CHAPITRE XVI
ClAPA-RÈDE SOUFFRANT n'aSSISTE PAS AUX PREMIÈRES OPÉ- RATIONS DE LA Campagne de 1813. — Il demande a
ENTRER EN LIGNE. — La 43® DIVISION ; SA COMPOSITION. —
Affaire du 22 août ; le général est blessé atj bras. — Il rentre a Drjesds poïur guérir sa blessure. — Nommé grand cordon de l'ordre de la Réunion. — Combat de Racknitz. — Capitulation du 11 novembre : sa viola- TiON. — Claparède prisonnier de guerre.
Dès son retour à Paris, Napoléon s'était occupe de combler les vides occasionnés dans les rangs de Tarmée par les désastres de la campagne précédente. Sa correspondance nous indique sa préoccupation constante à ce sujet; elle nous montre également son désir de s'entourer des généraux qu'il a vus naguère à Tœuvre. En ce qui nous concerne, nous lisons
* Voir carte page 152.
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à la date du 7 janvier 1813 : « Il y a trois régiments lithuaniens d'infanterie qui doivent faire douze bataillons ; la Légion de la Vistule est de quatre régiments. Ces cadres complétés pourraient faire une belle division. Si le général Claparède est à Tarmée et en état, il pourrait soigner ce corps » (1).
Mais le général n'était pas encore rétabli.
La blessure reçue le 28 novembre se fermait très lentement et lui causait une douleur continuelle. Au mois de mars, il écrivait au ministre de la guerre : a Je suis toujours souffrant et hors d'état de mettre des bottes et de monter à cheval. . . Je demanderai à.entrer en ligne du moment que je le pourrai ; je l'aurais déjà fait, si ma situation me l'eût permis » (2).
Cette demande ne tarda pas à être adressée, car, à la date du 16 juin, nous trouvons, dans un rapport du major-général à TEmpereur, la phrase suivante : a Sire, j'ai Thonneur de mettre sous les yeux de Votre Majesté la lettre que je reçois de M. le général de division
(1) Carrespondance de Napoléon, t. XXIV, N<> 13428. L'Empereur au major-général.
(2) Lettre de Claparède au ministre de la guerre, 23 mars 1813. Arch. administratives. — Voir p. j.
comte Claparède, par laquelle ce général fait connaître le rétablissement de sa santé et demande l'honneur de rentrer en ligne » (1).
En ce moment, de Tavis de son médecin, les eaux lui auraient été plus utiles pour la guérison complète de sa blessure que les fatigues d'une nouvelle campagne. Mais Glaparède ne peut pas rester inactif, impassible, loin du théâtre de la guerre, quand il entend le canon tonner au delà du Rhin et qu'il voit «'éclaircir tous les jours les rangs de nos vaillants généraux et de nos valeureux soldats. Aussi renonce-t-il à des soins qu'il considère comme superflus et s'empresse-t-il de courir à de nouveaux dangers.
Le 25 juin, il est mis à la tète de la 43* division faisant partie du corps d'observation de Mayence, commandé par le maréchal Augereau (2). En même temps, il reçoit l'ordre de se rendre à Francfort-sur-le-Mein, où il arrive le 4 juillet. Là, il apprend que s'il veut rejoindre sa division, il doit poursuivre sa route jusqu'à Wiirtzbourg, où se réunit le corps du
(1) Rapport du major-général à l'Empereur, écrit de Dresde à la date du 16 juin. Arch. nationales A F IV 1659. — Voir p. j.
(2) Lettre du ministre à Claparède, 24 juin 1813. (Arch •administratives.)
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duc de Castiglione, devenu corps d'observation de Bavière (1).
C'est qu'en effet, malgré Tarmistice de Pleswitz qui a mis fin aux premières hostilités, on n'en continue pas moins l'organisation des troupes; les marches elles mouvements ne chôment pas dans la zone affectée à notre armée.
A pdne arrivé à Wûrtzbourg, Glaparède en repart avec le maréchal Augereau qui transporte son quartier général à Bamherg^ afin de se rapprocher du théâtre sur lequel vont se dérouler les prochaines opérations.
Mais la 43* division ne reste pas avec le général en chef. Détachée en avant, elle cantonme à Bayreuth, où, dans les derniers jours de juillet, Napoléon vient la passeï' en revue. A cette occasion, il daigne se souvenir que Glaparède n'a participé à aucun l>ienfait depuis Znaïm,bien que pendant cette période de temps, le général se soit distinjgué maintes fois sur les champs de bataille. L'Empereur promet alors de lui accorder prochainement un témoignage de sa satisfaction (2).
