‹ Le Général comte de Coutard, étude historique sur la République, l'Empire et la RestaurationChapitre 25 sur 57 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Troubles à Paris. — Revue de la garde nationale. — Souci du général pour la discipline et l’organisation de l’armée. — Le maréchal duc de Reggio lui demande sou buste. — Coutard se rend à Dieppe, où était Madame, duchesse de Berry. — Voyage de Charles X A Saint-Omer.

— Combat de Navarin. — Fête chc» Monseigneur le duc de Bordeaux.

— Coutard fait reconnaître Monseigneur le duc de Nemours comme colonel du 1" régiment de chasseurs. — Élections de 1827. — Coutard, président du collège de Mamers. — Il est élu député de la Sarthe. — Troubles de la rue Saint-Denis.

La session de 1827 commençait au milieu de l’inquiétude. Ses incidents devaient promptement exciter l’agitation, et, de la tribune, le tumulte allait descendre dans la rue. Suivant sa triste tactique, et par une étrange et douloureuse profanation, c’est au milieu des pompes funéraires que l’opposition chercha le prétexte des troubles oii elle voulait essayer ses forces ; comme si elle comptait sur le respect des tombeaux pour y abriter plus sûrement scs perfides machinations.

La première manifestation eut lieu autour du cercueil du duc de La Rochefoucault-Liancourt. Un

conflit s’éleva entre les jeunes gens des Écoles, notamment ceux de l’École des Arts-et-Métiers de Chàlons, et l’escorte militaire chargée de rendre au défunt les honneurs dus à son grade de lieutenantgénéral. Daus cette lutte déplorable, force demeura aux ordres donnés par l'autorité; mais le cercueil avait échappé aux mains qui l’avaient voulu porter et s’était brisé en tombant. Ce pénible scandale fut avidement exploité et émut toute la cité.

Quelques jours après, des rassemblements se formaient à l’occasion de la loi sur la presse. Des cris de joie pour le retrait du projet ministériel, on passa vite aux cris de désordre et d’insulte contre le gouvernement. 11 fallut faire intervenir les troupes ; leur fermeté et les habiles dispositions du général commandant la division, dissipèrent les factieux. L’explosion n’était que retardée.

Et, en effet, voici la fameuse revue du 29 avril, où la garde nationale avait accueilli Charles X de ses acclamations enthousiastes, mais où quelques bataillons avaient proféré des clameurs contre le ministère, revue qui fut suivie de la dissolution de la milice parisienne. Voici la sédition de l’Écolc-de-Médecine, où la science et le génie furent outragés lâchement dans la personne de l’illustre Récamier , uniquement coupable d’ôtre dévoué à son Dieu et à son Roi; sédition qui faillit se souiller d’un crime et d’un meurtre. Voici, enfin, les obsèques de Manuel, porté aux nues après

son expulsion, « puis abandonné durant ses derniers jours, par l'opposition, qui le trouvait trop compromettant et qui ne lui avait pas même voulu chercher un collège électoral en 1821 (1). » Aussitôt qu’il eut rendu le dernier soupir, il redevint un héros. Une foule tumultueuse fit cortège à ses restes, bravant la force publique, appelant l’irritation, et paraissant désirer une collision que les instructions, enfin parvenues à la gendarmerie, surent éviter.

Toutefois, dans cette dernière circonstance, une certaine hésitation avait marqué les mouvements des agents de l'autorité. Coutard l’avait déploré, sans parvenir à y porter remède. Il eût fallu qu’il pût s’entendre avec les magistrats municipaux, et cette entente, facile à Paris, rencontrait des obstacles dans les localités voisines, telles que celle de Maisons-Laffitte, où Manuel avait expiré. Le général s’en plaignit, et avec d’autant plus de raison, que l’accord eût tout prévenu et tout empêché.

La discipline et la hiérarchie sont la vie des pouvoirs, de l’armée surtout. Coutard le savait mieux que personne. Nous avons vu comment il en imposait le joug salutaire aux esprits les plus indépendants. Un jour, il n’hésita pas à envoyer à l’Abbaye un officier général qui avait cru pouvoir manquer aux

(1) o L'oubli de son nom, dit M. de Vaulabclle, est un des plus éclatants exemples d'ingratitude que puissent offrir les défaillances d'un parti. •

égards de la subordination. Coulard brava les rancunes d’une famille puissante, le bruit de nombreux adhérents, les plaintes mêmes portées au pied du trône. Comme Louis XVIli, Charles X soutint les droits de son fidèle serviteur.

