LE MANS
Le 19 décembre Chanzy arrivait au Mans. Son premier soin fut de reconstituer cette armée qjïil avait eu la douleur de voir, durant trois jours, livrée presque tout entière à reflfarement et au désordre. La gendarmerie seule tint garnison au Mans et dirigea les fuyards sur les divisions dont ils faisaient partie. L'armée, reposée, reçut les effets que l'intendance n'avait pu lui distribuer depuis le 30 novembre, durant toutes ces journées de péril et d'aventure. Malgré l'hiver exceptionnellement froid et Tencombrement des lignes du chemin de fer, on pourvut activement aux besoins les plus pressants des troupes, et peu à peu le chaos se débrouilla.
La ville du Mans est le centre de cinq voies ferrées qui rayonnent vers Paris, Cherbourg, Brest, Angers et Tours. Elle est située en grande partie
LB aÉNÉRAL CHAMZY
sur la rive gauche de la Sarthe, à Tendroit où cette mière reçoit THuisne, son principal affluent. Trois plateaux, en avant de la ville, offrent de grands avantages à la défense. Au nord s'étend, entre la Sarthe et THuisne, le plateau de Sargé. Au centre, le plateau d'Auvours, ce « poste avancé d'où Ton peut surveiller les mouvements de l'ennemi » commence à Champagne pour se terminer à Yvré-l'Evôque et domine à la fois la vallée de l'Huisne, la ligne du chemin de fer de Paris et la route dd Saint-Calais. An sud, un troîalèiiie t>lateau, moins vaste, traversé par les routes de La Fiàcke, de Tours et de Vendôme qui partent toutes trois dn âiubourg de Pontlieue, est défendu par les^ dsoK positions de la Tuilerie et du Tertre-Rouge. Ghaaqr distribua la défense de ces trois plateaux entff&tes trois corps de son armée ; Jaurès» avec le 21^ conps, occupait le plateau de Sargé ; le général de CGiÉÈab avec une' parlâe du 1*7* corps et la dîviâton de Bvdtagne commandée* par Gougeard, défendait le plateau d'Auvours; Jauréguiberry, avec le reste* dli VI* et le 16P corps, gai^dait les* hafiteurs* en atfaat de Pontlieue.
Dans cette situation, Chanzy, toajduvs Uandî^ actif, disposé ftux graadiSB eniréprises, nei perdait ni le âËfddein ni l^eispërance * de> dég^^er Paets^: Il eoHiptait'om bten^ oseir^le» MesnoBâs s^ilv'l'attÀ-
qiiaiQiiLli dan«( seS( pûsitioQs^ 4u Mans et.l^^pouih. suivre ensuite; ; ou bi^Ot. s?ila ne bougeaient p^. s!ouvrir leichiamia de Paris^, aprèa avoir solidement amwé se&4errièi^s» Dans^cetto^dernière hypothèse, ilaur^treipDuté THuisne*. et fait semblait de mer*% nao^ Cbartn^ai; puif», s9.r«}^a;U;anti sur ila .Nord, U venall; appuyep • sa gauoh^ : à. la . Seine» ver&; Mantes ^ monaoçr Yeir«aiUaâi> et combiner ses eWRK^ avec ceux de Troc^hiu.
A ce moment — ^ décembre. — . le. génëral.
TroQhi24. enifojtait pin* le ballon le^ Lavoisier un émissQiire àtChftm^y.. C!était. le capitaine^ d'étatmaj^i! da £|oi£4e^et; ca vaillant officia, que. son attachmnenfe pour la. personne de Chanzy non.moinat qu^ile. dée^ d/êtI3e^ utile au pays avait, engagé dans cette péx^lleuserayeBjfcuiiei apportait au général en cbe£ de* l!arm0e.de la Loire des communicationa; verbalesf det TMchii. Le: gouverneur de Paris mandait, oonfideuti^U^ment à.Chanzy qu'il ne réussirait paa àfalre^la trouée; qu'il était impossible d^ rompre les lignes d'investissement; quQ« lors mém6> qgfà\d^%v»»4^ socti»<n;éabou^rait pas^ sas troupes, '^méeflr à, s^x^. oa. hi^il Ueues. de. Ifai^is*. manq$Ms^. raieot absolumeOjti die munÂtLotn^. Seloa. Troabiui, Paria!neip0Ujvaitiôtra:débloqMjé.que par lasvarm^asi de la ^oymm'r ^^^ tiendrait que. juisqa'aU' 30 jsmr vies* ; maia«, d^^i Je 2Qi il capitulerait, cav les huît
440 Ll OiniRAL GHANZT
jours saivants suffiraient à peine pour assurer le ravitaillement d*une immense population.
En recevant ces nouvelles si graves, et qui, venant de Trochu, d*un compagnon d*armes, méritaient pleine créance, Ghanzy comprenait que la défense nationale devait plus que jamais consacrer toutes ses forces à la délivrance de Paris. Aussi hâtait-il fiévreusement la réorganisation de son armée ; il la « pressait par tous les moyens en son pouvoir » ; il donnait à cette tâche « toute son énergie et toute sa volonté ». Q soumettait au gouvernement le plan qu'il avait conçu. Il voulait forcer le cercle dont les Allemands avaient enveloppé la capitale par une action combinée, et, comme il disait, par le concours immédiat et énergique des trois armées qui tenaient la campagne en province, la sienne, celle de Faidherbe et celle de Bourbaki. n priait^ il conjurait la délégation de donner le même but à ceta trois armées et de les diriger dans un commun et suprême effort, chacune sur une route différente.
