‹ Le Général comte de Coutard, étude historique sur la République, l'Empire et la RestaurationChapitre 10 sur 57 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Camp&gifu de Rus&ie. — Coutard au Niémen. — 11 entre à Dunabourg. — Combat de Polotsk. — Affaire de Léonpol. — Retraite. — Coutard couvre l’arrière-garde de l’armée. — Ses périls, son courage, sa confiance en Dieu. — Il est blessé et revient en France.

Au début, cependant, tout était magnifique.

Quel orgueil humain, surtout chez un capitaine habitué à enchaîner la victoire, quel orgueil eflt pu résister à l’ivresse que devait inspirer le commencement de cette gigantesque expédition? Et dans cette âme superbe, tout accès ne semblait-il pas fermé même aux secrets pressentiments de la conscience, même aux sages alarmes de la politique, même aux avertissements de la Providence ? De Paris à Dresde ç’avait été une marche triomphale. Les acclamations des départements de l’Est, belliqueux par nature, les hommages contraints, mais profonds, de l’Allemagne entière, avaient conduit Napoléon au milieu des adulations d’une cour de souverains.

Ébloui et presque fatigué de ce tumulte de grandeur et de cette fièvre d’apothéose, il s’en était délassé par le splendide spectacle de ses armées rangées sur les bords du Niémen. A l’heure dite, plus de quatre cent mille soldats, appuyés d’une réserve de cent cinquante mille autres, accompagués de mille bouches à feu, étaient arrivés de tous les points de l’Europe : réunion prodigieuse, bigarrée des uniformes de vingt nations alliées, composée des bandes héroïques qui, depuis les Pyramides jusqu’à la mer du Nord, depuis le Tage jusqu’à la Vistule, avaient promené partout leurs aigles victorieuses, et prête aujourd’hui à entamer une de ces luttes épiques qui dépassaient l’imagination.

Et voilà ces masses énormes qui, sur un signe de sa main, s’ébranlent avec l’ordre merveilleux de la tactique et de la discipline; les voilà qui, sous son regard, descendent dans la plaine, renvoyant à l’horizon les éclairs de leurs casques et de leurs baïonnettes; les voilà qui traversent le Niémen aux cris ininterrompus de Vive l’Empereur! comme si elles marchaient à une fête préparée et à des trophées immanquables (1). Napoléon souriait à son étoile. .« Qu’arriverai t-il, comme dit M. Thiers, si cette

(1) L’armée avait à sa suite des équipages immenses. Un cortège d’officiers, de diplomates, de courtisans s’était attaché à l'Empereur. 11 fut obligé d’en renvoyer un grand nombre à Tliorn. Plusieurs généraux étaient accompagués de leurs femmes. Madame de Coutard, dont l’affection n’avait d’égal que le courage, avait suivi son mari jusqu’aux bords du Niémen, et elle était allée l’attendre à Magdebourg.

étoile venait tout à coup à pâlir? » Personne n’y songeait; lui moins que personne. Et pourtant, dans cette phase héroïque et suprême, « la gloire, nous la retrouvons à chaque pas ; le bonheur, hélas ! il faut y renoncer au-delà du Niémen. *

Le corps du maréchal Oudinot, celui de tous qui avait le plus éprouvé de fatigue par sa longue route, avait traversé le fleuve le 24 juin. Coutard en faisait partie : depuis le 12 mars, il était en chemin avec sa brigade. Le 10 avril, il avait atteint Brandebourg; le 25, Grentzlow; en mai, il séjournait à Stuttgard; puis il s’était rendu à Gumbinnen, pour y être passé en revue par l’Empereur.

Au delà du Niémen, les corps d’année se séparèrent, Le duc de Reggio marcha rapidement; le 15 juillet, il était en Samogitie, au nord de VVilna. L’ennemi commençait ce système de retraite qui devait étonner et épuiser nos troupes. Toutefois, Oudinot était parvenu à le joindre près de Wilkomir et le poussait vivement devant lui. Un instant, il crut que Dunabourg résisterait; les Russes avaient fortifié cette ville. Ils ne tardèrent pas à l’abandonner. Le général Coutard y entra ; puis bientôt, sur un ordre qui devait rapprocher les diverses parties <le la. Grande Armée, il vint prendre position sur la rive droite de la Dwina, en avant de Polotsk.

