CHAPITRE IV
Le commandant Claparède a Paris. — Retards dans la confirmation de son grade. — préparation de la Campagne de 1800. — Les généraux de l'Armée du Rhin. — Service spécial du. chef de bataillon
ADJOINT A l'état-major, — CAMPAGNE d'ÉTÉ. — ARMIS- TICE DE Parsdorf. — Claparède est envoyé a Paris pour porter des dépêches. — Eloge du commandant par le général Dessolle et le Ministre de la guerre Carnot. — Claparède est promu au grade d'adjudant-général. — Retour a l'Armée du Rhin. — Campagne d'hiver. — Rapports faits par l'adjudant-général.
Ainsi le sort du jeune commandant se trouvait momentanément lié à celui du général en chef. Moreau, arrivé à Paris dans le courant d'octobre, avait obtenu un congé, avant de prendre le commandement de l'armée du Rhin.
Par suite, son adjoint jouissait aussi de quel-
; GENERAL CI.APAIIKOE
ques jours de répit. C'était la première visite de Claparède à la grande ville ; il mil à profit ses loisirs pour la visiter et dès ce moment l'adopta comme sa patrie de prédilection (1).
Mais le Directoire, au sein duquel il aurait pu compter un protecteur (2), ne devait pas tarder à disparaître de la scène politique. Le vainqueur de l'Orient, comme on appelait alors Bonaparte, venait de débarquer à Fréjus ; on avait célébré son retour par une fête donnée dans le temple de la Victoire ; deux semaines à peine allaient lui suffire pour préparer avec Sieyès le plan qui devait amener la chute du gouvernement directorial. L'adjoint au général Moreau, n'appartenant pas à l'armée de la capitale, ne prit aucune part au coup d'État du 18 brumaire ; il demeura dans le silence de la retraite et, spectaleur impassible de i'orage, il attendit que le ciel eût repris sa sérénité. Sa grande préoccupation était de ne pas changer de destination et de partir dans le plus bref délai pour une nouvelle campagne. Il n'eut pas lieu de se tourmenter longtemps : un des premiers actes des
(1) Letire du 13 juin 1814 au général comte Dupont, . ministre (la la guerre. (Ai'chiv. liist.)
(2) Le Directeur Moulin qu'il avait connu en Vendée.
consuls provisoires fut de confirmer le général Moreau dans le commandement de Tarmée du Rhin, à laquelle on réunissait l'armée du Danube (1).
Toutefois, au milieu de ces bouleversements,. Claparède n'avait pas encore reçu son brevet de chef de bataillon ; il en soUicitait en vain l'expédition et dut regretter plus d'une fois de s'être démis jadis aussi facilement de ce grade. Il désirait vivement que son avancement fût confirmé avant son départ, lorsqu'il fut admis, à se présenter devant le consul Bonaparte. C'était pour lui une bonne fortune. Il se rencontra chez le vainqueur des Pyramides avec le général Berthier, alors ministre de la guerre et avec le ministre de la justice Gambacérès oue la Constitution de l'An VIII allait élever au rang de deuxième magistrat de la République. Ce dernier, descendant d'une vieille famille montpelliéraine, avait beaucoup connu dans sa jeunesse Jacques-Philippe Cabannes, procureur en la Cour des aides de Montpellier, devenu dans la suite l'époux de Marie-Anne Claparède, tante paternelle du futur général. A ce titre et aussi à
(1) Arrêté du 3 frimaire an VIII (25 novembre 1799)..
LE GÉNÉRAL CLAPAEEDE
de compatriote, l'éminent jurisconsulte it bien s'intéresser a^u sort du modeste (landant. Celui-ci, en redemandant le bree son grade, envoyait en même temps un it des registres de son ancien corps pour verqu'ilseraitchef de bataillon depuis six s'il l'avait voulu (1) ; il rappelait au génë- ■erthiersa promesse antérieure et il ajçuen terminant : a Le consul Bonaparte et toyen Cambacérès, ministre de la justice, ïu la bonté de me dire qu'ils vous parleit de moi. » Eu tête de cette lettre, le être de la guerre avait ajouté de sa promain : « Je prie le citoyen Petiet de me snter demain à midi le rapport sur le prol'arrêté des Consuls pour la confirmation rade demandée par le pétitionnaire. » En , le lendemain 9 frimaire, les Consuls aient l'arrêté et le 22 du même mois (1 4dé- }re 1799), le jour même où la Constitution An VIII entrait en vigueur, Claparède /ait son brevet après cinq mois d'attente ; enait rang du 26 messidor an VII, date 1 promotion provisoire. Il devait être insà la suite de la 25' demi-brigade d'infan-
Lettre de Claparède au ministre, 8 frimaire an VIII. chives administratives. — Voir p. j.
terie légère tout en restant affecté comme adjoint à Tétat-major de Fermée du Rhin (1).