Tout d*abord il faisait connaître à Oambetta les révélations de Trochu dans une lettre qui résumait éloquemment la situation de Paris (23 décembre). Puis il adressait un télégramme au. ministre de la guerre et insistait sur le rôle des armées de province dans la partie décisive qui s'engageait (30 dé-
LA OUERBB iM
cembre). Enfin il envoyait à Bordeaux M. de fioisdeflire, devenu chef d'escadron et son aide-de-camp, avec des instructions précises et une troisième lettre dans laquelle il développait, franchement et sans crainte de déplaire, ses idées sur « la question des opérations à entreprendre » (2 janvier 18*71). Le moment d'agir était venu ; il était temps d'arrêter un plan définitif qui devait être rigoureusement suivi ; il était temps de chercher le succès, non plus dans des entreprises décousues, mais dans la combinaison des mouvements, dans la coopération simultanée des trois armées au môme résultat. Il fallait pousser l'armée de la Loire entre Evreux et Chartres, l'armée de Bourbaki entre Nogent-sur-Seine et Château-Thierry, l'armée de Faidherbe entre Compiègne et Beauvais ; toutes trois unissaient leurs eflbrts pour se rapprocher de Paris, de V objectif commun ; elles attaquaient les Allemands retranchés dans leurs lignes, pendant que le gouverneur de Paris faisait des sorties vigoureuses. Qu'une seule de ces « attaques extérieures » réussit ; que la ligne d'investissement fût rompue sur un seul point, et Paris était ravitaillé, l'ennemi refoulé, et, comme disait Chanzy, de nouveaux efibrts, combinés entre les armées de Tintérieur et de l'extérieur, pouvaient, dans la lutte suprême, aboutir à la délivrance. « Il me reste, ajoutait Chanzy, à indi-
U2 LE QÉNÉEAJi GOàMZT
qiier< la mardie de ranmëe que je coaunancte. IL £suit, ayec les-tiroupes ipd la compofl^it^ et eu prén seace des forces qui nous seot opposëee, mareiieir lentement^ las corps toujours prdts à combattre et aesez rapprochés les uns des aatnes pour se pfétear un mutuel appui, sans accepter les combata partiiala qpie rennemi, en. manaBuvrant, pourrait tautiei! suc un point ' de la ligno. Cest gnAce à cet ordre^ de marche et de bataille que la deuxième armée? a. pui opérer sa retraite le^ long' du Loir et sor le. Mansv* combattre, sans être entamée, successiYeœat siur les lignes de Josnes et de Vendôme* »
Quatre* jours après (6 janvier ISTl) le comman-> dant de Boiadeffire revenaii au MasA avec la v6^ ponse de* Garabetta. lie ministre refusait de fakie mascher Bourbaki snr Châtiilon et Bar-sur-Seina; il faUiait auparavant dégager Bslfort ; mai6,. cetle^ place débloquée, Bourbaki se retounnerait vers. Paris.. Cbanzy fui effrajréi II voyait à l'avance lea danKgers de cette diversion dans^ l'Est qui devait aboutir . à la. plus épouvantable des. cata3tropbe&. Il mettait à bu. tout ce que^ cette. campagne avaiJ) d'avealmareux. . Entreprendrai une^ ai vaste opératJiHè auphisfortde l'hiTearv avec des troupest novices^ dans un pays de* montagnes, par,' les- neigea et ian, pluie I Maisv avant tout; il s'agissait de. faire surt Paris un rapide et dernier. âiB)rt. Tcoidtu disailt
quUIi était; urgent âa^ le délivrer' et que la. ville^ m pouvait tenir qmâjvua^qu'au 20 janyi^r. Lors marna qm V expédition de Bourbalu ^msÀt une heureuse iasuB» elle ne pi!é&en£ait la réussite qu'à trop lon§fue éaMcmoe et n'ofBpait pafi uo, «, résultat ijnmé<}j^ peur Pâma».
Chana}( faisait valoii? cee. objtectpioEfi», daas une dé^ pôche-ebbiffirée q^'il^ se< hâtait d/envc^er au gou^er^ nementv a. Ces< conaîdéirations puissantes, disait-il), me font toujours: insister peur radoption et Texécution à bref déiat du plan, que je vous ai proposé. » IMais le ministre de la guerre^ répliqjoa que le plw de; la campagne de> UEst était le meilleur p^]?ce qu'il défflorâlisesaiit le plus l'armée allemande. Lee ordres étaient fbi^els, écrit Gbaney, et le mour vement simultané sue Paris devenait inexécutable, yarm^e de la Loire a^avait plue d/antre devoir à Qemplir envers la patrie que de se^fi^rtiâer solid(»r menti ^mt ses* p^Nsiliena; du. Mans powr y recevoir Venafimi. ' .
Id^iâ. tout en gardant une attitude expactante,
* Chanzt, Loire, p. 234-255.