Peu de temps auparavant, le général avait présenté au ministre et au Roi un projet de réorganisation de l’état-major de sou commandement. Composé d’officiers d’élite, ouvrant volontiers ses rangs à ces jeunes et brillants militaires qui renouvelaient, dans le métier des armes, l’antique honneur des beaux noms de la monarchie, cet état-major fut reconstitué de manière à répondre aux besoins du service important dont il était chargé et à fournir une sorte de pépinière pour les postes difficiles. Coutard l’éleva et le maintint à la hauteur de cette situation.

Le recrutement et le remplacement attiraient aussi sa vive attention. Il saisit avec empressement les propositions d’un officier d’un rare mérite, le colonel, vicomte de La Hitte (1), dont le talent, hautement apprécié par Monsieur le Dauphin, a eu depuis l’occasion de se déployer dans le maniement des affaires de son pays, et d’y soutenir l'honneur et la dignité nationales. Ce projet, relatif au remplacement, fut appuyé près du ministre par le gé-

(1) Le colonel do La Hitte fut attaché, comme aide de camp, à Monsieur le Dauphin. En 1850, il fut appelé au ministère des affaires étrangère».

lierai, qui en parla plusieurs fois au Roi lui-même.

De la sorte, Coutard maintenait et augmentait sur l’armée l’ascendant que scs exploits lui avaient conquis. 11 reçut, vers ce temps, une marque de la haute estime où ou le tenait. « Mon cher général, lui écrivait le maréchal duc de Reggio, je viens vous témoigner le désir que j’aurais de réunir votre buste à la collection de ceux de mes camarades qui ornent déjà la galerie de ma salle d’armes, que je me suis attaché à rendre digne de sa destination. » Rel hommage de l’un des meilleurs juges en fait d’honneur et de vertu militaires !

Cependant, Coutard dut songer à raffermir sa santé ébranlée ; il se rendit aux bains de mer de Dieppe. C’était l’ère d’allégresse et de prospérité de cette ville charmante. Madame, duchesse de Berry, l'avait choisie; elle y prodiguait les trésors de grâce, d’esprit, d’affabilité dont elle était douée ; et les habitants, fiers et reconnaissants, l’environnaient d’un déroûment que les ans et les révolutions n’ont point affaiblis. Le général et M“* de Coutard furent de toutes les fêtes, qui se succédaient sans interruption pendant le séjour de S. A. R. : bals et spectacles, revues de la garde nationale et de la troupe, promenades à Arques et dans les environs, réjouissances des matelots et de la pauvre, énergique et fidèle population du Pollet. Chaque jour c’était, de la part de Madame, un trait nouveau de charité, d’es-

prit et de courage qu’on se racontait avec émotion ; ici, s’élevait une fondation en faveur des orphelins ; là, des encouragements étaient donnés au commerce, à l’industrie des dentelles et des ivoires; les découvertes de l’archéologie étaient stimulées sur ce sol historique et fécond de la vieille Normandie. Les bateaux de pêche saluaient , en partant, l’auguste mère de l’héritier de nos Rois, et quand un navire, battu des flots, était en proie à la tempête, Madame paraissait sur la jetée, se faisant attacher au mât des signaux, pour exciter de sa présence le zèle des sauveteurs, et ne quittait ce poste de péril et d’honneur qu’après les derniers et presque toujours les plus heureux efforts en faveur des victimes arrachées à la mort. Aussi, quel attachement pour cette princesse si simple, si enjouée, si brave, si française! Avec ce merveilleux instinct du cœur qui ne s’éteint jamais en lui, le peuple avait tout résumé d’un mot : pour lui, Madame était la « Bonne duchesse, » et aujourd’hui encore, à ce nom vénéré et chéri, plus d’un vieux marin soulève son bonnet de laine et laisse échapper de ses yeux une larme de reconnaissance (1).

