UN PATRIOTE GREC
d'à-propos et de bon sens, qu'il avait conquis tous ses grades sur le champ de bataille, et que, s'il avait donné sa démission, après vingt-trois ans de bons et honorables services, ce n'était que contraint et la main forcée.
Renseignements pris, le rapporteur de la commission parlementaire faisait connaître que le pétitionnaire n'avait donné lieu jusqu'à ce jour à aucun fait répréhensible, bien que, par ses principes, il fût en opposition avec le gouvernement établi ; mais qu*il était de toute équité de prendre intérêt à sa situation malheureuse en renvoyant la pétition au Ministre de la guerre pour la suite à y donner.
Cette conclusion fiit adoptée presque à l'unanimité'.
Mais, comme toujours, le gouvernement de la Restauration ne tint aucun compte des suites favorables à donner à cette pétition. Le colonel Bourbaki resta sans emploi. Force lui fut donc de s'enrôler sous les drapeaux de l'indépendance grecque ; deux mois après, il se faisait tuer dans un combat, sous les murs d'Athènes, presque au lendemain du jour où nos troupes débarquaient sur les côtes de Morée.
Charles-Denis Bourbaki devenait donc orphelin de père, à l'âge de douze ans. Le colonel vicomte de Rumigny devint son tuteur.
Tenu à l'écart lors de la première Restauration, ce dernier, grâce à la recommandation du général Gérard, avait reconquis en 1824 le grade qu'il tenait de la main de Napoléon et était devenu aide de camp du duc d'Orléans.
Lorsque la révolution de juillet i83o porta son protecteur sur le trône, le colonel de Rumigny * en profita pour