144 LB OiMiKAL GHANZT
Chanzy ne voulait pas rester au repos. Il n*était pas homme à limiter le champ de ses opérations, à s'immobiliser autour d'une place, sous le prétexte d'attendre l'adversaire ; ses pensées allaient au-delà. Après avoir donné quelque repos à l'armée dans ses nouveaux cantonnements, il la tenait en haleine; il envoyait au loin, sur le cours supérieur de l'Huisne et jusqu*aux rives du Loir, aux portes de Vendôme, des détachements prouver que, « malgré ses retraites, la deuxième armée pouvait encore inquiéter les Allemands et leur tenir tête. » A Orléans, sous les ordres de d'Aurelle, il avait instamment réclamé l'occupation de points faciles à défendre et qu^il ne fallait pas livrer à l'ennemi, sans les disputer avec obstination. A cette heure où il commandait en chef, il poussait à de grandes distances des escadrons de cavalerie légère, des troupes de francs-tireurs, des colonnes mobiles qui fouillaient la contrée, soutenaient contre l'ennemi de chauds engagements, retardaient l'investissement du Mans , empêchaient ces réquisitions que les Allemands faisaient dans les villes et les villages et que Chanzy regardait comme un afftront pour l'armée ^ . Tout en attendant l'adversaire dans ses défenses du Mans, il ne demeurait donc pas inac-
* Chanzt, Loiret p. 267, 346.
LA OUBRRB 115
tif et donnait partout et sans cesse des coups de gritre.
Une de ces colonnes mobiles commandée par le général Rousseau était chargée de s^avancer sur Nogent-le-Rotrouet de nettoyer la vallée dePHuisne. Une deuxième sous les ordres du général de Jouffroy devait marcher sur Château-Renault, menacer les deux rives du Loir, et s'il était possible, déloger Tennemi de Vendôme. Une troisième colonne, tout récemment mise à la disposition de Chanzy et dirigée par le général de Curten, venait de Poitiers appuyer les mouvements de Jouffroy et, renforcée de quelques troupes du 16« corps, surveiller la marche des Allemands dans la vallée de la Loire. Tous ces corps battaient le pays dans le vaste rayon du Mans, couvraient les voies ferrées, inquiétaient ou coupaient les communications des ennemis.
Les mouvements des colonnes mobiles commencèrent en môme temps. Le général Rousseau, flanqué à droite par Cathelineau et à gauche par Lipowski, enlevait dans la vallée de THuisne le village de Courtalain et s'établissait à Nogent-le- Rotrou. Le général de Jouffroy refoulait à Saint- Quentin une forte colonne d'infanterie prussienne, livrait les combats de Belair, de Courtiras, de Danzé et faisait une vigoureuse démonstration sur
446 UE OÉHÉRAL GHANZT
Vendôme, pendasrt que le eoloMl Qtmemmâ, le gown des éclaireurs algériens, poussait . une pointe audacieuse au^elà du Loir, jusqa'â Yareones. Le général de Curten emportait, après un briUaflt (KMtnbat à la baïonnette, le village «de YiUetUmi et occupait Saint *Amand ; plus à droite, le génémd Barry, demeuré vers Jupilles et Cbahaignes avec les troupes qui lui restaient, gardait les passages du Loir. Toutes ces opérations d'avant-postes- «Ôtaieftt menées avec c< beaucoup d'élan » dans les derûiers jours de décembre et la première senaaine de janvier.
Mais bientôt les masses allemandes se montrâSesnt plus nombreuses. Ce n'étaient plus de simples reçoitnaissances ou des colonnes détachées du X« -corps prussien. C'étaient des forces considérables soutenues d'une formidable artillerie; c'était r^iraiéeide !Prédéric^Charles qui s'engageait tout eotière ieit marcbait contre les divisions Joufliroy, Cupten et Barry, pendant que 'le grand-duc «de Meckl^»boitrg attaquait le général Rousseau à Nogent-le-Rotrcm ; c^étaient 58,09T fantassins 'et 16,86© cavaliers, appuyés par 3^ pièces de canon, qui se mettaient
on iiioimifivnt pour ^en «fliiiràvoe l^mée de la JLoiFe*.
eientôt le. général de Jaufiroy qui faisait tilke souve^le di^erâion sur Vendôme pour â^ager le général ^ €urten, battait an retn^iite derrière la Araje, «nr Satet-GaMs, après avoir «combattu à Ma^tugë et aux Roclies. Curten "était assailli à ¥ilieGiiàuTe. Barry *aibasidonnait ses positions siir lès rives du Loir. La sitoatioa s'aggravait et s^assostfarissait d'heure en heure. Chanzy, alareié, enviDiya âur>le^8àamp l'amiral Jauréguiberry à €liâteau-duiiOiripour conjurer Je péril <{uigrandissaitv|i!reiidre te' ; offiftnwanAenaeM des trôois colonoes Jouâroy, CcMen et Barry et les rainener sans encombre sur les lignes du Mans.