(1) Pour sc faire une idée vraie de la respectueuse affection qu’inspirait la « Bonne duchesse,» il faut en avoir été témoin. Bien jeune encore, j'ai eu ce bonheur. Madame daig : ait se rendre souvent dans plusieurs propriétés situées aux onvirons de la ville et appartenant à diverses personnes de ma famille, connues par leur dévoilaient à la cause royale. C’est ainsi qu'elle se rendit au manoir d’Ango et à Derchigny, chez le comte et la comtesse

Il n’est pas besoin de dire combien le général était heureux d’un dévoùment qui correspondait au sien. Mais le devoir de sa charge le rappelait. 11 revint promptement à Paris, et le 25 août il offrait, avec les principaux dignitaires de l’ordre de Saint-Louis, ses hommages à Monsieur le Dauphin, dont ce jour était la fête.

Aussi bien, la présence du général était nécessaire dans la capitale, durant le voyage que le Roi allait entreprendre, voyage vraimeut triomphal, et qui contrastait avec les perfides manifestations de l’opposition dans la capitale. « Les témoignages de la plus vive allégresse, déclare avec une impartialité honorable l’un des écrivains notoirement hostiles à la Restauration (1), accueillirent partout le passage de Charles X; des arcs de triomphe ornaient l’entrée et la sortie de chaque ville, de chaque village; partout les rues étaient sablées, les maisons tapissées de fleurs et pavoisées, cl le son des cloches se mêlait aux cris de joie et aux acclamations populaires. » Telle parut

de Clercy, pour lesquels elle avait uue bienveillance particulière; c’est ainsi qu'elle accepta une collation chez M. de La Tour, à Saintc-Marguerite-sur-Mer. Jamais je n’oublierai le concours immense des populations accourues de toutes parts, les arcs de triomphe, les chants, les adresses, tous les témoignages des diverses classes de la société. Je vois encore Madame, prenant sur ses genoux une de mes sœurs qui lui avait offert un bouquet de fleurs, et comblant cette enfant de caresses pendant qu’elle nous témoignait son auguste bonté. De telles scènes laissent dans le cœur des traces qui deviennent, avec les années, plus profondes et plus durables.

(1) 11. de Vaulabelle, p. 4M, t. VI.

la puissance de ces sentiments d’enthousiasme, que le libéralisme feignit d’y voir une préparation de coup d’État. La Royauté était trop loyale et trop sûre de son autorité pour recourir à de semblables extrémités. Elle se contenta d’un appel au pays, et de nouvelles élections furent décidées.

La gloire venait encore une fois de couronner nos armes. Le combat de Navarin délivra la Grèce et fit éclater l’habileté, la générosité et le courage de notre marine. Coutard, sans se laisser prendre aux manœuvres dont l’opposition s’était servie pour exploiter contre le gouvernement l’intérêt attaché à la cause des Hellènes, Coutard éprouvait une sympathie légitime et éclairée pour ces victimes de la longue et cruelle tyrannie de l’Islamisme. Dès 1824, il avait accueilli avec bienveillance un des aides de camp du prince Ypsilanti (1), et lui avait témoigné son désir de voir triompher les chrétiens.

(1) Le prince Demctrius Ypsilanti envoyait an général Coutard son premier aide de camp, le colonel Daniel, porteur de ses instructions. « Vous y verrez, Monsieur le général, disait-il dans sa lettre du 10 mars 1824, Tétât de nécessité dans laquelle se trouve la Grèce ; vous serez surtout à même de justifier la démarche que nous faisons auprès de la nation française. A quel autre pouvions-nous nous adresser pour obtenir des secours ? Pouvions-nous mettre eu doute la volonté de nous être utile, lorsque c’est à la noble conduite des autorités françaises dans le Levant que la Grèce doit une partie de sa population ? M. le colonel Daniel, qu’une expérience de deux années dans ma malheureuse patrie met à même d’éclairor ccnx qui, comme vous, Monsieur le général, n’ont d’autre but que celui de coopérer à sa régénération, vous dira combien les Grecs placent leur confiance dans une nation qui leur a déjà donné de si grands témoignages d'intérêt. »*

Le succès des escadres alliées combla ses vœux.