(1) Lettre de Claparôde au miniâtre, 5 juiUet lj&13. Arch. administratives. — Voir p. j.
(2) Lettre de Claparède au major -général, 18 août 1813.
(Arch. nationales).
Sur ces entrefaites, la formation du 14*' corps est décidée ; son quartier général doit se réunir le 7 août à Freyberg ; le commandement en est confié au maréchal Gouvion-Saint-Cyr.
Entrent dans la composition de ce corps : les 42% 43*, 44** et 45*^ divisions, commandées respectivement par les généraux Moiiton- Duvernet, Claparède, Berthezène et Razout (1). En conséquence, le général Claparède cesse d'appartenir au corps d'observation de Bavière et reçoit Tordre de se porter, avec sa division et son artillerie, de Bayreuthsur Ghemnitz, où il devra se trouver le 8 (2).
Avant d'entrer dans le récit des opérations autour de Dresde, disons comment était composée la 43* division (3) :
27'' régiment d^iofaoterie légère : 2^ et S"" bataillons 29« — — — 3« —
100* — — de ligne : 2«,8«et4* —
45e __ g^etS* —
103« — — — 2«et4« —
27« demi-brigade provisoire : ( |^' ^® ^^^® • 2« bataillon
(1) Lettre du major-général au duc de Castiglione, 4 août 1813. (Arch. historiques.)
(2) Lettre de Claparède au major-général dans laquelle il accuse réception des nouveaux ordres qui le concernent. Arch. historiques. — Voir p. j.
(8) Nouvelle composition des divisions du 14* corps à la date du 4 août. (Arch. historiques.)
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Ces 13 bataillons formaient un effectif tolal de 5.000 combattants. Us étaient composés, comme du reste tout le 14* corps, déjeunes gens qui n'avaient pas encore atteint Tâge de la conscription. En raison des besoins urgents, un sénatus-consulte du 10 janvier 1813 avait permis de les faire marcher deux ans plus tôt que la loi ne l'ordonnait.
Or, depuis quelque temps, on s'apercevait que les jeunes soldats appelés au service avaient une constitution peu robuste. (Jue devons-nous penser de ceux qui étaient pris deux ans avant Tâge normal? a Us faisaient peine à voir » dit le maréchal Gouvion-Saint- Cyr. Néanmoins ces recrues imberbes vont tenter l'impossible pour faire oubher que les vieux grognards deviennent de plus en plus rares.
Le 14* corps allait çtre préposé à la défense de Dresde. Gouvion-Saint-Cyr, chargé d'élaborer un projet de répartition des troupes autour de la ville, disait au major-générâl : « Je destinerai la 43' division à défendre la position de Gieshûbel ; cette position couvre le plus beau des débouchés de la Bohême
sur Dresde et probablement celui sur lequel Fennemi fera le plus d'efforts » (1).
Les hostilités, en effet, étaient sur le point de reprendre. La rupture de l'armistice ayant été dénoncée le 11 août, les délais expiraient le 16 à minuit (2). La guerre allait recommencer avec plus d'acharnement que jamais.
Le 12, le maréchal Gouvion-Saint-Cyr est convoqué à Dresde auprès de TEmpereur, afin d'y recevoir des instructions. Le lendemain, il se rend à Pirna, appelle auprès de lui ses divisions et détermine l'emplacement de chacune d'elles : la 42% sur la rive droite de l'Elbe, au camp de LiUenstein ; la 43^ à Gieshùbel pour garder la route de Tœplitz, « le plus direct et le meilleur des débouchés de la Bohême en Saxe » ; la 44° à hauteur de Borna sur la vieille route de Tœplitz ; la 45 près de Dippodiswalde, en face du débouché d'Altenberg. Les autres communications sont gardées par la cavalerie du corps d'armée (8).
Le 18, une fausse alerte tient la division
(1) Propositions faites par le maréchal GouYion-Saint- Cyp au major-général. — 9 Août. — (Archives historiques.)
(2) Il avait été décidé que la rupture de l'armistice serait dénoncée 5 jours avant la reprise des hostilités.
(3) Dispositions indiquées dans les Mémoires du maréchal Goumon- Saint' Cyr : Campagne de i813. Ch. III.
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Glaparède sous les armes pendant une partie de la nuit. Sur le matin le calme renaît. Mais les Alliés ne lardent pas à apprendre que Napoléon n'est plus à Dresde et, suivant leur nouvelle tactique de livrer bataille partout où l'Empereur ne commandera pas en personne, ils se décident à marcher sur la ville.
