‹ Le général Chanzy, 1823-1883Chapitre 28 sur 30 · SON CARACTÈRE £T SON GÉNIE · texte numérisé non relu

SON CARACTÈRE £T SON GÉNIE

troupes valeureuses a-t-elle, aux yeux de l'observateur impartial, je ne sais quoi de grand et de saisissant. On reconnaîtra toujours les talents de Frédéric-Charles et Thabileté de sa marche sur le Mans ; mais on adinirera toujours les vaincus autant et même plus que les vainqueurs; la France parlera toujours avec fierté et la postérité avec éloge de cette jeune armée de la Loire qui, selon le mot de Chanzy * , se laissait aller parfois au découragement, lorsqu'elle était aux prises avec les fatigues et les privations, mais qui savait se battre et se sacrifier pour la patrie, lorsqu'elle allait au combat sous les ordres de son indomptable général.

Chanzy n'avait pas seulement cette expérience dés troupes et cette pratique des manœuvres que possèdent la plupart des généraux. Quoiqu'il ne^foit pas aisé de savoir son métier, on peut arriver par l'habitude et le temps à faire avec promptitude la lecture du terrain, à apprécier les distances, à bien manier les trois armes* Mais Chanzy avait davantage. Nourri des principes de la stratégie et initié

* Chanzy, Loire, p. 371

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négligeant* le menu détail : tel est le rôle du général qui commande une armée, et telles sont' lèfs" qualités multiples qu'il doit avoir reçues de la nature et développées en lui par Texpérience, par la méditation, par Tétude des guerres antérieures. Tel fut aussi le rôle que sut remplir Chaiïzy, malgré les ' difficultés sans nombre d^une campagne d'hiver; telles furent les qualités qu'ir incfnti^, comme gé^néral eu chef, sur les bords de la Loire.

On nous a dit comment, tous les soirs, au quartier" général, il préparait lès opérations du lendêmairt] Après le dîner, où la situation de l'armée avait fait le sujet de Tentretien, il s'enfermait avec^son cbef^ d'état-major général et ses aides de camp, tbuâ: offlp.ciërs de grand mérite auxquels il laissait leurfrtfncfparler*.Les cartes étaient déployées devant1ui;on' lisait et discutait les dépêches et les renseignementsvenus des avant-postes de Tarmée, des francs'-tf- • réurs*, des cavaliers envoyés à* la découverte: Chanzy interrogeait et méditait' quelque tèmpsr; puis, sa résolution prise, il se levait, et, suivi de sfeâ'

*■ ChflDzy dît de ses aides de camrf [Loire, p. 636) : « Le péûéml' en chef est heureux de donner un témoignage d'estime et de reconnaissance aux officiers qui l'ont aidé da'ns sa tftche, en affit-* mant ici leur dévouement de chaque jour. >

* Le général Lewal reconnaît que les francs -tireurs de l'armée de la Loire ont contenu la cavalerie allemande et .que celle-ci a beaucoup moins bien renseigné les généraux que devant l'armée de Metz.

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