‹ Le général Choderlos de Laclos, auteur des Liaisons dangereuses, 1741-1803. D'après des documents inédits. Ouvrage orné d'un portChapitre 113 sur 165 · Servan à Laclos, 12 et 13 septembre · texte numérisé non relu

Servan à Laclos, 12 et 13 septembre

« Cette affaire de Flandre, l'erit-il à Servaii, le 1 1 sep- » tembre, est eiieore une inalheui'eiise suite de » Tinsatiable manie dn ^('iiéial DnnioniMez d'attirer >) tout à lui. Quand il était au eamp de Maulde, il lui » fallait toutes les troup(>s de la France ; il les faut » de nuMue aujourdlnii pour les Ardennes; il les » faudrait à Moulins ou à Bourges s'il \ commandait. )) C'est dommage (|ue ce (h'-faut dépare tant d'acti- » vite et même de talent ; car, à mon sens, il y en » a beaucoup dans tout ce ([u'il a fait militairement » jusqu'à ce jour. » Le 14 septembre, Luckne!-, dont Laclos tient la plume, écrit à Kellermann de ne pas se joindre h Dumouriez et de se porter sni- Bar-le- Duc et Suippe. Le même joui', les Pi'ussiens repoussèrent (jliazot, qui défendait le défilé de la (ïr*oi\aux-Bois ; Dumouiiez se vit tourné et dans la situation la jdus dangereuse. Il battit en retraite dans la nuit et appela Kellermann et Beurnonville à son secours. Le 15, une panique s'empara de la division de Chazot, dans la plaine de Montcheutin, et les fuyards allèrent |)orter la terreur juscju'à Châlons, où Laclos s'épuisait à établir un ])eu (l'ordre. Il fallait donc au plus vite secourir Dumouriez. Dès lors Laclos n'bésite plus et, de concert avec Servan, travaille de toutes ses forces à la jonction. Le même jour, Kellermann reçoit Foi'dre signé de Luckner de se porter à marches forcées surSainte-Menehould, par le chemin le plus court, et de se réunir à Dumouiiez.

Beui-nonville arri\a à Chalons le 10 au soir, avec ses belles troupes du camp de Maulde, «harassées et » crottées mais joyeuses ». 11 s'y reposa et partit le 18, grossi de sept bataillons de fédérés |)arisiens. « Nous » prenons toutes nos mesures, écrit Laclos le 17, » pour envoyer à M. Dumouriez tout ce que nous

» avons ici de iroiipcs organisées ; cela prendra le » temps de toute notre nuit » '.

Le 17, nouvelle lettre aussi pressante de Luckner à Kellerniann.il est uigent, déclare-t-elle, de joindre Dumouriez à quelque prix que ce soit; « vous cor- » respondrez avec lui d'iieure en heure ; les mo- » menls sont pressants et le salut de la France peut » dépendre de cette circonstance... Si M. le duc de » Brunswick n'attaque pas ce soir M. Dumouriez, » avant la jonction, nous aurons beaucoup gagné. La )) journée de demain m'intéresse infiniment^.» Le 18, Kellermann annonce à Servan qu'il est entièrement d'accord avec lui et qu'il va se porter vers Suippe, « qui lui parait le meilleur point )>. Le 19 Laclos pousse un cri de joie : « La réunion est faite » écrit-il à Servan. Je reçois à 9 h. 1/2 du soir un » courrier de M. Dumouriez; il n'a pas été attaqué... » j'espère qu'enfin je dormirai cette nuit sur l'une » et l'autre oreille '.»

Par la même lettre, datée du 19, Laclos annonçait à Servan son retour. « Tout annonce que je » partirai demain ». Il recommandait de continuer en hâte l'envoi d'honmies, de munitions et d'effets de campement. « Il faut encore h Dumouriez vingt » mille hommes en deux envois, s'il est possible. » Labourdonnaye etSparre,désignéspour le remplacer, voyaient avec regret son dé|)art. « C'est un furieux » travail, écrit Sparre, quand on veut faire obéir des » volontaires, qui contrarient vos ordres à chaque » instant... Laclos m'aurait été d'un grand secours « pour arrêter l'efîervescence des tètes parisiennes.»

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