MORT ET FUNÉRAILLES DE CHANZT
C'est à Châlons, au siège de son commandement du 6® corps, à ce poste de péril et d'honneur, d'où il se serait porté, le cas échéant, à la rencontre île Tennemi, que la mort a frappé le grand combattant de 1870, encore dans la plénitude de ses forces, au milieu de son labeur patriotique, pendant qu'il s'acquittait avec son zèle infatigable des devoirs de sa fonction. Un jour qu'on louait devant lui les services qu'il avait rendus au pays , il avait répondu : « Il faut penser à demain, et non pas à hier; mais je me sens vieillir, et ce demain-là se fait trop attendre. » Ce demain n'est pas venu pour lui.
Chanzy est mort dans la nuit du vendredi 5 janvier 1883. Rien ne faisait prévoir cette fin soudaine. Le général avait une santé vigoureuse et déployait une activité surprenante. La veille môme il était
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monté à cheval ; U avait passé la soirée à la préfecture de Châlons et en le voyant allègre et si dispos, aucun des assistants ne se serait douté que le général était debout pour la dernière fois. 11 rentra vers minuit à son hôtel. A sept heures du matin, sa vieille domestique vint, comme de coutume, lui por* ter le café ; elle fut surprise de Timmobilité du général, mais elle le crut endormi. Le valet de chambre arriva peu d*instants après ; il voulut réveiller son maître et cria : û mon général » à plusieurs reprises ; pris d'inquiétude, il courut chercher le docteur. Ghanzy était mort entre deux et trois heures du matin, d'un épanchement de sang au cerveau, comme était mort son père quelques années auparavant. Par une coïncidence qui rendait cette fin inattendue plus poignante encore, le général avait autour de lui ses plus chères affections ; toute sa famille était venue passer à Châlons les fêtes du nouvel an.
Le 31 décembre 1882 expirait Gambetta; le 5 janvier 1883, au moment même où il allait assister aux funérailles de Gambetta, expirait Chanzy. Â cinq jours d'intervalle, « par un de ces coups du sort qui dépassent l'entendement humain^ » les deux hommes qui personnifiaient la Défense natio-
* Ainsi s'exprimait la Gazette de VAlUmagne du nord.