Rapport, du lioutenant de police
Le duc résolut d'entrer aux Etats Généraux au moment même où le Comte d'Artois, sur le désir du roi, renonçait à accepter les suffrages de la noblesse d'Albret. 11 échoua à Orléans, malgré les efforts de Ferrier ', mais fut élu par la noblesse des petits bailliages de Villers-Cotterets et de Crespy-en-Yalois et choisit ce dernier siège. Il intriguait, en même temps, pour être élu à Paris, dont les élections fort tardives ne commencèrent que le 15 avril 1787. Biron, Sillerv, Latouche, jNoailles, Liancourl et d'Aiguillon étaient déjà élus en province.
La noblesse de Paris avait été divisée en 20 départements et le Tiers en 60 districts, en vue de choisii* un électeur pour 10 présents. Le 20 avril, la noblesse du département du Palais-Royal fut réunie à l'Oratoire. Latouche fut élu j)résident. 11 fit voter une protestation contre les règlements royaux, qui blessaient les droits de convocation générale de la Commune de Paris, comme, ceux^ des nobles d'être convoqués individuellement à l'Assemblée de leur Ordre. Le duc d'Orléans, le Comte de Barbentane, le Comte de Dampierre, Laclos, le Marquis Ducrest, le Comte de Latouche et Hocquart furent nommés électeurs. Le 21 avril, Laclos, Ducrest et Hocquart furent nommés conuuissaires pour la rédaction des [)0uvoirs à conférer aux représentants. Leur rapport insistait sur la nécessité « d'opérer la réunion des » trois ordres de citoyens de la ville afin de rétablir le ') plus tôt possible l'ensemble de la Commune » inconstitutionnellement divisée, de parvenir à la » confection d'un cahier commun et d'une élection » commune. » 11 demandait l'égalité de l'impôt, le
3. V. sur cette aft'aire les curieux documents contenus en appendice dans les mémoires déjà cités de Lepelleticr.
vote par tète pour tout ce qui ("ouceriiciit la discussion des intérêts de la Commune ; la l'éunion des 40 députés de Paris en un corps i-eprésentatif, chargé d'organiser le corps municipal, auquel la police serait confiée. Le 21 avril, les représentants de la noblesse de Paris, réunis au Cliatcdet, nommèi-ent des députés pour communiquer auN. GO assemblées du Tiers leur protestation contre la violation du droit de la Commune. Ducrest, Shée, Laclos furent au nombre de ces envoyés et Laclos accomplit sa mission au district des Mathurins. Enfin le 25 mai, Laclos fut encore nonmié commissaire pour la rédaction des cahiers de la noblesse avec Duport, Condorcet, Sémonville, le duc de la Rochefoucauld etc.... Le même jour le duc d'Orléans fut nommé, par 67 voix, un des dix députés de la noblesse de Paris et se récusa, en protestant, devant l'assemblée de l'Ordre, de sa reconnaissance et de son dévouement. Sauf le marquis de Mirepoix, tous les députés de Paris firent partie de la minorité de la noblesse qui se réunit au Tiers. Les élections de Paris, où les orléanistes avaient joué un rôle important, eurent une grande influence sur les Etats (iénéraux déjà réunis à Versailles. La réunion fraternelle des trois Ordres avec le Corps Municipal, les7 et 14 juin, fut un décisif exem])le, qui précipita, la semaine suivante, le serment du Jeu de Paume et la constitution de l'Assemblée Nationale K
Conduit et poussé par Laclos, le duc d'Orléans se tint constamment au premier plan de ces événements mémorables. Dans la procession du 4 mai, au lieu de prendre la tête des princes du sang, il se confondit parmi les députés nobles. Les cris redoublés de