La lutte s’inaugurait, et nous allons avoir à en tracer quelques brillants épisodes A son aurore, tout

semblait céder devant la fortune et l’audace de la Grande Armée. Malgré les conseils des plus sages, malgré ses propres appréhensions, Napoléon, entraîné par le vertige de sa puissance, espérait dompter la victoire et assouplir jusqu’aux horreurs d’un climat meurtrier. 11 avait perdu vingt jours à Wilna; mais il comptait réparer, à force de génie et de témérité, ce temps si précieux ; et, il faut le dire, le premier élan des troupes paraissait lui donner raison contre des alarmes trop justifiées depuis.

La Dwina était la limite que les Russes avaient euxmêmes posée à leur retraite ; à ce point, ils se retournent et ils commencent cette résistance qui rappelait l’intrépidité d’Austerlitz, augmentée du sentiment invincible de la défense du sol natal. L’armée française redoubla de vaillance : jamais peut-être on n’avait mieux compris la solennité d’un conflit qui devait être à outrance.

Oudinot avait été chargé de contenir et de com-

battre le prince de Wittgcnstein, et il avait gagné à Jakoubowo un succès, qui, compromis un instant par la trop bouillante ardeur des troupes françaises, s’était vu confirmé et étendu sur la Drissa, grâce à une de ces habiles et rapides manoeuvres où excellait le maréchal. Ce n’était que le prélude d’un de ces combats brillants et acharnés par lesquels le 3 e corps devait faire écho aux victoires de Mohilef, de Molodecrna et de Valoutina, remportées par Davoust, par Schwart-

zenberg, par Ney. Le 17 août, le duc de Reggio repoussait devant Polotsk une chaude attaque des Russes, mais il y était blessé et laissait le commandement à Gouvion Saint-Cyr.

C’est là que ce général allait conquérir son bâton de maréchal ; et, en effet, après de savantes combinaisons, l’ennemi est surpris. Notre artillerie éclate, nos colonnes se précipitent. En vain une résistance opiniâtre, de celles qui ont fait dire que quand un soldat russe est tué, il faut encore le poussev pour qu’il tombe et abandonne son poste, une résistance opiniâtre est vainement opposée. Au milieu de la mitraille, on s’aborde à la baïonnette ; les chevaliersgardes de l’empereur Alexandre font des merveilles, culbutent l’état-major de Saint-Cyr et chargent le général lui-même. Heureusement, un retour habile dégage cette partie de l’armée ; le reste avait mis les Russes en fuite. Mille prisonniers et vingt pièces de canon demeuraient sur le champ de bataille, couvert de morts.

En cette fameuse journée du 18 août, où quatre généraux, quatre colonels et un grand nombre d’officiers avaient été blessés, la brigade de Coutard fit héroïquement son devoir.

Le lendemain , il fallut se mettre à la poursuite des Russes. Coutard y fut employé. Pendant quatre jours, détaché avec les siens, il se bat, remportant de constants succès malgré la faiblesse numérique de ses troupes. C’est là qu’il eut la brillante

affaire de Léonpol. Il occupait les bois sur la gauche : les Russes passent la l)wina avec dix-huit cents hommes ; le 3” suisse, qui gardait le rivage, se replie sur la brigade de Coutard. 11 marche aussitôt à l'ennemi avec deux bataillons du 123% et telle est l’intrépide rapidité de cette attaque, que sans tirer un coup de fusil il culbute la colonne et la rejette dans le fleuve. L’ennemi se sauve à la nage ou dans des barques, protégé par cinq pièces d’artillerie et le feu d’une nombreuse infanterie placée avantageusement. Le lendemain, Coutard passait le fleuve à son tour, et enlevait deux barques chargées de quatre-vingt-dix quintaux de farine et une autre chargée de pain : c’était dix jours de vivres pour la brigade ; précieuse conquête en pareil temps!