Cette heureuse solution arrivait à propos, car avant la fin du mois de décembre, Glaparède se rendait à Bâie où il accompagnait les généraux Moreau et Desselle.
a Le Premier Consul n'avait rien négligé pour donner à Tarmée de la République, rassemblée sur le Rhin, la force et Torganisalion les plus convenables aux opérations qu'elle devait exécuter. C'était peut-être pour la première fois, depuis le commencement de la guerre de la Révolution, que les Français se trouvaient en mesure d'ouvrir la campagne avec l'avantage du nombre (2). )) Cette armée formait une masse de 108.000 hommes. Les généraux Moreau et Desselle passèrent l'hiver « à achever son organisation sous le double rapport mihtaire et administratif et à mûrir le plan de la campagne » (3).
Pendant ce temps le commandant Glaparède ne restait pas inactif. Il devait se procurer par tous les moyens des notions précises sur
(1) Lettre dii ministre à Glaparède, 22 frimaire an VIII. — Archives administratives. — Voir p. j.
(2) Victoires et conquêtes, t. VI, p. 414.
(3) Victoires et conquêtes, t. VI, p. 415.
(^1 LE GiSÊMAL CLAPARÈIDE
les mouvements, lescantomiements, laforce des troupes autiichiemies. Par le seul fait de cette mission spéciale, il était admis dans Tintimité du général en chef et du générai Dessolle, mangeait la plupart du temps à leur table (1), assistait à leurs conférences, suivait leurs entretiens auxquels il apportait sa part de renseignements-
Jusqu'à présent, Claparède n'avait pas assisté à la grande guerre. Sa situation actuelle allait lui permettre de voir se dérouler de près, dans les meilleures conditions possibles, tous les événements de celte mémorable campagne de 1800 et d'en tirer un excellent profit. 11 devait suivre les généraux Delmas, Leclerc, Richepanse, opérant dans le 4* corps, dit de réserve, sous les ordres immédiats du général Moreau, qui s'en était réservé le commandement. En outre, ses va-el-vienl continuels allaient le mettre en contacl avec les commandants des trois autres corps de l'armée française : Lecourbe, Gouvion-Saint- Gyr, Sainte-Suzanne, justement considérés comme des maîtres dans l'art de la guerre.
Si l'on ajoute à tout cela que l'obligation où
(1) (Jq le verra plus loin par la lettre de Claparède à Kon frère datée du 25 floréal.
CAMPAGNE d'aLLEMAG;NE . 61
il se trouvait d'observer Tarmée ennemie, lui donnait en même temps la possibilité d'étudier les opérations des généraux autrichiens, on constatera que le commandant Claparède était à une excellente école. Aussi, ne craignons-nous pas de le dire, c'est à Tarmée du Rhin qu'il a fait l'apprentissage de la conduite des troupes. Si dans la suite il est devenu lui-même un général distingué, c'est grâce aux magistrales leçons qu'il avait reçues durant cette belle campagne, qui « dans l'espace d'une année et au milieu des succès les plus brillants, n'offre pas un seul échec de quelque importance » (1).
Nous avons parlé de la mission spéciale de Claparède. Disons tout de suite que dès avant l'ouverture des hostilités, il s'était mis sérieusement à l'œuvre. Nous voyons le chef d'étatmajor lui faire compter fréquemment par le payeur de l'armée des sommes importantes (2). Grâce aux ressources dont il dis-
(1) Lettre du général Desselle au colonel de Garion- Nisasv à propos de l'ouvrage du général Gaurgaud, intitulé : Mémoires de Sainte-Hélène. (Mémorial du dépôt de la guerre, t. V, Campagne de 1800.)