. . L'amvéë<)e Jauréguiiberry rétablit l'oinité d'actk^n ftndèipeHSâ^Lej L^amiral prit «de sa main vi^ureuse lai direction <de oette Mte qui s'éparpillait em efforts •stériles. La retraite se fit lentement, non sans^ies idïocs répétés, non sans de vifs combats, livrés à tout instant, sur ce sol accidenté du Per^e, au milÂeu des haies, des taillis et des chemins creux, par Barry à Ruillé et à Chahaignes, par Jouffroy à
^ Armée ée Frédéric - Qwrles : IIP corps (A.lventlebeo], IX^ corps (Maastein), X° corps (Voigts-Rhetz), et 3 divisions de oavelerie; année du grand-duc de'MtMtideiiboarg : XIII* corps et 2 divisions de cavalerie.
448 LB OtoÉRAL CHANZT
Vancé et à Brives. Cependant le général Rousseau, que Jaurès rejoignait avec quelques troupe du 21* corps, se repliait sur le Mans, tout en luttant contre les forces supérieures du grand-duc, à la Fourche, au Theil, à Thorigné, à Connerré.
Ces combats, soutenus sans interruption, fatiguaient les Allemands. Us n'avançaient que peu à peu; eux-mêmes reconnaissaient que l'ennemi savait habilement se défendre dans ce pays « découpé et couvert », plein de buissons, de fourrés et d'obstacles de toutes sortes * . C^était une guerre de partisans que faisaient les colonnes françaises. On attendait que le brouillard du matin se fût dissipé, et, toute l'après-midi, on se battait; mais on était en janvier et la nuit arrivait assez vite pour empêcher l'assaillant de profiter pleinement de ses avantages : dès que tombait l'obscurité, les Français se dérobaient à l'adversaire, et la cavalerie allemande, devenant inutile, ne pouvait rendre fructueux le succès de la journée. Les Allemands avouent que cette période de la campagne leur coûta les efforts les plus pénibles, et que d'autres troupes n*auraient
* « Das Vorrûcken wurde ein hôchst langaames und sehr beschwerliches. > (von Kleist, Diê &efeektêtage von Le Mans, p. 49, 50). Le mÔme officier dit que le terrain rappelait aux vieux aoldats les champtf de bataille du Sleswig, avec cette différeoce ^e les Françair étaient mieux armés que les Danois.
LA aUBRRB 449
pas sufâ à la tâche. On ne pouvait, disent-ils, employer contre cette énergique défense que des troupes d'élite ayant l'expérience de la guerre * .
M. von der Goltz a raconté d'une façon saisissante cette lutte incessante des premiers jours de janvier. Il faut lire son livre pour connaître la belle résistance de nos soldats qui se faisaient un abri du moindre obstacle et ne reculaient que pour se mettre à couvert et tirer encore. Le major prussien décrit en traits expressifs, avec la vérité frappante du témoin oculaire, ces marches lentes et difficiles de Tinfanterie allemande, contrainte de se frayer un chemin dans la neige, parmi les vignes, les vergers, les jardins enclos de murailles, sans voir les Français qui refusaient tout combat à Tarme blanche et ne trahissaient leur présence que par la fumée de leur fusil. Il retrace ces nuits glaciales que les Allemands passaient autour d'un pauvre feu de bivouac, sur le qui-vive et dans les transes'.
Cette lutte s'était malheureusement engagée sur une trop longue ligne (plus de dix-huit lieues) ; les généraux qui la soutenaient n'avaient pas assez com-
^ Voir le Contertaiùmtîeaneon, 1883, article deutiek-frantt. Kritg, p. 197, col. 2 : nur kriegsgewohnie Kerntruppên.
* Von dbr Gqltz, dû Sieb^n Ta§$ tor Le Mans; V Etat-major aUmand, IV, p. 777, 778. Ll Faurv, II, p. 354, 355.
LB eÉiftKÂl. CBâSZT .
" moaveiMBts, el « l'os sentait trop ta dif- < à manœarrer des doux années * » .
Toy, Barry ramenèrml leurs eo~ Uana. Hais Curten, le plus éloigné ■ejoindre A temps le quartier géAé~ mr la FKche, et n'assista pas A la aoTier. Ce fat nn malhenr pour ïire ; l'absence de cette division la B noDlH« de combattants agn^rt^, « kt Toilerie qoe Chanzy touIM m M occupée par les mobîGsés ânéral en chef > croyait atorg sae et sérieuse », mais qù ttchèrent
nnmnî s'approchait du Mans. I.eS' ses se i-etiraient devant lui, san»
tamer, et se défendaient de position s une Tigneur remarquable. Mais sîeBt un mouvement rétrograde, et allemandes s'avançaient, quoique tr toutes les rtrates, par celles de
Saint-Calais, de Veïiddme et de Tours, soas le prince FrédérioCharleâ, par la vallée de FHuisne, sous le grand-duc de Mecklenbotirg.
