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d'un amendement proposé par M. Lucet et qu'il fit rédiger ainsi : « Si les communications étaient interrompues entre la France et l'Algérie, le gouverneur général pourrait, en cas de guerre, déclarer toute ou une partie de l'Algérie en état de siège » ; la seconde fois, pour entretenir le Sénat de la situation de la colonie (19 mars 1878). On lui reprochait d'avoir modifié par des décrets la direction centrale des affaires de l'Algérie, et le crédit que nécessitaient ces changements lui était refusé. Chanzy fit un long exposé des ressources et des progrès de la colonie, sans ménager les détails techniques et les chiffres ; il s'attacha à justifier les mesures qu'il avait prises en montrant qu'elles n'excédaient pas ses pouvoirs et ne touchaient pas à la loi ; il n'avait en vue, disait-il, que l'intérêt du pays et la bonne expédition des affaires. Toutefois, il ne demanda pas le rétablissement du crédit et déclara qu'il attendrait la loi qui sanctionnerait les décrets.
A la réunion de la Chambre et du Sénat en Congrès pour l'élection du président de la République (30 janvier 1879), les monarchistes imaginèrent de se compter sur le nom de Chanzy et donnèrent 99 suffrages au général * . Chanzy fut vivement sur-
^ VoUDts, 713; buUetins blancs ou nuls» 43 ; M. Grévy, 563 Toix ; Chanzy, 99 ; Gambetta, 5 ; Ladmirault, 1 ; duc d'Âumale, 1 ; de Gallifet, 1.
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pris et peiné de cette manifestation inattendue de la droite. Dans le Congrès même, au milieu des conversations qui pi^écédèrent le vote, il protesta contre le zèle de ses prétendus amis, et déclara qu'il n'était pas candidat, 11 avait quitté la salle lorsque le président annonça le résultat du dépouillement' du scrutin. Mais l'intime anïi def Châùzy, M. Gailly, sénateur des Ardennes, se tourna vers la droite et dit : (( Vous avez voté pour M. le général Chanzy sans lui demander son autorisation ; si vous lui aviez demandé son conseïiteittent, il vous l'aurait refusé. » Des rumeurs se firent entendre sui' plusieurs bancs de la droite, mais ces courageuses et nobles paroles furent accueillies par de vives marques d'àpprobatiôil sur tous lefs bancs du centré et de la gauche. Le leiidemaiu, Chanzy écrivait à M. Gailly la lettre suivante qUë les journaux publièrent :
« Mon cher Gailly,
» J'étais tellement ennuyé hier du mauvais tour qu'on me jouait, sans que riéri me l'eût fait pressentir, que je suis rentré iei par le train de 5 heures 50 minutes aussitôt après avoir voté. Ce n'est que ce soir qu'un de mes officiers me fait lire dans le Journal Officiel le^ quelques paroles que vous avez prondûcées. Vous avez fait pour moi ce que je n'ai pu faire moi- môme, et vous avez dit l'exacte vérité.
» Tout à vous.
» Général CHANz-f. n