(2) Lettres du chef d'État-Major au payeur général de Tarmée. — Archives administratives. Dossier Claparède.? — Voir p. j.
pose, le jeune commandant peut, à la satisfaction de ses chefs, s'acquitter de sa tâche difficile, qui consiste à fournir à Tétat-major des renseignements sur l'ennemi. Ces renseignements secrets, consignés ensuite avec soin sur un registre ad hoc, avaient une grande influence sur les déterminations à prendre par l'autorité supérieure. Il sera facile de s'en convaincre en se rappelant que la partie secrète comprenait : les comptes rendus de tous les officiers envoyés en reconnaissance, les récits des individus étrangers revenant de l'extérieur, la composition des avant-postes, leurs emplacements, les troupes chargées du service, la nature des travaux exécutés, les rapports faits par des voyageurs expédiés sur différents endroits, les cantonnements de l'armée ennemie, etc., etc. (1). L'officier supérieur, chargé non seulement de recueillir ces documents, mais encore de les rechercher le plus souvent lui-même, avait donc contribué largement pour sa part à la préparation de la campagne ; le même rôle délicat lui était réservé pendant le cours des opérations.
(1) D'après le Bulletin historique du 1®' au 30 fructidor et des cinq jours complémentaires. — Archives nationales AF IV. 1643.
Lorsque, le 25 avril, l'armée française franchit le Rhin pour commencer ce que Ton a appelé la campagne d'été, le général en chef, grâce à la tenue scrupuleuse du registre secret, possédait une connaissance très exacte des forces et de la situation de son adversaire.
Les premiers jours du piois de mai furent marqués par une série de succès. C'est d'abord le i 8 floréal (3 mai) la bataille d'Engen (4), dont l'heureuse issue produisit sur l'armée française et en particulier sur les conscrits le meilleur résultat moral. Vinrent ensuite les batailles mémorables de Moeskirch et de Biberach (15 et 19 floréal) et le combat de Memmingen livré le 20 floréal par le général Lecourbe, commandant l'aile droite. Le chef de bataillon Claparède prit une part active aux trois premiers engagements (2). Quelques jours après ces brillantes actions, il écrivait à son frère :
« Nos marches et mouvements m'ont empêché de l'écrire jusqu'à présent. Je profite de la première soirée que j'ai pour le faire. J'ai
(1) Appelée aussi bataille de Stockach.
(2) Voir la lettre du général Desselle citée plus lain.
CAMPAGNE d'aLLEMAGNE 65
eu l'honneur de me trouver à toutes les affaires que nous avons eues et j'en suis sorti sain et sauf. Celle du 15 (bataille de Moeskirch) est la plus forte où je me sois jamais trouvé ; ' les boulets, les balles, la mitraille pieu valent de toutes parts ; nous avons été partout victorieux et tu dois déjà connaître les rapports officiels de nos différents combats. Nous partons demain de grand matin ; bientôt nous aurons une affaire et tout nous la fait espérer heureuse. J'ai dîné à Biberach avec le ministre Garnot, chez le général en chef, chez lequel j'ai mon couvert. »
Puis il ajoutait sous forme de post-scriptum : (( Ci-joint une lettre du consul Cambacérès. Est-ce de l'eau bénite de cour? L'avenii nous l'apprendra (1) ».
Le S'* Consul de la République lui parlait en effet en termes très flatteurs ; il le félicitait d'avoir été remarqué par le ministre de la guerre (2); il le savait en haute estime, disaitil, auprès du général Moreau et du chef
(1) Lettre du 25 floréal (15 mai) datée de Illéraigen. (Bibliothèque de Montpellier.)
(2) Carnot suivit les opérations de Tarmée du Rhin du 5 au 20 mai. Nous venons de voir que Claparède avait dîné avec lui à Biberach.
. d' état-major; il le priait d^être le mentor de son frère, alors lieutenant à Tarmée du Rhin, et lui promettait en retour d'user à son égard de toute son influence vis-à-vis du Premier Consul. Mais Glaparède savait probablement par expérience que la meilleure protection ou du moins la seule qui soit juste, fondée, honnête, désirable, est celle que l'on se ménage auprès de ses chefs hiérarchiques par sa propre conduite et par ses propres actes. De là l'ironie de cette phrase : « Est-ce de Teau bénite de cour? L'avenir nous l'apprendra ».
