n i858, comme capitaine d'état>major stagiaire
4. Promotion de Kabylie. Leperche y avait obtenu le n^ i d'entrée à Saint-Gyr.
ni té de me continuer k Saînt-Cyr, la bourse entière que j'avais k La Flèche, émit un avis défavorable. Et cependant, il connaissait parfaitement l'absence totale de fortune de ma famille; il savait que mon père était un ancien soldat de la garde impériale retraité pour blessure reçue k Tennemi, pendant la campagne de 181 3. Je n'obtins qu'une demi-bourse.
Sur ces entrefaites, mon père tomba gravement malade et les soins qui lui étaient indispensables ne permirent pas k mes parents, aux prix même des plus grandes privations, d'acquitter le montant de la demi-pension correspondant k ma première année d'étude.
J'obtins la bourse entière pour ma seconde année, sur la proposition du conseil d'administration de l'école ; mais il restait toujours k payer la demi-pension de la première.
Ce sont les cinq cents francs du prince Louis Napoléon qui m'ont permis d'exonérer mes parents du trop lourd engagement qu'ils avaient contracté pour moi.
En me notifiant l'acte de munificence 'du prince, le général Alexandre, qui commandait l'école de Saint-Gyr k cette époque, m'écrivait qu'il lui avait donné l'assurance que ce bienfait toucherait un cœur reconnaissant.
Ma présence au service du 12 juillet dernier n'a pas eu d'autre but que de prouver que je faisais toujours honneur k la parole du général Alexandre.
Veuillez agréer, etc..
Le Colonel chef d' état-major général du XIV^ corps d'armée,
Leperghe.
Cette lettre, qui fait le plus grand honneur à son auteur, se passe de commentaire.
Les polémiques de la presse n'en devinrent pas moins de plus en plus aiguës. De part et d'autre, on se battit sur le dos du chef d'état-major général; et le ministre de la guerre, écoutant les criailleries de la gauche de l'Assemblée, mit
Leperche en disponibilité par mesure de discipline. Il se soumit à rarrêt qui le frappait et alla rejoindre à Paris le général Bourbaki.
Onze mois après, le i5 mai 1880, le colonel. était replacé dans le cadre d'activité et placé à la tête du 89* régiment d'infanterie, par l'application de la loi du 20 mars 1880, sur l'état-major.
Sur ces entrefaites, le général Farre devenait ministre de la guerre ; une nouvelle disgrâce était imminente pour Bourbaki, qui fut mis dans le cadre de réserve dès qu'il eut attteint ses soixante-cinq ans, c'est-à-dire le 22 avril 1881.
Cette mesure était contraire aux précédents, à l'esprit de la loi du i3 mars 1875, dont l'article 8 est ainsi conçu :
«Peuventêtre maintenus, sans limite d'âge, dans la première section du cadre de l'état-major général et pourvus d'emplois en temps de paix jusqu'à l'âge de soixante-dix ans, les généraux de division qui, munis de lettres de commandement, auront rendu des services éminents en exerçant avec distinc^ tion, devant F ennemi, l'une des fonctions ci-après désignées :
« i** Commandant en chef d'une armée composée de plusieurs corps d'armée ;
« 2® Commandant en chef d'un corps d'armée composé de plusieurs divisions. »
Or, Bourbaki avait commandé sous Metz le corps d'armée de la garde, composé de deux divisions d'infanterie et d'une de cavalerie ; puis l'armée de l'Est, formée des XV*, XVIII*, XX* et XXIV* corps. Il était donc doublement dans les conditions de la loi. Mais que leur importait la loi, à nos puissants du jour ? En ergotant bien, on trouve toujours un point sur lequel il est permis de s'appuyer pour passer outre.
Le général Faire le comprit, et la lettre qu'il écrivit à ce sujet au général Bourbaki contient l'éloge de l'homme et, en même temps, la critique la plus sévère de la mesure qui le frappait.