I. i4 août
BOURBAKI AU DEBUT DE LA CAMPAGNE DE FRANCE. l45
3 août. — Le camp de THe Chambière étant devenu malsain, par suite de l'encombrement des troupes, la division des grenadiers (Picard) traverse la Moselle et va s'établir sur l'autre rive, près de la Grange-aux-Dames.
4 août. — Départ de la garde pour Volmerange, en passant par Noisseville, Glatigny, les Étangs, Condé-Northen. La division Picard, précédant celle de Deligny, repasse la Moselle, traverse la ville de Metz, en sort par la porte des Allemands, et prend la route de Saarlouis. Le soir, on bivouaque à Volmerange, village situé à quatre kilomètres de la Nied française, affluent de gauche de la Sarre, et à trois kilomètres environ de Boulay. Zouaves et grenadiers bivouaquent en avant du village, dans une vaste prairie où l'artillerie a sa place marquée entre la I'* et la 2* brigade de la division de voltigeurs qui, elle, n'arrive qu'une heure après les grenadiers et campe en arrière de la division Picard. La cavalerie de la garde, partie à une heure de l'après-midi, n'arrive à Volmerange que vers huit heures du soir et bivouaque derrière l'infanterie. Les batteries de la réserve de la garde, parties de Metz à neuf heures et demie du matin, ne peuvent arriver qu'à Condé-Northen, où elles bivouaquent vers dix heures du soir.
5 août. — Bourbaki reçoit un télégramme lui annonçant la prise de Wissembourg par l'ennemi.
Ce même jour, l'état-major décide la formation de deux armées : la première, sous le commandement du maréchal Mac-Mahon, comprenant les corps Mac-Mahon, Douay et de Failly ; la seconde, sous les ordres du maréchal Bazaine, comprenant les corps Bazaine, Frossard, de Ladmirault, Canrobert et la garde impériale.
6 août. — On abandonne la direction de Boulay et on se
l46 LE GéNÉRAL BOURBAKI.
reporte sur Saint-Avold. Ordre arrivé à minuit au quartier général de Bourbaki.
Bien que le réveil ait sonné à quatre heures du matin, les troupes attendent l'ordre du départ, sac au dos, toute la matinée et une partie de l'après-midi. Elles franchissent la Nied, au village de Varisse et s'acheminent vers Courcelles- Chaussy % par une route étroite par laquelle s'échelonne toute l'infanterie de la garde, qui n'arrive à destination que vers sept heures du soir.
Les voltigeurs campent au nord du village, sur les pentes d'un mamelon, dans l'angle formé par la Nied française et la route de Metz à Mayence. La cavalerie de la garde bivouaque à l'autre extrémité de la route; les batteries qui l'accompagnent, dans les bas-fonds, non loin du cimetière, dans un lac de boue.
La division Picard, surprise par un orage épouvantable au village des Étangs, n'arrive au bivouac qu'à onze heures du soir et vient camper près de la cavalerie. Zouaves et grenadiers, dans la boue jusqu'aux genoux, allument de grands feux et attendent impatiemment la levée du jour. Au bivouac des voltigeurs, officiers et soldats s'étendent sous la tente ou dans la boue, et, lorsque l'extinction des feux est sonnée, le bruit a cessé pour faire place au clapotement de la pluie sur la toile des tentes.
Nuit du 6 au j août, — Vers deux heures du matin, la division des voltigeurs reçoit l'ordre de se tenir prête à partir pour Saint-Avold. La pluie tombe toujours; la nuit est noire; on allume quelques feux dans la boue qui s'épaissit sans cesse par le piétinement des hommes et des chevaux; on charge les voitures; on attelle les chevaux. Les