Tout faisait prévoir ufae attaque générale des ennemis. Chanzy trouvait qu'ils avançaient trop eff'rontément pour ne pas méditer une opération décisive. Vainement Bourbakî marchait sur TEst pour d^loquer Belfort. Cette riiarche imprévue n*avait pas, comiiie on Fauraît cru, débarrassé Chanzy de la moitié de ses adversaîreis. On slmaginaît volontiers que ce ihoûvemeïit attirerait dans l'Est une pa:rtîê des forces allemandes dfe l'Ouest ; que Frédéric-Charles courrait peut-être à la défense des cbmimunications que Bourbakî ihenaçait de couper; que le graiW-duc de Mecklenbourg resterait seul en face de Chanzy « que ce nouveau danger dégagerait d^àutânt*. » Mais Tétat-major allemand li'aVïiit pas besoin de dégarnir les deut armées qu'iï opposlaîf à Chanzy. Il commandait à Werder de lehit ferme contre Bourbakî jusqu'à l'arrivée d^uiie nouvelle armée qu'il mettait sous la direction de Kàûteuffél, et le I*^ janvier il donnait l'ordre au jrrince Frédéric-Charles de ref^rendre
*■ CfettNZT, XoW» p. 293y SI5, &73* « C'est bien 1» prince Frédéric- Chaiies qae nous avons devant nous et qui n'est nullement parti poitr l'Est. ^
422 LK GÉNÉRAL CHANZT
vigoureusement les opérations, de se lancer à fond
contre cette armée « dite de la Loire » qu il
méprisait naguère, mais qui lui semblait assez redoutable pour engager contre elle 80,000 soldats, pris parmi les meilleures troupes de Tinvasion.
Frédéric-Charles avait pris immédiatement Toffensive que lui prescrivait M. de Moltke. Tous ses corps marchaient sur le Mans et refoulant les divisions françaises, gagnant sans cesse du terrain, s*approchant malgré tout avec une assurance désespérante, rétrécissaient de jour en jour un demicercle menaçant autour de Chanzy. Le 6 janvier, ils étaient (nord-sud) à Nogent^e-Rotrou, à Morée, à Azay, à Montoire ; le 1 janvier, au Theil, à Epuisay , à Savigny ; le 8 janvier, à la Ferté-Bernard, à Saint-Calais, à la Chartre-sur-le-Loir ; le' 9 janvier, à Connerré-Thorigné, à Ardenay, à Grand-Lucé et i Parigné-rÉvôque. En dépit de la vive résistance que les Français leur avaient opposée sans relâche, les corps allemands arrivaient en quatre jours près du Mans, et le 9 janvier, le XHI*» corps du grand-duc de Mecklenbourg, formant la droite, délogeait le général Rousseau des villages du Connerré et de Thorigné. Le III^ corps, centre de l'armée allemande, s'emparait d* Ardenay, rejetait sur le ruisseau du Narais la division Paris que
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Chanzy avait envoyée couvrir la route de Saint- Calais et <x s*enfonçait en forme de coin dans les positions françaises * ». Le IX* corps qui venait derrière le III« était à Bouloire. Quant au X", arrêté dans sa marche par Jouffroy et Barry, il demeurait assez loin en arrière et n'avançait qu'avec peine ; mais le surlendemain, son arrivée sur le champ de bataille à la droite de Tarmée française décidait la victoire.
Avant de faire rentrer son armée dans les lignes du Mans, dans ces lignes « décisives, assignées à l'avance », Chanzy résolut pourtant de tenter l'offensive, de ramener par un élan hardi, dans toutes les directions et sur tous les points, les corps qui battaient en retraite, de reprendre les positions importantes dont la perte le navrait et l'irritait à la fois. 11 était souffrant depuis le 7 janvier, et pendant quelques jours, il dut garder le lit. Une fièvre violente le dévorait ; son état inspirait au médecin de vives inquiétudes, et l'on craignit môme un instant qu'il ne fût atteint de la petite vérole qui
* Stat-$najor allemand ^ IV, p. 790.
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sévissait alors dans Tarmée. On ne saurait douter, dit M. de Freycinet, que cette circonstance n'ait exercé sur les événements une certaine influence. Mais son sang-froid restait imperturbable. 11 ne Toulait pas convenir que les forces ennepiies fussent supérieures aux sienpes. Il exigeait des chefs de corps une résistance plus sérieuse et plu^ âpre que jamais.
Les instructions générales qu'il donnait le soir du 9 janvier sont brèves et impérieuses ; la douleur, la colère que lui causent certaines hésitations, se fait Jour à travers ses ordres. « La cavalerie a abandonné, sans môme avoir reconnu les forces qu'elle croyait avoir devant elle, les points importants de Parigné-rÉvôque et de Grand-Lucé. Le général commandant la cavalerie fera une enquête sur ces faits, Pt les officiers qui co^imandaient sur ces points auront à rendre compte. » De nombreux fuyards se montraient déjà sur les routes du Mans. c< Je rends, disait Chanzy, les généraux et chefs de corps responsables de ces débâcles que rien ne justifie, et que l'énergie et quelques exemples immédiats peuyent arrêter. » Il faisait grouper par les gendarmes du général Bourdillon les hommes et les détachements isolés, et leur assignait un emplacement. Plus le danger grandissait autour de lui, plus s'échauffait et s'élevait son cceur. Les dépêches
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qu'il eovojlo de tous odiëfiii qu*il réitère et «multiplie, respirent Tardeur et la fenneté âe mu âme ; à Qette heure critique, le ton du coBamandement y ^mble eneore plus net et plus déo^é qm de coattt»^ ; Taccent est d'un homme qui £airâe, malgré Jm^^^ance phyaiqiie» Teaprit calijfte et résolu, et .fi4 p?raév;ère dans le dessein d'unie résistanise ^cbamée. « Nul i^ doit songer à la x^feraite aur le Hans, 'Sans avoir tenu jAisqu'à la deraière extrëjmté. La retraite ne mène à rîen, elle n'est que le (principe d'un désordre que nous devons éviter à tput priz« . . il n'y a point à alléguer le mauvais temps ; il est le même pour tous» bX les Prussiens ne s'en préoccupent pas • . »
Il cQmmandait de prendre « to«^t ce qu'il faudrait de monde »9 mai% d'assaillir l'ennemi avant qu'il reprit sa marche sur le Mans, de le cuU)uter par un effort suprême, et de réoccuper les positions abandonnées. Jauréguiberry devait reprendre Parigné ; Colomb, Ardenay ; Jaurès, Thorigné. « Je n'admets Ja retraite, disait Gbanzy, qœ si vous Mies battus », et aux généraux qui demandaient à rame- ^nersur les plateaux leurs soldats harassés; « ces ;pOiSitionS| répliquait-il, ne sont qu'un dernier refuge; je maintiens mes ordres; attaquez vigou-
* Chanzt, jÈ^tVtf, p. 294-296.