Le 20, Tarmée de Schwartzenberg a débouché de la Bohême ; Wittgenstein s'est avancé le 21 jusqu'à nos avant-postes et se prépare à nous attaquer. Le 22, il fait une démonstiation sur toute la ligne, mais son principal objectif est la hauteur de Gieshûbel où se trouve établie la 43' division. Glaparède, afin de parer à toute surprise, a placé deux bataillons à Hollendorrf, à la lisière d'un bois, avec deux pièces d'artillerie, un bataillon en avant de Gieshûbel, un autre sur un mamelon détaché du plateau en arrière de cette ville.
Pendant toute la matinée, pour défendre le débouché si important de la grande route de Tœplitz, le commandant en chef ne dispose que de la division Glaparède et de la cavalerie du général Lhéritier, momentanément détachée au 14' corps (1).
(1) La 42^ division, retenue par le générai Vanâanutta^ ne compte plus pour le moment au 14® corps ; la 44^ est à» Borna, la 45^ à Reiebatadt.
Laissons au maréchal Gouvion-Saint-Cyr le soin de nous raconter cette affaire.
(( Le secours momentané de la division Lhéritier, dit-il, le besoin d'essayer nos jeunes conscrits, la nécessité de donner aux divisions placées sur la droite le temps de se reployer vers Dresde, nous décidèrent à tenir la position de Gieshûbel, tant que Tennemi ne l'attaquerait que de front, dans un ordre parallèle, tant enfin qu'il ne parviendrait pas à la tourner. Nous la conservâmes en effet et la 43* division, forte d'environ 5.000 hommes, la défendit contre l'armée russe pendant plusieurs heures; mais, dans l'après-midi, Wittgenstein ayant fait exécuter les dispositions nécessaires pour la tourner, ayant nousmêmes gagné le temps que nous désirions, et ne pouvant d'ailleurs rien opposer à ces nouvelles attaques, nous abandonnâmes cette position, après avoir repoussé les premières tentatives de la colonne qui l'escaladait sur la droite... La division Glaparède, à l'aide de la petite réserve qu'elle s'était conservée jusqu'alors, se retira, avec un ordre que Ton ne devait pas espérer de troupes aussi jeunes, environ une lieue on arrière sur les hauteurs de Zehist où elle prit une nouvelle position
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qu'elle défendit jusqu'à la nuit. Elle effectua cette retraite au travers de la plaine qui se trouve entre Gieshûbel et Zehisl, sous la protection de la cavalerie du général Lhëritier qui fît exécuter plusieurs charges sur les Russes, que leur supériorité, et surtout notre mouvement rétrograde commençaient à rendre entreprenants (1) ».
A cinq heures du soir, la 44* division»
commandée par le général Berthezène, fit sa jonction avec la 43** et se plaça sur les hauteurs de Zuschendorf qui dominent le village de Zehist. La cavalerie du général Lhéritier, appuyée d'un côté à l'Elbe, fut établie à la gauche de cette nouvelle position, dans la petite plaine située en arrière de Pirna.
Ces dispositions, qui nous permettaient de nous défendre sérieusement, arrêtèrent l'ennemi ; il vint se ranger en face de nous, mais sans rien entreprendre de sérieux. Jusqu'à la nuit, il se borna à entretenir un feu insignifiant.
Le commandant du 14* corps, étant chargé découvrir la capitale de la Saxe, échelonna ses troupes sur la route de Dresde, tout en laissant une arrière-garde pour observer et
(1) Mémoires du maréchal Gouoion- Saint -Cyr, — Campagne de 1813, Ch. IV.
contenir les Russes. Les divisions Glaparèdeet Berthezène s'établirent le lendemain devant la ville sans avoir été inquiétés dans leur marche.
(i Ainsi, comme le dit le maréchal, la journée du 22 fut loin d'être aussi fâcheuse qu'on pouvait le craindre. Nous avions combattu partout contre des forces'^ bien supérieures, notamment à Gieshûbel, où nos conscrits avaient forcé l'armée russe à se déployer en entier, lui avaient fait subir des pertes notables et ne lui avaient laissé, pour tout trophée^ en se retirant, que les cibles sur lesquelles ils s'étaient exercés à tirer. »
Dans son compte rendu à l'Empereur, Gouvion-Saint-Gyr s'exprimait ainsi : « L'attaque faite hier par les Russes sur la 44'' division et sur la 43% mais particulièrement sur celle-ci qui a été engagée en entier et jusqu'au dernier homme, a été très vive.... On ne peut donner trop d'éloges à la conduite du général Glaparède et aux autres officiers généraux et supérieurs de cette division dont 6 à 6 ont été tués ou blessés ; au nombre de ces derniers est le général Glaparède et le général de brigade Godard » (1).