En cette rencontre le prince de Wittgenstein faillit laisser la vie. « Vous ignorez peut-être, écrit le général Merle à Coutard, que dans votre bataille de Léonpol, vous avez blessé M. le général de Wittgenstein à la tête, et que peu s’en est fallu qu’il ne terminât sa carrière suivies bords de la Dwina. Cela est pourtant vrai ; aussi est-il de mauvaise humeur; il a cherché à se venger, mais en vain ; il nous conserve encore toute sa colère; prenez garde, s’il apprend que c’est vous qui faites tirer ainsi à la tête des généraux russes, il pourra bien, par contre-coup, vous faire tirer aux jambes (1). »

(1) La fin de cette lettre, qui est d’un ton d'agréable raillerie, donne

En effet, le prince de Wittgenstein essaya bien de prendre sa revanche. Coutard avait ordre d’aller saisir la position de Widzoui ; de profondes colonnes le menaçaient; grâce à l’habileté de ses manœuvres, grâce à quelques charges vigoureuses, il passe le fleuve à Drouia, disperse les escadrons de hussards qui lui étaient opposés, et s’établit à Widzoui, n’ayant perdu que deux hommes et trois chevaux, et ramenant ses blessés (1).

un détail de nature à montrer quelle était la renommée de Madame de Coutard. Cette femme courageuse avait suivi son mari, comme on sait. 11 manœuvrait près de Widzoui. « Si vous n’étiez pas si éloigné de la famille, écrit le général Merle, vous seriez invité à lui faire passer du sucre et du café ; mais Widzoui est à la fin du monde, et on n’ose pas exposer la nymphe que vous appelez votre vieille cantinière, à faire un voyage aussi périlleux, quoiqu’elle soit aussi aguerrie que Jeanne d’Arc. Les Cosaques sont particuliérement la terreur des cantiniers et des cantinières. »

(1) Voici le rapport officiel de ces diverses affaires :

« Avant de quitter ma brigade, avec laquelle j’ai presque toujours été détaché, j'ai eu lo plaisir de combattre les Russes et d’obtenir, malgré ma faiblesse, quelques succès sur eux : pendant quatre jours je me suis battu isolément et pour mon compte.

« Le 20 dernier, la division eut ordre de se rendre au camp de Drissa et de le démolir, pendant que le maréchal se portoit avec ses deux premières divisions sur Disna L'ennemi avoit bien évacué les lignes de ce camp, mais il occupoit toujours la tète des quatre ponts qu’il consentit sur la Duina, et le général Merle se tint toute la journée en observation, espérant qu’il évacuerait dans la nuit.

a J'avais été laissé sur la gauche, dans les bois de Léonpold, avec ma brigade, et le 21, les Russes passèrent la Duina avec environ dix-huit centa hommes, devant le 3* suisse, qui se replia sur sa droite; je marchai aussitôt à l’ennemi avec deux bataillons du 123 a , et sans tirer un coup de fusil, tout fut culbuté et se sauva dans scs barques ou & la nage, sous la protection de cinq pièces d’artillerie légère et d’une nombreuse infanterie bien avantageusement placée ; il me canona le reste de la journée, et je ne permis pas qu’on lui répondit par un seul coup de canon. Le 22, à onze heures du matin, je passai à mon tour la Duina, et je ramenai deux de

On en était encore aux allégresses de la victoire. « Vous êtes sans doute informé, écrivait à Coutard le général Merle, le 18 septembre 1812, que l’Empereur vient de chauffer si fortement l’armée russe, qu’elle se trouve presque entièrement dégelée; il s’ensuivra nécessairement une débâcle complète à la

leurs barques, chargées de quatre-vingt-dix quintaux de farine, et une troisième qui portoit entre autre chose, quinze cents rations de pain, et je pus donner dix jours de vivres à toute ma brigade.

« Le 24, je reçus l'ordre de couvrir seul le camp retranché, pendant que le général Merle se porteroit, le 25, avec scs deux premières brigades, sur Disna. A quatre heures du matin, l’ennemi évacua sa tête de pont, et je reçus l’ordre de partir de suite avec deux cents hommes de cavalerie et trois cents fantassins, pour Widzoui.

