‹ Le général Choderlos de Laclos, auteur des Liaisons dangereuses, 1741-1803. D'après des documents inédits. Ouvrage orné d'un portChapitre 53 sur 165 · Talleyrand. Mémoires 1. (De M. le duc d'Orléansl · texte numérisé non relu

Talleyrand. Mémoires 1. (De M. le duc d'Orléansl

2. Instructions données par S. A. S. Mgr le duc d'Orléans à ses représentants aux bailliages suii'ies de Délibérations à prendre dans les Assemblées. Paris 1789. — Les Instructions ont été (juelqaefois, à tort, attribuées à Limon. Siéyès en a dénié la paternité. Elles furent, dit-il, rédigées « ailleurs ». Pariset, dans sa Notice sur Laclos (1803~), dit : » Les Instructions aux bailliages, en 1789, feront » toujours honneur à sa mémoire. »

France. Le tiers-état de la sénéchaussée de Beaujolais annonce que son cahier est rédigé d'après les Instructions du duc d'Orléans. Le tiers-état de Marseille fait de même, en exceptant l'article relatif au divorce « La contagion, dit-il, n'est pas arrivée » jusqu'à nous au point de nécessiter le divorce. » « La plupart des communes voisines de Chaumont-en- » Barrigny,dit Bcugnot, copièrent religieusement les » instructions de AL Siéyès. )> Ce fut en somme un des <( modèles » les plus suivis pour la rédaction des cahieis. On a prétendu, mais sans preuve, que >iecker avait également répandu de ces (( modèles ». Le gouvernement, qui ne savait rien vouloir ni jtrévoir, ne fit pas les élections et l'initiative du duc d'Orléans en fut d'autant plus efficace et remarquée.

Tandis que Laclos dirigeait tout du centre, à Paris, Limon et Ferrier furent détachés en province et y déployèrent la plus grande activité. Le duc continuait partout ses lihéralités, fondait des œuvres philanthropiques. Après avoir aboli les capitaineries dans ses domaines, il renonçait, par un arrêté du 10 mai, à une ])artie de ses droits sur les blés à Crespy-en-Yalois, Soissons, Villers-Cotterets et la Fère et consacrait ce qu'il gardait à « faciliter la )i subsistance des jdus pauvres habitants. » Par une circulaire datée du 7 mars. Limon, en transmettant aux curés de toutes les paroisses de l'Ile de France, les Instructions du duc d'Orléans, les assurait de l'intérêt de son maître et de son désir de faire augmenter leur traitement. Le passage suivant est à signaler : <( Quant à vous, M. le Curé, je vous » demande avec la plus vive instance de m'aider de » vos lumières sur tout le bien ([u'il est possible » d'opérer dans votre canton. Soyez persuadé que

» VOUS acquerrez des droits réels aux boutés do » M. le duc dOrléaus et à ma vive reconnaissance, » en me procurant des occasions et en m'indiquaul » des moyens de faire signaler la justice de ce prince » et son ail'ection pour tous les citoyens sans distinc- » tion qui habitent son apanage et ses possessions. » 11 faut citer aussi, pour mesurer l'effet de ses manœuvres, cette réponse enthousiaste d'un vieux cvu'é au duc d'Orléans lui-même : « Fasse le ciel que les » vœux de la noblesse soient exaucés et que sa voix » grave dans le cœur de tous nos princes l'amour » de la justice. Je dirai mon nunc dimitli.s sans » regret lorsque j'aurai vu le jour du salut, ma » patrie et mon roi sous la sauvegarde d'une légis- » lation sage, vivifiante et éclairée. Avec quelques » jours, j'aurai bientôt 98 ans; aucun jour de ma » vie n'a été semblable à celui dont je vois l'aurore: )) heureux soleil, sous lequel tant de vertus ont » germé ! » Le Chanoine Ducastelier ayant publié sous ce titre : le Grand coup de Filet des Etats Généraux., une brochure violente contre les moines, où il pro})Osait la coniiscation des biens du clergé, Limon écrit à l'imprimeur pour savoir le nom de l'auteur et lui adresser les félicitations de son maître i. La popularité du duc d'Orléans grandissait tous les jours. On publiait dans les journaux des éloges emphatiques de ses Insti'uctions et de ses bienfaits. On l'acclamait à la Comédie italienne, à Longchamps, au Palais-Royal. Les loges maçonniques, dévouées aux idées nouvelles, offraient des fêtes à leur grand maître, où se pressait « la plus grande aristocratie »'".

1. Chassin. Les Elections de Paris aux Etats Généraux, IV. p. 25, 29, 107.

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