I. Souvenir» cTan officier de P armée du Rhin, p. i
le fort Saint-Julien et la ferme de Grimont. La division Deligny est placée au sud de la route de Boulay.
L'armée du Rhin a pris position dans Tordre suivant : le IIP corps est à droite, vis-à-vis de Noisseville ; le IV® corps au centre, entre Mey et Urcy ; le VI® corps à gauche entre Mey et la Moselle. Le II® corps est en deuxième ligne. La garde occupe ainsi en réserve, à la gauche du II® corps, le centre de la ligne de bataille qui est formée, à partir de la droite, par les III®, IV® et VI® corps. La réserve d'artillerie et la division de cavalerie se trouvent en réserve entre le fort SaintJulien et le bois de Grimont.
Comme à Borny, comme à Saint-Privat, la garde reste inactive toute la journée.
L'ordre d'attaquer n'ayant été donné qu'à quatre heures de l'après-midi, les Allemands ont eu tout le temps voulu pour se mettre en mesure de nous barrer le passage. La bataille commence des deux côtés par une vive canonnade. Mais la supériorité des pièces prussiennes a bientôt réduit les nôtres au silence. Les obus de l'ennemi tombent jusqu'au milieu de nos réserves. Le i®"" voltigeurs, qui s'est avancé jusqu'à Urcy, se déploie aussitôt sur la droite.
Vers six heures du soir, la canonnade devient intense sur toute la ligne; une fusillade nourrie crépite du côté de Noisseville et de Servigny que l'infanterie des III® et IV® corps attaque vigoureusement.
Vers sept heures et demie, le i®*^ voltigeurs, déployé en tirailleurs, se porte en avant; le i®*^ bataillon jusqu'au ravin de Metz ; les 2® et 3® bataillons jusqu'à la ferme de Grimont. De là, il peut voir brûler les villages de Montay, Noisseville et Servigny.
Cette bataille était un sérieux succès. Nous nous étions rendus maîtres des villages de Colombey, Montay, Noisse-
BOURBAKI AU DEBUT DE LA CAMPAGNE DE FRANCE. 2l3
ville. (( Le nerf de nos soldats, qui paraissait un peu émoussé à la suite de nos premiers revers de la campagne, s'était réveillé tout à coup et nous suivions tous avec émotion cet élan de notre infanterie qui nous rappelait de si belles pages de son héroïque passé.
« Nous espérions qu'il serait utilisé malgré la nuit... Or, le commandant en chef quitta le champ de bataille à neuf heures et rentra au pas à SainWulien ^ »
La bataille recommença le lendemain au jour (six heures du matin), malgré un brouillard très épais.
Mais cette fois l'ennemi prit l'offensive avec des troupes fraîches contre nos corps d'armée épuisés par la lutte de la veille et qui n'avaient pas été relevés.
Bazaine ordonna la retraite vers onze heures du matin.
La garde sortit alors de son inaction pour protéger ce mouvement. La 2* brigade de voltigeurs, renforcée par le bataillon de chasseurs à pied, se porta entre le fond du ravin Vantoux et la route de Sarrelouis, s'éclairant à droite vers Borny et Grigy . Onze heures du soir sonnaient lorsque la garde rentra à ses cantonnements de Plappeville, de Devant>-les- Ponts et du Ban-Saint-Martin.
La bataille de Noisseville fut la dernière tentative sérieuse de l'armée de Metz, pour rompre le cercle d'investissement de la place. Quelques jours après, le i4 septembre, on recevait enfin des nouvelles de l'armée de Châlons : Sedan, la capitulation, l'effondrement de l'Empire, la France sans armée ; on savait tout. Le général Coffinières , commandant la place, l'annonçait dans un ordre du jour, que nous nous abstenons de transcrire, ^comme inutile à notre sujet.