I. I kilogr. de sel coûtait alors 3o fr
BOURBAKI AU DEBUT DE LA CAMPAGNE DE FRANGE. 2l5
On pouvait prévoir la fin du drame que Bazaine méditait. Des bruits de capitulation circulaient déjà.
Parmi les chefs éminents qui commandaient nos corps d'armée à Metz^ Bourbaki était le plus jeune. Il n'avait alors que 54 ans. Était^il le plus ardent? Non... Canrobert, de Ladmirault, Lapasset et la plupart de nos généraux de division déploraient leur inaction, et demandaient d'en finir au plus vite par une trouée sanglante au milieu des lignes ennemies. Mais il était le commandant en chef d'une troupe d'élite décidée à percer la ligne d'investissement coûte que coûte, au moindre bruit de capitulation. Les généraux Deligny, Picard et Desvaux étaient de cet avis. Le seul moyen de couper court à ces velléités guerrières était d'éloigner Bourbaki.
Bazaine le comprit et, dès ce jour, manœuvra dans ce sens..
Le i5 septembre, Bourbaki était allé, suivant ses habitudes, visiter les avant^postes, en compagnie de son fidèle Leperche.
A son retour au camp de Plappeville, l'officier de service au quartier de l'état^major général lui remit un papier ainsi conçu et écrit au crayon tout entier de la main de Bazaine :