« Je m’étais bien assuré que tout étoit repassé devant Drissa ; Je marchois cependant en très bon ordre, parce que l’ennemi, qui descendoit à droite et moi à gauche de la Duina, voyoit tous rncs mouvements, et que la foiblesse de mon détachement pouvoit tenter une des profondes colonnes que j’avois toujours en vufi ; dez le 23. il avoit passé le fleuve à Dronia, et à l'embranchement des routes de Drouia et de Milachova, à la sortie d’un déffilé dont le pont étoit détruit, je trouvai trois escadrons d'hussards de Grodno qui avoient fait toutes leurs dispositions pour m’en disputer le passage : il n’y avoit pas à balancer; je Icb chargeai avec mes petits voltigeurs daus le bois, mes lanciers tirailioient avec eux en plaine, et en manœuvrant ainsi, je fis quatre lieues et j’arrivai à ma position, sans autre perte que celle de deux hommes et trois chevaux tués, et quinze blessés, que j’ai ramenés. Cette division, campée à Drouia, avait inondé la plaine de partis de cavalerie, qui se sont portés jusqu’à un couvent situé dans une isle d’un lac situé à une lieue et demie de Belmonté, vis-àvis duquel l’un d’eux a enlevé quatre caissons de riz, et ils ont ramassé sur les différentes routes plus de deux cents de nos traînards.

« Hier 26, j’arrivai à six heures du matin à Slobodka, où ils étoient venus la veille, et j’y pris position pour couvrir tous les convois qui rétrogradoient en désordre. Le soir, je sus positivement par le neveu du général comte Misoky, qui avoit envoyé différenfs émissaires à Drouia, qu’à mi Ji tous ces détachemens rapcllés la veille au signal de trois coups de canon tirés à neuf heures du soir, avoient fini de repasser le fleuve, et que tout étoit préparé pour incendier les ponts qu’ils y avoient établis. J’en suis parti ce matin, entièrement persuadé de la vérité de ces diffé" renu raports, et ma colonne est allée camper à Braslau. »

suite de laquelle notre Grande Armée fera son entrée en triomphe à Moscou. » En effet, Moscou avait ouvert ses portes à la Grande Armée : mais du haut des tours du Kremlin, Napoléon avait vu les flammes de l’incendie qui fut le premier signal de ses désastres.

Un mois plus tard, la retraite commençait.

Chargé de garder la position de Polotsk et le cours de la Dwina, le 3* corps occupait un des points les plus importants. Après les engagements que nous avons rapportés, Wiltgcnstein avait paru vouloir se contenter de rester en observation, et il s’en était suivi une sorte de trêve forcée de deux mois environ.

Mais la Grande Armée, ou plutôt les débris qui en restent, rétrogradent : Polotsk et la route de Witebsk sont plus nécessaires à conserver que jamais. L’ennemi redouble d’efforts, Polotsk est emporté. Napoléon, qui songeait encore à hiverner en Pologne, écrit lettres sur lettres au maréchal duc de Bellune et au maréchal duc de Reggio, pour leur ordonner de reprendre la ville, de marcher sur Wittgcnstein, de le rejeter au delà de la Dwina (1).

Le corps bavarois était de ceux qui avaient le moins souffert ; c’est à lui de couvrir les mouvements de l’armée. Et dans cette arrière-garde, dans ce dernier espoir, le poste le plus périlleux est coufié à Coutard.

L’hiver est venu avec scs rigueurs impitoyables.

(1) Dépêches du 2 novembre, du 6, du 7, du 9, du 11 novembre 1812, citées parle général Gourgaud, dans sa réponse à M. deSégur.

Il faut tenir pied à pied. Le 2 e corps, ce magnifique ensemble si brillamment entré en campagne, est réuni sous le commandement du maréchal Maison : il ne compte plus que cinq cents hommes. On est au 2 décembre : quel anniversaire pour Austerlitz 1 Ici, Coutard va grandir de toute la hauteur du danger, de toute la majesté du devoir.

En premier lieu, la division bavaroise avait à rétablir ses communications avec le 2 e et le 9 e corps. Le comte de Wrède, qui la commande, a appris à connaître le général Coutard et à compter sur lui. 11 appelle sa brigade et y joint celle du baron l'ranzesky. Coutard a le 4 e régiment d’infanterie de ligne westphalicn, le 1 er d’infanterie légère de Hesse. Le 29 novembre, ordre arrive de se porter sur Wileyka : Napoléon tenait à cet ordre comme à une mesure suprême (I). Il fut exécuté, et Coutard en recueillit le principal honneur. La division y est le 30.

