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heures du soir, et l'avait quitté à dix heures, pour être à Boïtzenbourg (18 kilomètres) à quatre heures du matin. Repartie immédiatement, elle arrivait à Prentzlow (18 kilomètres) à neuf heures du matin. Ainsi, cette avantgarde avait fait 107 kilomètres en quarantehuit heures, dont deux marches de nuit, favorisées, il est vrai, par le clair de lune. Les divisions Suchet etGazan avaient fait 102 kilomètres en cinquante-trois heures, dont 78 kilomètres en trente-trois heures. Il faut noter que ces troupes, venant après 6 à 7,000 hommes de cavalerie, trouvèrent à peine de quoi vivre (1). »
Grâce à cette marche rapide , Tavant-garde du 5*^ corps arrivait à Prentzlow assez à temps pour soutenir la cavalerie.
Le matin même. Murât s'était présenté devant cette place au moment où les troupes de Hohenlohe y entraient. A dix, heures, il ordonne l'attaque des faubourgs par la cavalerie. De son côté, l'artillerie légère jette le désordre par son feu parmi les Prussiens.
Bientôt les portes de Prentzlow sont renversées. A ce moment, le grand-duc de Berg n'a
(1) Capitaine Foucart : La Cavalerie dans la campagne de Prusse,
ju'à donner un signal pour que les Français se précipitent dans la ville. Mais , ne voulant pas exposer les habitants aux conséquences d'un combat livré en pleine rue, il demande à Hohenlohe de capituler. Celui-ci s'y refuse d'abord ; la réprise de la lutte, ainsi que l'annonce de l'arrivée des divisions Suchet et Gazan décident le commandant des forces prussiennes à entrer en pourparlers avec Murât et Lannes.
La capitulation est acceptée. Vingt mille hommes de troupes d'élite, entre autres la garde du roi, déposent les armes et défilent comme prisonniers de guerre devant la cavalerie française et les divisions du 5' corps. Le prince de Hohenlohe nous cédait 53 bouches à feu avec leurs caissons attelés et 45 drapeaux.
Le combat de Prentzlow, à cause de ses résultats, eu égard surtout aux moyens de défense dont pouvait disposer l'adversaire, n'est pas un des moindres de la campagne.
L'avant-garde du 5° corps, sous les ordres de Glaparède, ainsi que les divisions Suchet et Gazan, avaient contribué par leur présence à hâter la capitulation. Mais, lorsque le 29 octobre parut le compte rendu de cette affaire, aucune
mention n'était faite de la participation du corps de Lannes. Cet oubli mécontenta le maréchal, non pour lui, mais pour ses soldats qui avaient montré une énergie sans pareille en marchant deux jours et deux nuits sans prendre de repos. Aussi réclama-t-il à l'Empereur un encouragement pour ses troupes. Il faisait remarquer avec juste raison « que la prise de la colonne de Hohenlohe était due en grande partie aux marches forcées de Tinfanterie de son corps d'armée (1) ».
Napoléon lui répondit spirituellement : a Le grand-duc de Berg ne m'a sans doute envoyé que la première page de sou rapport ».
La chose en resta là. Mais Thistoire, qui doit rendre justice à chacun, s'est chargée d'en écrire la deuxième page.
Après cette description succincte d'une partie de la campagne de Prusse, il est facile de se rendre compte de la part prise par la brigade Glaparède dans les brillants succès obtenus par le maréchal Lannes. Dix-huit jours se sont à peine écoulés depuis les premiers engagegements (10 au 28 octobre), et déjà l'armée prussienne, réputée la plus belle de l'Europe,
(1) Archives historiques, 29 octobre.
estréduile à l'état de squelette. Ce qui en reste ne va pas tarder à succomber. On voit par là combien cette campagne fut encore plus prodigieuse que celle de l'année précédente.
Après le combat et la capitulation de Prentzlow, le maréchal Laniies s'avança sur Stettin. Cette forteresse, bien approvisionnée, venait de se rendre à un corps de cavalerie légère, après une sommation hardie du général Lasalle. Le 5° corps s'arrêta dans cette ville pour prendre un repos bien mérité et bien nécessaire.
LE GÉNÉRAI^ CLAPARÊDE