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reusement, je suis sûr que vous réussirez ^ » La journée du 10 janvier fut le prélude de la grande bataille qui devait s'engager le lendemain et qui porte le nom de bataUle du Mans. La lutte dura jusqu'à la nuit et fut très vive à Parigné, à Changé, à Champagne. Mais les attaques des Allemands étaient si incessantes et si opiniâtres que ces villages devinrent intenables. Ghanzy loue surtout la défense de Changé, où la brigade que commandait un officier de marine, le colonel Ribell, combattit durant plus de cinq heures avec une admirable bravoure, et ne céda le terrain que pied à pied ; l'ennemi dut enlever les maisons et emporter les barricades Tune après l'autre. « Au Gué La Hart, écrit un officier allemand, la résistance est énergique ; il faut enfoncer de vive force portes et fenêtres; de nombreuses victimes tombent... Lorsqu'une maison occupée par les Français est prise,
*■ Ghanzy, Loire , p. 296. On ne peut, en face de cette inébranlable énergie, se défendre d'un rapprochement. Paris aurait-il capitulé si Trochu avait cru fermementi comme Cbanzy, que le succèâ ne manquerait pas à ses efforts, et s'il avait mis dans son armée et les immenses ressources dont il disposait autant de confiance que le tenace Ardennais? > La partie est perdue d'avance * : cette conviction qu'un général ne doit pas connaîtra et que Chanzy ne connut jamais, Trochu la nourrit en lui dès le début. Chanzy espérait toujours ; Trochu ne se laissait aller que rarement à la fortifiante espérance ; il n'entretenait dans son oœur que de sombres prévisions ; il avait trop de foi en Dieu et pas assez en lui-même ; c'est le Nidas du siège de Paris.
LA GUERRE 4î7
les uns veulent se rendre, les autres, enflammés de rage (wuthentbrannt), cantinuent la lutte. Des soldats demandent quartier et veulent sauter par la fenêtre; leur capitaine transperce de son épée un des fugitifs... c'est un combat homme à homme* ». Il fallait, cette fois, se replier sur les lignes définitives, choisies et préparées en avant de la ville depuis trois semaines. Le choc devait être niâe et meurtrier. « Nous sommes, écrivait Chanzy à Gambetta, en présence d'un effort des plus sérieux de l'ennemi et d'une ferme volonté de sa part d'en finir avec la deuxième armée. » Mais l'indomptable général croyait la résistance possible. 11 reconnaissait que les combats dés jours précédents n'étaient pas tous à son avantage. Pourtant, il lui semblait que les Allemands étaient las de se traîner dans la neige et la boue, qu'ils ne pouvaient se servir utilement de leur artillerie, que les derniers engagements avaient fait dans leurs rangs des vides nombreux, que cette lutte de tous les instants les avait épuisés et découragés. Il ne doutait pas de résister quatre ou cinq jours dans ces magnifiques positions et d'y tenir assez longtemps pour lasser le prince Charles et le contraindre à la retraite. Il comptait même, dès que les ennemis se seraient repliés, laisser au
^ Von Elbist, p. 145.
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^ans les inobili^ës de Bretagi^, appeler à lui les 19» et 30 corps, dont rorganis^tion serait achevée, et marcher» sans ua jour de retard, sur Tadrersaire « affaibli et fatigué «. « Je pouvais, écrivait-il quelques jours plus tard» sans aucune préiiomption, espérer le succès. »
Il prit toutes ses dispositions de combat. Un autre aiurait félicité ses troupes de la vaillance qu'elles avaient déployée la veiUe. Chanzy exprima tout son mécontentement aux généraux qui n'avaient pu, dans la journée du 10, exécuter ses ordres formas et prendre une vigoureuse ofieijsive. Il commanda de résister à outrance, de défendre les positions coûte que ooûte sans aucune idée de reta:aite. Il fallait, disait-il, se battre comme à Josnes et soutenir la lutte qui se préparait, menaçante et inévitable avec le mêmie acharnement que dans les c< glorieuses batailles des 7, 8 et 9 décembre». Il défendit à tous Taccès du Mans. Il déclara que les fuyards seraient maintenus sur îa première ligne des tirailleurs et fusillés, s'ils cherchaient à s'échapper de nouveau, qu'il demandait au ministre de la guerre le droit de casser sur l'heure tout officier dont il serait mécontent, et qu'en cas de débandade, il ferait couper les ponts, pour forcer ses troupes à se défendre ! Tout commentaire serait inutile : on ne peut que reprendre le mot énergie qu'il faut sans
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casse employer est parlant de Cbanzy, répéter qu'il ipoptrait dans cette gravé sUuatiaa une énergie extraordinaire, dire enân qu'il avilit de Ténergie à faire peur * .
