CHARLES
Jh. de Villèle.
Le 13 novembre, Coutard partait pour le Maine. A son arrivée, il vit que la débite était inévitable. • A moins d’un miracle, faisait-il dire au ministrcdela guerre, on ^ira M. Dupin pour sept ans. » Vainement s’adressa-t-il aux sentiments dévoués des Royalistes; vainement leur recommanda-t-il la concorde et la conciliation ; vainement prononça-t-il, à l’ouverture du collège, le discours qti'on va lire :
* Messieurs,
« C’est la seconde fois que je me trouve au milieu de vous, et que Sa Majesté m'accoràe l’insigne honneur de vous présider.
« Je viens toujours avec un nouveau plaisir au milieu de mes compatriotes, de quelques condisciples, d'anciens compagnons d’armes.
« En 1822, je sollicitai votre confiance : si je l’ai méritée à celte époque, vous me l’accorderez encore aujourd’hui.
« Je vous la demande dans une circonstance de la plus haute importance, dans un moment où nous devons prouver notre attachement à la religion de nos pères, l'amour que nous devons au Roi, notre fidélité à nos institutions, aux libertés publiques si nécessaires aux peuples, et à la Charte constitutionnelle qui doit toujours être notre point de réunion. ,
« Messieurs, le Roi dans sa sagesse a pensé que le renouvellement de la Chambre des Députés était nécessaire pour éteindre tons les partis, consolider le pacte social, ramener ses sujets à l'union, tranquilliser les consciences timorées, et resserrer les nœuds d’amour, de respect et de dévoûment que nous lui devons.
<• Méritons la sollicitude toute paternelle du monarque, nommons un député qui soit né parmi nous, qui connaisse les habitudes, les besoins, les localités, et qui ne se fasse pas un jeu de sa nomination; qui, le lendemain de son élévation à ce poste de confiance et d’honneur, ne s’eu serve pas seulement comme du marchepied de son ambition et de sa célébrité.
« Le député que vous nommerez. Messieurs, doit être un homme ferme sans rudesse, religieux sans ostentation, dévoué sincèrement au Roi, n'ayant en vue que le bien de son service etcelui de l’État. Il doit être fidèle à nos institutions, ami du commerce et de l'industrie, capable de porter avec eouragc, soit au pied du trône, soit à la tribune nationale, toutes les demandes, tous les besoins qui lui seront exposés par les compatriotes qu’il aura l'honneur de représenter.
« Le propriétaire, le fermier, le commerçant, en donnant leurs suffrages, doivent bien se convaincre que de bonnes lois, des lois stables, à l'abri des factions, assurent la conservation des propriétés, la tranquillité des familles, font fleurir le commerce et l’industrie, et préparent l'heureux avenir de notre belle France; que les secousses, au contraire, les violences, les méfiances envers le gouvernement ébranlent et finiraient par renverser l'édifice social.
« Le fonctionnaire public, sans mentir à sa conscience, sans perdre l'indépendance de son vote, doit se bien pénétrer qu’il est le collaborateur du gouvernement, et qu’il serait bien déloyal à lui de paralyser sa marche en se plaçant dans les rangs de l'opposition.
« Je vous ai tracé, Messieurs, ce que nous avons à faire pour répondre à l’attente du Roi et à l’espoir de la France; je vous ai parlé avec la franchise et la loyauté d’un soldat; je me conduirai de même pendant tout le cours de nos opérations, que nous commencerons et finirons parce cri d’amour ;
• Vive le ROI, longtemps!
« Et les Bobhbohs, toujours ! »
La partie fut vivement disputée. M. Dupin la gagna, et son élection, célébrée par des fêtes et des banquets, s’accomplit aux cris de Vive le Roi! Bientôt, l’élu optait pour la Nièvre, en recommandant à ses commettants de le remplacer par un honnête homme « fidèle au Roi et à la Charte. • On sait ce qu’est devenue la fidélité de M. Dupin.
Au grand collège, Coutard prit sa revanche, uon