(1) Gouvion-Saint-Cyr à TEmpereur. — Dresde^ 23 août 1813. — Archives nationales, A F IV 1661.
Il fallait en effet se mettre en avant et ne pas craindre de s'exposer, si Ton voulait communiquer un peu de bravoure à ces jeunes soldats qui n'avaient jamais vu le feu. Aussi le nombre des officiers mis hors de combat est-il relativement considérable dans la journée du 22 (1). Les états de service de Glaparède portent sans autre explication qu'il a été blessé au bras gauche durant le combat de Gieshiibel. Il le fut sans doute assez grièvement, puisque d'une part nous savons qu il rentra à Dresde par suite de sa blessure et qu'il dut abandonner son commandement pendant plus d'un mois (2) ; d'autre part, nous savons qu'il ne quitta sa division a que le temps strictement nécessaire pour se rétablir » (3).
(1) Voici l'état des pertes : pour la 43® division, parmi les officiers, 11 tués, 39 blessés, 1 prisonnier; dans la troupe, 123 tués, 608 blessés, 159 prisonniers. — Pour la 44* division : 1 officier prisonnier, 4 soldats tués, 12 blessés et 8 prisonniers. — Cette différence de pertes provient de ce que la 44® division n'avait presque pas été engagée. — D'après les situations. Archives historiques.
(2) D'après les situations dejseptembre et un rapport du chef d'état-major que nous verrons plus loin. (Archives nationales.)
(3) Lettre du maréchal Gouvion-Saiot-Cyr au ministre de la guerre, 12 juin 1814.
Campagne de 1813 en saxe 351
Le surlendemain de cette affaire, sur un rapport du major-général qui rappelait la promesse faite par TEmpereur, lors de la revue de Bayreuth, le général Claparède était nommé grand cordon de Tordre de la Réunion (1). Les insignes de cet ordre, créé par décret du 18 octobre 1811, consistaient en un large ruban bleu de ciel attaché en baudrier de droite à gauche (2). C'était là une faible récompense ; mais, à celte époquC; une distinction de ce genre avait un très grand prix aux yeux de tous et permettait d'attendre avec plus de patience la grand'croix de la Légion d'honneur, la récompense suprême.
Claparède n'avait pris aucune part aux journées des 26, 27 et 28 août, ni à la poursuite de Tarmée ennemie. Guéri de sa blés-
(1) Rapport du major-général à rF4mpereur et minute du décret, 24 août 1813. Archives nationales, A F IV
(2) Nous parlons, bien entendu, des insignes de grand'croix. — Cet ordre avait été établi, dit le décret, « pour renouveler Tordre royal de l'Union de Hollande, virtuellement éteint par les changements survenus dans le gouvernement. » il était destiné à récompenser les services rendus dans l'exercice des fonctions judiciaires, administratives et dans la carrière des armes. Il comprenait 200 grand'croix, 1,000 commandeurs et 10,000 chevaliers. Ce fut un des ordres q[ui furent maintenus
Îar Louis XVIII et supprimé ensuite. (Arrêté du 20 juin 814. — Moniteur et Bulletin de$ loti,)
sure au bout d'un mois et demi, il reprit à la date du 8 octobre le commandement de la 43* division (1).
Le 14* corps venait alors de rentrer à Dresde, où il remplaçait le 11% parti la veille avec TEmpereur. Le maréchal Gouvion- Saint-Gyr devait former Taile gauche de la nouvelle ligne qu'on allait prendre sur l'Elbe. Il avait en face de lui un corps de 20.000 hommes que Bennigsen avait laissé en se portant sur Leipsick. Ce corps, campé devant Dresde, sur la rive droite de TElbe, était commandé par le général comte de Tolstoy.
Le 17 octobre, Gouvion-Saint-Gyr résolut de déloger les Russes de leurs positions.
Depuis quelques jours ceux-ci travaillaient à des retranchements sur les hauteurs de Râcknitz. Deux redoutes étaient déjà terminées, une troisième en exécution. Il n'y avait donc pas de temps à perdre si on rîe voulait pas voir Tennemi s'établir trop solidement.
Vers dix heures du matin, le maréchal, ayant confié la garde de nos redoutes de la rive
(1) Lettre du général baron BoreUi, chef d'état- major du 14* corps, au major-général. 8 octobre. — Archives historiques.
droite à la division Berthezène, fractionne ses troupes en quatre colonnes et marche contre le général Tolstoy.
