I. Ancien aide de camp de Clinchant
BOURBAKI DANS LES ARMiES DE PROVINCE. 233
ser des rapports directs par les commandants de corps d'armée, entre autres par le général Billot, sans passer par l'intermédiaire de son chef ^
Le gouvernement de Bordeaux écrivait à Bourbaki, le 3 1 décembre :
Je désire qu'il soit bien entendu qu'aucune décision ne doit être prise avant de m'avoir été soumise... que vous m'indiquiez chaque soir, aussitôt que la marche de la journée est terminée, les positions exactes des différents corps placés sous vos ordres, ainsi que vos projets pour le lendemain... Il faut plus que jamais coordonner vos mouvements, avoir de la suite, ne jamais marcher à l'aventure, mais savoir k toute heure où vous en êtes et ce que vous voulez faire.
Nos malheureux généraux ont donc été les souffre-douleurs de cette triste époque. On avait besoin d'eux et on semblait tout faire pour les réduire à une impuissance qu'on leur reprochait.
Dès sa première étape sur Dôle, Bourbaki reconnaît que les vivres manquent, que les provisions d'avoine pour les chevaux ne sont assurées que pour un jour et demi. Son plan est dès lors bien simple, il marchera en longeant la voie du chemin de fer de Besançon qui seule peut lui apporter les vivres dont il a besoin ; il s'avancera par la vallée de l'Oignon, entre la Saône et le Doubs ; manœuvrera sur le flanc de l'ennemi pour menacer sa ligne de retraite.
Ce plan, il l'exécuta d'abord de Chagny sur Dôle, de Chalon-sur-Saône à Dôle ; puis, le 4 janvier, en marchant sur Pesme et, le 5, sur Marnay. Il força ainsi l'ennemi à se retirer successivement de Dijon, de Gray et de Vesoul; si