On sait comment la campagne se poursuivit. Moreau, contraint de détacher un corps de 20.000 hommes en Italie, ralentit ses opérations à cause du vide qui s'est produit dans ses rangs. 11 simule néanmoins l'envahissement de la Bavière, afin d'attirer le général Kray en dehors d'Ulm ; mais, voyant qu'il ne parvenait pas à faire prendre le change à son adversaire, il revient vers le Danube, le passe en aval du camp retranché et coupe l'armée autrichienne de ses inagasins de Donauwerth et de Ratisbonne. Ce mouvement remarquable donne lieu à la bataille de Hochstett livrée presque en même temps que celle de Marengo et digne sous tous les rapports de lui être
comparée. Ensuite, Moreau et Kray s'établissent sur risar et sur Tlnn. Tout en continuant à s'observer, ils attendent, dans leurs positions respectives, l'issue des pourparlers engagés entre leurs gouvernements. L'armistice de Parsdorf en est la conséquence (18 juillet)'. Le quartier général français est alors porté à Munich.
Au sein du repos que lui vaut la suspension d'arm.es, Claparède mène dans la capitale de la Bavière une existence qui ne semble pas trop lui déplaire.
« Ne t'inquiète pas sur ma table, écrit-il à son frère, elle vaut bien la tienne. L'on m'a donné pour logement le palais du général l^'^aide de camp de l'Electeur et j'y suis servi en prince. J'ai six couverts à donner chaque jour et cela me forme une petite cour dans la quelle on trouve quelquefois des dames d'honneur. Nous sommes d'autant, mieux ici qu'il n'y reste que ce qui appartient au général en chef et au chef de l'état-major général ; ils me donnent tous les jours des preuves de leur bonté.
Tu dois déjà avoir vu dans les papiers publics la nouvelle de l'armistice ; nous attendons
le général qui a été à Paris pour la porter au gouvernement (1). »
Au retour du général en chef, Tarmistice cesse d'être pour Glaparède un temps de repos. Employé à des missions diverses, nous le retrouvons à quelques jours d'intervalle dans différentes villes de la Bavière. Enfin, il est appelé sur le Rhin où se trouve le général Moreau, et parcourt en 40 heures de course à cheval, la distance de près de 60 lieues (exactement 235 kilomètres), qui sépare Augsbourg de Strasbourg. A peine arrivé dans cette ville, il en repart pour porter à Paris des dépêches du général en chef (20 août 1800, 2 fructidor an VIII) (2).
Cette mission allait de nouveau mettre, en évidence le jeune commandant et c'est probablement pour cela que Moreau la lui confiait. Celui-ci, depuis quelque temps, s'était déterminé à ne plus conférer lui-même aucun grade, à cause des tracasseries (3) qu'il avait
(1) Lettre de Glaparède à son frère datée de Munich, 6 thermidor an VIII, 25 juiUet 1800. (Bibliothèque de Montpellier.)
(2) Lettre de Glaparède à son frère, datée du 2 fructidor an VIII, 20 août 1800. (Bibliothèque de Montpellier.) — Voir p. j.
(3) D'après une lettre du général de brigade chef d'étatmajor par intérim à Tadjudant commandant Cohorn.
éprouvées à ce sujet ; il tenait pourtant à. voir récompenser les officiers attachés à sa personne, surtout quand leurs mérites étaient reconnus de tout le monde, comme c'était ici le cas-
Glaparède partit la joie dans l'âme. Il emportait avec les dépêches du commandant de l'armée une lettre du général Desselle qui demandait l'avancement de son adjoint au ministre de la guerre. Voici cette lettre dans son entier (1) :
« Citoyen Ministre, le chef de bataillon Glaparède se rendant à Paris, je profite de cette circonstance pour vous demander de l'avancement pour cet officier, qui remplit depuis l'ouverture de la campagne les fonctions d'adjudant-général dans une des parties principales de letal-major général. Chargé de la partie secrète, il y a mis un zèle, une intelligence qui ont été très utiles et y ose vous assurer que dans aucune armée. Je n' avals eu: des notions aussi précises sur les mouvements et la force de Fennemi, ce qui, je vous le répète, a puissamment contribué au succès.
(1) Lettre datée du quartier général d^Augsbourg le^ 28 thermidor au VIII. — Arch. adm.
70 LE GÉNÉRAL CLAPARKDE
Je dois ajouter que le citoyen Glaparède a rempli cette tâche délicate avec une probité bien rare dans ceux qui ont un maniement de fonds dont il est si facile de déguiser remploi, et que dans les principales actions qui ont eu lieu depuis le commencement de la campagne, il s'est montré avec distinction.