D’ordinaire, la victoire désarme les partis ; il n’en allait pas de la sorte avec l’opposition de 1827. Elle se réveillait plus ardente que jamais aux approches de la lutte électorale. Coutard allait encore y jouer un rôle profitable à la monarchie.

Mais, auparavant, il se trouva, en peu de jours, appelé à deux solennités qui empruntent, à travers les temps, un précieux attrait de rapprochement et de souvenir. Le 29 septembre, anniversaire de la naissance de Mouseigneur le duc de Bordeaux, le jeune prince, qui était passé entre les mains des hommes, tenait sa première réception officielle. Les princes du sang, les dignitaires de la couronne s’étaient empressés d’offrir leurs hommages au Fils de France, à celui qu’ils saluaient comme le Roi de l’avenir. Un mois après, S. A. R. Monseigneur le duc de Nemours était reçu par Coutard, en qualité de colonel du 1" régiment de chasseurs.

Ce beau régiment, qui devait prendre le nom de son jeune et noble chef, avait mérité dans une revue récente l’approbation du Roi. 11 se rendait de Versailles à Lunéville, en passant par Saint-Denis. Monseigneur le duc d’Orléans voulut profiter de ce passage pour présenter son fils et le faire reconnaître. Le 29 octobre, à onze heures, le corps entier était en bataille dans la grande avenue du bois de Boulogne. Le duc d’Orléans arriva bientôt à cheval, accompa-

gué des ducs de Chartres et de Nemours, et suivi des princesses, en calèche découverte. Une foule nombreuse, que la pluie n’avait pas découragée, assistait à cette cérémonie : le temps s’éclaircit un peu. Monseigneur le duc de Nemours, le sabre à la main, se place au centre et en face du régiment, à la gauche de Coutard. Le général fait sonner un ban : « De parle Roi, dit-il, officiers supérieurs, officiers, sousofïiciers, brigadiers et chasseurs, vous reconnaîtrez S. A. R. Monseigneur le duc de Nemours, ici présent, pour votre colonel, et lui obéirez en tout ce qu’il vous commandera, pour le bien du service de S. M. et pour l’exécution des règlements militaires. »

« Le jeune duc, dit le Moniteur, s’est fait remarquer par sa grâce autant que par son adresse à saluer du sabre et à monter à cheval, et la première parole qu’il a adressée à M. le colonel de Lamalle, commandant le régiment, a été de lui demander la remise des punitions pour faute de simple discipline.

« Puis, Monseigneur le duc d’Orléans, suivi des deux colonels, a passé la revue du corps, qui a exécuté les manœuvres et l’exercice de la lance. De là, le régiment a été conduit au parc de Neuilly, où une vaste tente avait été dressée, et a réuni dans un banquet militaire tous les sous-officiers. Une distribution de vin a été accordée à la troupe, qui a en outre reçu une gratification en argent

« Le prince, sa famille et son corlége s’y sont rendus à pied, et au moment où ils ont paru, ces braves se sont levés spontanément et les ont salués du cri de Vive le Roi! Monseigneur le duc d’Orléans a porté la santé de S. M. ; le comte de Coutard celle de Monseigneur le duc d’Orléans; le colonel de Lamalle celle du duc de Nemours, et le duc de Nemours celle de son régiment. Ces différentes santés ont été couvertes de vivais unanimes. Le soir, à six heures, le prince a donné, dans son château de Neuilly, un dîner au corps entier des officiers, et les mêmes santés ont été portées et accueillies par les mêmes acclamations. Monseigneur, Madame et Mademoiselle d’Orléans ont été pleins de bontés pour les officiers admis à leur table. La musique a joué pendant le repas, et cette journée a été un jour de fête dont le souvenir se conservera longtemps. »

Oui, certes, ce souvenir est durable : heureux présage du talent et de la bravoure que le jeune colonel devait déployer sur les champs de bataille, il rappelle l’époque fortunée où, comblée des bienfaits de la Royauté, la maison d’Orléans y répondait par la reconnaissance et où régnait dans la famille des Bourbons une concorde qui n’aurait jamais dft être troublée; et, aujourd’hui, il reporte la pensée et la gratitude vers ce même prince qui a donné aux siens, le premier et au nom de ses frères , l’exemple de la réconciliation, et qui est venu se jeter noblement

dans les bras toujours ouverts du Chef auguste de sa race!