Le k décembre à sept heures du matin, ses avantpostes sont vivement attaqués par plus de mille Cosaques; soutenus énergiquement, ils repoussent

(1) On va en juger par la dépêche suivante :

« 28 Novembre 1811, à neuf heures du matin.

« Mon cousin, donnez ordre au général de Wrède do se rendre à Wileyka. d’y réunir des vivres, d’assurer les ponts, d’envoyer des partis sur la route d’iléa et sur la vieille route de Minsk. Cette lettre sera portée par l’homme qu’a envoyé le général de Wrède. Si elle est remise en quinze heures de temps, il y aura une récompense de cinquante napoléons, qui seront donnés aussitôt qu’il viendra nous l’apprendre.

« Napoléon. »

l’ennemi. A deux heures, celui-ci revient à la charge, amenant son artillerie et une cavalerie nombreuse. Le feu s’ouvre avec entrain ; à quatre heures le combat s’engage sur toute la ligne, une forte colonne d’infanterie se déploie. La lutte est acharnée, les Français subissent des pertes considérables, mais ils tiennent ferme, ne cèdent pas un pouce de terrain et restent maîtres de leur position. Enfin, à sept heures, l’ennemi se retire. Le général de Wrède félicite hautement les généraux Franzesky et Coutard, auxquels il rapporte tout le succès de la journée.

Mais, pour avoir été battus, les Cosaques ne renonçaient point à harceler la division. Le comte de Wrède reçoit l’ordre de se porter sur Slobodka; il entame sa marche avec intrépidité et l’accomplit avec une régularité parfaite, malgré les fréquentes attaques des cavaliers qui le suivent sur ses flancs et ne cessent de l’inquiéter. Déjà le plus cruel auxiliaire des Russes commençait à sévir : dans la nuit du 6 au 7, « le froid devint si vif, dit le rapport officiel, qu’il eut des suites funestes pour plusieurs soldats et pour la plupart des chevaux. » Malgré ces ménagements de langage, la vérité apparaît tout entière. La colonne continuait sa route, aux prises avec ces terribles souffrances. Le 8, elle se retire sur Kona : là, elle est assaillie de nouvcau'par l’infanterie et l’artillerie ennemies. Cette fois encore elle est protégée et sauvée par l’activité et la bravoure de Coutard. Avec le 4'

Die

westphalien et le l' r d’infanterie de ligne de Hesse, il repousse vigoureusement l’assaillant et le met en fuite.

Ces habiles et heureuses manœuvres lui valurent des éloges publics du comte de Wrèdc : les journaux répétèrent, à la suite de la Gazette île Francfort (30 janvier 1813), l’ordre du jour daté de Kesna en Lithuanie, dans lequel « M. le comte de Wrède, commandant en chef du 6 e corps de la Grande Armée, a témoigné sa satisfaction à M. le général baron Coutard, ainsi qu’au h‘ régiment westphalien et au régiment hessois, pour la belle conduite et la bravoure qu’ils ont montrées le 8 décembre, en repoussant les attaques réitérées de l’ennemi. Il ajoute qu’il se fera un devoir de faire à S. M. l’ Empereur un rapport détaillé sur leur belle conduite. »

Le lendemain, nouvelles épreuves, nouvelle constance. Constitué en arrière-garde de la Grande Armée, le corps bavarois s’avance vers Kutonia pour se porter sur Wiîna. Il en était à une demi-lieue, quand les deux côtés du chemin se couvrent de cavalerie masquant des batteries de canon. I,e feu s’ouvre, terrible et incessant, t La colonne défdc avec la fermeté la plus glorieuse * laissant un général et plusieurs officiers supérieurs parmi les morts. La lutte était de chaque instant et presque sans trêve; en racontant les faits qui marquent ces longues et suprêmes journées, les bulletins répètent : « Les Cosaques suivent et inquiètent la colonne ; tels bataillons ont

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