Cet officier avait déjà rendu des services en Italie où il fut chargé du commandement de la place de Gênes en état de siège pendant quatre mois.
Je vous prie, citoyen ministre, de prendre ma demande en considération et d'accorder au citoyen Glaparède la place d'adjudant-commandant attaché à l'armée du Rhin.
Salut et respect.
Dessolle. »
Quelques jours après l'arrivée du chef de bataillon à Paris, le ministre Carnot proposait au Premier Consul de nommer le citoyen Glaparède adjudant-commandant. — « Gette proposition, disait-il, est motivée sur l'éloge que donne le général Dessolle à la conduite, au zèle et à l'intelligence du citoyen Glaparède dont les rapports éclairés autant que fidèles ont puissamment contribué aux succès rem-
portés par Tarmée, sur Textrême probité avec laquelle il s'acquitte de la partie délicate dont il est chargé, et enfin sur les services qu'il a précédemment rendus à Tarmée d'Italie, principalement pendant le blocus de Gênes dont il commandait la place (1). »
Ces notes élogieuses ne devaient pas tarder à produire leur effet. Par décret du 21 fructidor an VIII (8 septembre 1800), le chef de bataillon Claparède était nommé adjudant-commandant par Bonaparte et le ministre lui annonçait sa promotion dans une lettre particulière.
Disons tout de suite un mot sur ce grade qui n'existe plus de nos jours.
Les adjudants-généraux dataient de 1790.
Primitivement au nombre de 30 seulement, dont 17 colonels et 13 lieutenants-colonels, ils avaient fini par s'augmenter considérablement pendant les guerres de la Révolution, à cause de l'importance de leur emploi. (En 1800 on en comptait plus de 300.) C'étaient des officiers d'état-major, spécialement chargés des reconnaissances militaires, de la direction des travaux toppgraphiques, de la transmission
(1) Rapport fait aux consuls par Je ministre de la guerre. AF III, 1% AK. — Archives Nationales.
des ordres des généraux aux différents corps, etc., etc. ^\ Tépoque qui nous occupe, la dénomination d'adjudant-général venait d'être remplacée par celle d'adjudant - commandant (12 messidor an VIII, 6 juillet 1800). Ce titre correspondait à peu près au grade de colonel, mais le titulaire, par ses fonctions, tenait plutôt rang entre le colonel et le général de brigade.
Le nouveau promu rejoignit sans délai Tétat-major de l'armée du Rhin, où il fut chargé du même service qu'auparavant (1). Sa présence devenait utile, puisque les deux nations belligérantes continuaient leurs armements et se tenaient prêtes à reprendre l'offeur sive.
L'armistice de Parsdorf, prolongé par la convention de Hohenlinden(l''' vendémiaire an IX), expira définitivement dans les derniers jours de novembre. Alors commença la campagne d'hiver, marquée par la journée d'Ampfing, la fameuse bataille de Hohenlinden, le
(1) Le frère du consul Cambacérès ■ venait d'être nommé capitaine; il entra à cette époque à rétat-major général et fut adjoint à Claparède.
Cf. Archives Nationales. — État-major général; l®^au 10 veodémiaire an IX.
passage de rinn et la marche sur Vienne, enfin le nouvel armistice de Sleyer, signé le 23 décembre et qui devait se prolonger jusqu'au traité deLunéville(9 février 1801).
Tout ce que nous savons sur Tadjudantcommandant Claparède, pendant cette dernière période de la guerre, c'est qu'il continua à être chargé delà partie secrète, service dont il s'était déjà si bien acquitté. En outre, à la fin de la campagne, le général Desselle lui demanda de rédiger un travail important sur les pertes faites par les deux armées. Ce travail, qui fut plus tard d'un grand secours avec leregisti'e des renseignements secrets pour la rédaction du Mémorial du dépôt de la Guerre T. V. (1), le retint encore en Allemagne quelque temps après la signature du traité de paix, il revint ensuite à Paris où nous le retrouvons au mois de prairial an IX (fin mai . 180J).
(1) Voir cet ouvrage, rédigé par le colonel de Carion- Nisas, à la bibliothèque du dépôt de la guerre; il y est souvent question de Claparède et de ses rapports.
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