ce même jour, le régiment d'artillerie de la garde fournissait deux batteries de 4 à la division de cavalerie du général Desvaux, arrivée la veille à Nancy et qui campait aussi dans la plaine de Malzéville ; les i*' et 2* (capitaines Forqueray et Meurand).

Les quatre autres : 3*, 4*> 5* et 6*^ (capitaines Meurdra, de Lanet, Delaroze et Gai) formèrent l'artillerie de réserve de la garde, sous les ordres du colonel Clapier.

Le 25 juillet, la division Deligny partit pour Pont-à-Mousson et arriva le lendemain sous les murs de Metz par Monti- (jny, entra en ville par la porte Serpenoise et alla camper au Ban Saint-Martin.

Le 27 juillet, la 2® division d'infanterie y arriva à son tour et alla s'installer au polygone de l'île Chambière.

Le 28, la cavalerie de la garde, qui avait quitté Nancy la veille avec les six batteries à cheval, alla camper au polygone de l'île Chambière.

Toute la garde, resta à Metz, jusqu'au 4 août, pour y compléter son outillage de campagne. Pendant ces quelques jours, la cité messine ressemble à un vaste champ de mars. On ne voit dans les rues que galons d'or et galons d'argent, aiguillettes et plumets; on n'entend que le

l44 LE GÉNÉRAL BOURBAKI.

cliquetis des sabres traînant sur le pavé et le roulement des voitures. Des officiers d'état-major vont et viennent, à pied ou à cheval; les hôtels de la rue de Paris ressemblent à des casernes peuplées d'officiers. Généraux et colonels entourés d'épaulettes de toutes sortes encombrent les cafés. A l'hôtel de la préfecture, quartier-général de l'empereur, deux grenadiers de la garde en faction se promènent en long et en large. De vagues souvenirs de Waterloo hantent l'esprit des passants. La cour retentit du bruit des chevaux qui entrent et sortent. Les estafettes se suivent sans désemparer.

Le tumulte guerrier dont Metz est agité va d'une rue à une autre, du centre aux extrémités. Autour de la porte Serpenoise, tambours et clairons battent et sonnent presque continuellement. Bataillons ou régiments entrent et sortent. Sur le champ de foire, l'oreille ne perçoit que le sourd roulement des lourdes pièces d'artillerie suivies de fourgons pesants ; ce sont des milliers de voitures, au milieu desquelles des bandes de chevaux s'ébrouent.

Des rangées de tentes garnissent le flanc des collines. Quelques escadrons qui reviennent de la manœuvre font entendre leur fanfare. Partout, la fumée des cantines s'élève dans le ciel pur.

Le chassé-croisé des régiments commence dès les premiers jours du mois d'août.

Les chasseurs à pied de la garde s'embarquent le i" août à la gare de Devant-les-Ponts et se rendent à Thionville; où ils restent jusqu'au 6 août ; puis ils reviennent sur Metz par les voies ferrées et rejoignent la division Deligny au camp de Bomy, deux jours après le combat qui s'y est livré '.

Page 1