LE SÉNAT
lourd de la commander. Une nation n*est forte et respectée que si elle est capable de faire une armée sur laquelle elle compte en toute circonstance. C'est cette confiance réciproque qu'il s'agit de conserver entière et que ne pourrait qu'amoindrir la discussion à la tribune du Sénat, devant l'armée, devant le pays, de la proposition Labordëre. Quant à moi, je voterai contre la prise en considération. »
La commission du Sénat avait déjà conclu, par l'organe de son rapporteur, M. Barbey, que la proposition Labordère ne devait pas être prise en considération, car « le soldat ne peut discuter avant d'obéir ». Le général Billot, ministre de la guerre, avait affirmé que l'article additionnel réclamé par M. Labordère, serait la ruine de toute discipline, la ruine de l'armée. La parole chaude et véhémente de Chanzy acheva de convaincre le Sénat.
Chanzy ne devait plus prendre la parole dans une assemblée délibérante. Le dernier discours de ce soldat qui comptait alors 42 ans de services et 36 campagnes fut un éloge de la discipline et de la religion du drapeau.
GHANZY