Cependant, Chanzy n'était pas encore rétabli ; la fièvre ne le quittait pas, et le soir du 10 janvier, son entourage était en proie à de cruelles anxiétés. Le 11, à sept heures et demie du Hiatin, après une nuit d'angoisse, s^ deux ajde^ de camp, MM. de Boisdeffre et Henry, pénètrent dans sa chambre; à leur grande surprise, ils le trouvent debout et prêt k miircher ; par un prodige de volonté et de puissance sur lui-môme, Ghanzy s'était levé. Il demande son cheval, il se met en selle, il donne avec sa précision habituelle ses instructions aux officiers qu'il laisse dans la ville, à l'intendant général, M. Bou- «bé, au médecin en chef, et, suivi de son état-major et 4le son escorte de spahis aux longs burnous rou> ^es, i\ se dirige au galop par le faubourg de Pontlieue et la route de Tours sur la Tuilerie et le Tertre. U £ai,t ^^ dçrôières recommandations au
* Chan?y, Lfiire. p. ^2, 307. 347, 3J0,
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général de Marivault, et engage les mobilisés de Bretagne à défendre vaillamment la position de la Tuilerie. « Mes braves garçons, dit-il, je compte sur vous » ; et, se tournant vers un de ses officiers : « Je crois bien, ajoute t-il, qu'on ne les dérangera pas. » Il longe le Chemin aux Bœufs et parcourt les emplacements de sou aile droite. Les ennemis étaient si près qu'on voyait, à travers les éclaircies des sapinières, leurs sentinelles qui se dissimulaient derrière les arbres et les haies. On les prendrait pour des ombres chinoises, se disaient les officiers. En avant de Changé, à quatre cents mètres des lignes, un spectacle curieux frappe les yeux de rétat-major français; par une de ces gamineries qui ne sont pas rares à la guerre, les Prussiens des avant-postes s'amusent à jeter des boules de neige sur nos tirailleurs. Chanzy en fait la remarque à haute voix, et s'engage avec ses aides de camp sous le bois de sapins pour mieux distinguer les mouvements de l'ennemi. Mais ce groupe d'officiers attire l'attention des Allemands ; une vive fusillade part des haies et des buissons ; les branches des arbres craquent et se brisent autour du général. Il rebrousse chemin, et, avec cet air calme et presque gai qu'il avait dans les plus graves circonstances, avec l'allure toute française et militaire qu'il donnait naturellement à ses moindres actes : a Allons,
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messieurs, dit-il, je crois que Tennemi est aussi impatient que nous d'en ânir, et ça va chauffer. » Il rentra dans la ville, à son quartier-général. Cette chevauchée au grand air et la perspective d'une bataille imminente semblaient l'avoir transformé; son visage ne portait plus trace de la fatigue et de la maladie ; il avait retrouvé sa belle humeur et sa tranquillité d'esprit. Au bout de quelques instants, il remonte à cheval et se rend à Yvré-l'Évôque. Partout, en passant sur le front des troupes, il exhorte les officiers et les soldats. Il sentait qu'il fallait « remonter le moral » et a stimuler le zèle et. l'énergie de tous ». Il fait appel au courage et au patriotisme de l'armée, et cet appel, dit*il, futentendu et compris. Gambetta venait d'envoyer au général la dépêche suivante : « Nous comptons absolument sur vous pour résister à ce suprême effort. Vous pourrez faire toutes les nominations, promotions et révocations nécessaires, assuré que la ratification suivra sans retard. » Chanzy annonça qu'il récompenserait sur le champ de bataille tous les dévouements et réprimerait toutes les défaillances avec la dernière rigueur. Il avait instamment demandé ce droit indispensable pour obtenir résistance et succès * .
' Chanzt^ Loiret p. 347, 311, 574,572; Mallbt, Bataille du Man$^ p. 119 ; récit d'un témoin oculaire.
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Les oorpii occupaient à peu prèft les mêmes positions qu*â leur arrivée an Mans : à gaache, au plateau de Sargé, le 21* corps, commandé par Jau^ rès ; au centre, au plateau d'Autonra et i Champa<gné, le 17« corps, dirigé par le général de Colomb et la division de Bretagne du général Cfotigeard ; à droite, en avant de Ponllieue, TamiMl Jaurégafberry, qui venait d^arriver dans la nnît avec, tcntce qni restait des^ colonnes mobiles.
La neige, tombée dans les jours précéctent» à gros ftocons, avait couTerf le sol d\me contbe épaisse et dure ; le temps était froid et cîaîr ; les mouvements de l& bataille ^ dessinaient au loin avecnetteté.