Le comte de Lobau, établi à Gross-Garten, se dirige par Strehlen et Rothe-Haus sur le village de Zschernitz. Le général Glaparède seporte avec sa division du jardin Mackzinsky sur Râcknitz ; il s'empare du village et chasse Tennemi des trois redoutes établies sur la partie la plus élevée de la position (1). Pendant ce temps, le général Mouton- Duvernet escalade avec 8 bataillons les hauteurs de Plauen et se relie avec le général Bonet qui débouchait avec une partie de la division Razout sur Potzschappel,
La cavalerie du général Gérard se tenait entre les divisions Mouton-Duvernet et Glaparède.
Ces différentes colonnes marchent franchement et dans Tordre le plus précis. Les Russes essayent de se maintenir sur les hauteurs de Zschernitz et de Râchnitz, mais tournés à gauche par le général Bonet, serrés sur le front par le général Duvernet, menacés par le général Glaparède qui occupe la forte position de
(1) Cf. Mémoires du maréchal Gouvion-Saint-Cyr : Campagne de 1813^ chap. VI.
Kayditz, ils sentent que la résistance devient impossible. Bientôt leur ligne estrompue sur tous les points ; ils sont culbutés dans les ravins qui se trouvent derrière eux et repoussés ensuite jusqu'à Dohna.
La coopération du comte de Lobau sur Zschernilz avait rendu l'attaque générale.
L'ennemi perdit dans cette journée près de 3.000 hommes dont 12 à 1 .500 prisonniers, dix pièces d'artillerie et un équipagedepont(l).
Le général russe se replia le lendemain sur Gieshûbel où il se réunit aux 10.000 Autrichiens du général Ghasteler, qui s'avançait deTœplitz à son secours. Quelques jours après le corps de Klenau, détaché par le prince de Schwartzenberg, après la bataille de Leipsick, vint encore grossir les troupes ennemies établies devant Dresde.
Dès lors le maréchal Gouvion-Saint-Gyr dut se renfermer dans les redoutes qui couvraient les faubourgs et laisser ses adversaires commencer le blocus de Dresde. Mais il y avait fort peu de vivres dans la place et le pays
(1) Voir au sujet de Paffaire du 17 octobre, le Moniteur HTiwersel du 24 novembre 1813 ; extrait d'une lettre du maréchal Gouvion-Saint-Cyr au major-général ; cette lettre, écrite de Dresde, est datée du 18 octobre.
environnant, entièrement dévasté par les armées belligérantes quileparcour^ient depuisplusieurs mois, n'offrait plus les ressources suffisantes pour le ravitaillement de l'armée assiégée. Bientôt la disette se fit sentir; le typhus régna dans la ville. Ces deux fléaux menaçaient d'anéantir et les défenseurs et les habitants .
Dans la nuit du 6 novembre, le maréchal Gouvion-Saint-Gyr essaya de forcer le blocua et de faire échapper des troupes surTorgau, Sa tentative ne réussit pas. Enfin, le 11, il signa une capitulation en vertu de laquelle, après avoir déposé les armes, il pouvait rentrer en France avec les 25.000 hommes placés sous ses ordres et ramener avec lui une partie de son artillerie. Il était stipulé que les troupes de la garnison ne serviraient pas avant d'avoir été échangées contre un pareil nombre de combattants des puissances aUiées.
Les malades restés à Dresde devaient être renvoyés en France au fur et à mesure de Jeur guérison.
L'ordre du jour du 12 portait que l'armée française se retirerait sur Strasbourg en six colonnes. Ce mouvement eut lieu du 14 au 19 novembre. La 2* colonne commandée par
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le général Glaparède, se mit en marche le 15 ; elle comprenait la 43* division et les administrations du 14** corps.
Lorsque l'armée française fut parvenue à Altenburg, le général Ghasteler signifia au commandant du 14*^ corps que le prince de Schwartzenberg n'avait pas ratifié la capitulation. En conséquence, on proposait à Gouvion-Saint-Gyr de le ramener à Dresde et de rendre les armes à ses soldats. Devant une proposition aussi dérisoire, en présence d'une violation aussi manifeste du droit des gens et des lois de la guerre, il n'y avait plus qu'à se rendre ; c'est ce que fit le maréchal. Son armée, devenue prisonnière de guerre, fut conduite en captivité. La 48** division se rendit en Moravie. Les officiers avaient suivi le sort de leur troupe. La ville d^ Brûnn devint la résidence de Glaparède, condamné pendant plusieurs mois à rester dans l'inaction la plus complète, tandis qu'au sein de la patrie une guerre effroyable se déchaînait, guerre qui amenait la chute de la puissance impériale et provoquait l'arrivée au pouvoir de l'ancienne dynastie.