La politique devait bientôt apporter à ces fêtes une triste diversion. Là encore, cependant, Coutard était destiné à balancer les forces croissantes des partis ennemis, et, s’il ne pouvait vaincre complètement, au moins compenser une défaite par un succès. Les élections étaient fixées au 17 novembre pour les collèges d'arrondissement, à quelques jours plus tard pour les collèges de département. Le général fut appelé à lutter sur l’un et l’autre terrain.

Le gouvernement, se souvenant du résultat inespéré obtenu en 1824, par Coutard, dans l’élection de Mamers, lui confia de nouveau la présidence. En même temps, il l’engagea à se présenter comme candidat au grand collège.

Mais, à Mamers, la situation s’était aggravée. Irritée d’une première déconvenue, fortifiée par des recrues plus ardentes, aidée des divisions funestes qui partageaient les Royalistes, l’opposition avait réussi au mois de juin, dans une élection partielle, à réunir la majorité en faveur de M. Dupin atné. La réélection de ce député était une affaire d’amour-propre pour les libéraux. Ils n’y épargnèrent aucune de leurs pratiques familières. Non contents déjà d’exalter l’avocat nivernais comme le défenseur « des libertés, de la gloire, de la paix, de la prospérité publique menacées par la conspiration flagrante du mi-

nistère, > ils avaient eu soin, surtout, de le parer d’un brevet de royalisme éprouvé : « 11 s’agit du salut du trône môme, déplorablcment compromis, disait-on. M. Dupin est précisément de ces hommes à qui les amis de la Royauté peuvent donner leurs suffrages sans sollicitudes. Sa loyale et courageuse modération dit assez que legrand talent qu’il a consacré tant de fois à la défense de nos institutions, servirait aussi, au besoin, les intérêts de l’ordre et ceux du trône (1). »

Devant une candidature ainsi posée, les Royalistes ne surent pas s’entendre et s’unir. Malgré les efforts de l’administration (2), l’issue de la lutte n’était pas douteuse. Le général le savait ; il ne voulait pas, toutefois, déserter un devoir. Il accepta la présidence qui lui avait été remise par une ordonnance du 5 novembre, et que lui confiait la lettre close suivante du Roi.

« Monsieur de Coutard, nous avons jugé convenahle de convoquer dans la ville de Mamers, pour le 17° jour du mois de novembre courant, le collège électoral du 2* arrondissement de la Sarlhe, à la présideuce duquel nous vous avons nommé. Vous prêterez par écrit, et vous adresserez à notre minis-

(1) Journal des Débats , 40 mai 1827.

(t) Parmi le* fonctionnaire* les plus dévoués, il faut nommer M. do Contencin, sons-préfet de Mamers, homme d’esprit et de cœur, qui n’a- " ▼ait rien omis pour rapprocher les Royaliste* et éclairer la population.

tre secrétaire d’État de l’intérieur, avant d’entrer en exercice, le serment dout la formule vous a été remise d’après nos ordres.

« En conséquence, nous vous mandais, par cette lettre, que vous ayez à exécuter les dispositions de la Charte constitutionnelle, des lois et des ordonnances relatives à ladite convocation ; à vous conformer à tout ce qu’elles prescrivent, et à faire procéder aux opérations dont le collège électoral doit s’occuper.

« Notre ministre secrétaire d’État de la guerre a fait connaître au général commandant la division militaire, que vous avez seul la police du collège ; que nulle force armée ne doit être placée près du lieu de ses séances, ni pénétrer dans son enceinte sans votre réquisition, et qu’il doit ordonner aux commandants de la gendarmerie de déférer à vos demandes, et de vous prêter assistance si le cas l’exige.

« Nous vous avons donné une marque de confiance en vous chargeant d’aussi importantes fonctions; nous comptons que vous vous en montrerez digne par votre zèle, votre sagesse et votre fidélité à vos devoirs. Cette lettre n’ayant d’autre objet, nous prions Dieu qu’il vous ait en sa sainte garde.

« Fait en notre château des Tuileries, le 5 novembre an 1827, et de notre règne le quatrième.

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