A gsta<efie, Jàttrés se mafntînt soildemtsnt sùi^ là rive droite dteTHuisne, à Pont-de-Gesnes ; miaisses' positienc^ étaient fro^ étendues, et il fdllut, de^ati^t les affaGftres vives et répétées du ^and-duc de Mecklenboiûrg, abandonner là première ligne et reculer sistr là secondé, reporter ï« défense dU' Chêne et des cotea*ux de Lombron â Moirtfort, à Saint- Corneille, à Savigné-rÉvôque. Jaurès perdit près de trois mille homme» atteints ou débandéis : mais lé grand-d'uc ne comptait plus que quelques bafatl*- Ions qui n'eussent pas donné ^
' Stat-major aUêmandf IT, p* 9SB.
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Au centre et sur la droite de Tarmée française, le III« (Jorps prassien était engagé t<mt entier, mais n'obtenait que d^e faibles avantages. A droite, de midi à six heures du soir, Jaùréguiberry repotts*sait toutes les attaques autour de Changé, sur la tùtite de Parigné, et gardait ses positions. Au centre, nos mobiles àTâlent repris Chamjpagn^ durant la nuit. Mais dans Taprès^midi, Tennemi s^m^ pare de nouteau de Champagne, gravît le pïateait d'Auvours e* relteule les troupes qui le défendent Il ftiul reprendriB la posllîoii qii'dn ne doit, disail ChaÈ3?y, céder à aucuR prix ; sînoh, les Allemands' enfoncent le cfentre de» Français, coupeïit la: re« traite à* leur aUe gauche et descendent sans obs^ tacle sur le Mans, en divisaM iîK>tre armée en détt* tronçons.
Ce f\it um de» pÎQs saisissants épisodes et des pitii^ beaux fait» d'armes û& ïà campagne. €k)Uge!arâ braque sur les fujiards d^eux catK»is chargés à mU traUle et laenaise de fàîore' feu. Il arrête la débâh*dade, il rallia çudques éébrîs, il groupe autôisrr de lui uki baftaillon d^infaÉtterie, les mobîlidés <te Rennes et œvx de Mantes^ le» 2ouaveB poutiâeautt et lanœ contite le ptatteacn cette colonne d'attaque, forte de deux mille hommes. Gougeard était à la tête des troupes, et son cheval fut percé de six balles . Il fit sonner la charge, et, se tournant Vers
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les zouaves qui se souvenaient de Loigny, leur cria ces mots de leur devise : « En avant, pour Dieu et la patrie ! » Le feu des Allemands était terrible et une lutte corps à corps suivit la fusillade ; mais les mobilisés et les zouaves se battirent avec tant de résolution et de crànerie que la position d*Auvours fut reconquise par le seul emploi de la baïonnette ; ils se montrèrent héroïques, a dit Chanzy. Les Allemands tenaient encore une partie du plateau, et les Français n*avaient pas regagné tout le terrain perdu ; mais enfin ils occupaient les points les plus élevés. Chanzy nomma Oougeard commandeur de la Légion d'honneur : « Je vous remercie pour aujourd'hui, écrivait-il au vaillant marin, et je compte sur vous pour demain ^ »
A la nuit, la bataille n'était pas perdue. Les Français avaient sur presque tous les points refoulé l'adversaire et conservaient, après de sanglants efforts, leurs lignes de défense. Nos troupes, dit l'état-major allemand, étaient épuisées, et l'on commençait à se ressentir de la diminution des effectifs et de la pénurie d'officiers ■ . Chanzy se montrait content, et en rentrant à son quartier-général, annonçait hautement que la journée était
^ GonasABD, La division de Bretagne^ p. 51 et suiv. » IV, p. 836.
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bonne. Il félicitait ses troupes de leur vigueur. Le général de Colomb lui mandait qu'il n'avait pu garder que les crêtes du plateau d'Auvours, que tous ses corps étaient mélangés et qu'il « avait peu d'espoir de tenir le lendemain dans les mêmes conditions, à moins de recevoir des renforts sérieux ». Ghanzy remerciait Colomb de sa vive résistance : « Vous avez fait beaucoup, lui écrivait-il, demain vous ferez davantage ; là où vous commandez, on peut tout oser. » Il le priait de reprendre Champagne et de confier Tattaque du village à la divisioB Paris, la même qui avait un instant abandonné le plateau d'Auvours et qui devait « racheter son hésitation » . Il lui promettait des renforts qui seraient tirés du 21® corps de Jaurès, La défense d'Auvours lui tenait à cœur. Auvours était à ses yeux la position la plus importante et la plus précieuse du champ de bataille, la clef du Mans.
Il apprenait qu*à sa gauche, à Tintersection de la route de Tours et du Chemin-aux-Bœufs, les mobilisés dlUe-et- Vilaine avaient abandonné la Tuilerie sans résistance. Mais il comptait que la Tuilerie serait bientôt reconquise, comme Champagne dans la nuit précédente, comme Auvours dans là journée même» et qu'après un premier moment de trouble, les mobilisés, puissamment soutenus, regagneraient aisément leur position, sur laquelle les Allemands